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Faces, Surfaces, interfaces. François Dagognet 2007 (CR)

Posté par amorbelhedi le 12 octobre 2014

Faces, Surfaces, interfaces

François Dagognet. Vrin, Reprise, 2007,  213p

 

Ne fallait-il pas inverser l’ordre du titre si ce n’est la rhétorique qui l’impose en suivant l’importance, il faudrait lire le titre en sens inverse (p VII). La surface et la paroi  doivent être valorisée contrairement à la profondeur selon un principe philosophique de base, le périphérique compte plus que ce qu’il abrite. Le superficiel baigne dans deux milieux qui le marquent, il épouse ce qu’il recouvre dont il est imprégné. Le milieu extérieur pèse sur lui. Le sujet est soumis à la pression du désir (en lui) et de l’ordre (social). Le dessus corporel sépare et assure l’équilibre et les échanges. Il permet de se défendre (l’animal, le végétal) et de se reconnaître aussi grâce à l’apparat. Chez l’homme, l’intégration fait qu’il est difficile de séparer le dessus du dessous.

La face condense (extériorise) ce qui se passe dedans. Elle exprime les trois strates selon Lavater (le digestif-sexuel-instinctuel : bouche-dents, l’affectif : le nez, le souffle, les yeux ; l’intellectuel-le décisionnel : le crâne, le front) et résume le corps, constitué de trois boules (abdomen, poitrine, tête). Gall pense que le crâne lui-même condense trois sphères : le devant (le conceptuel), l’arrière (l’instinctuel) (p VIII). Selon Hegel, un organe ne peut être saisi qu’en action : le langage sert à traduire mais aussi à dissimuler et montrer peut être aussi cacher? Pour appréhender l’individualité, il faut qu’elle existe. La démarche consiste à y reconnaître le proche et l’offert, bien voir le visible qui exprime bien cet invisible : « Nous n’avons pas vu ce que pourtant nous voyons » P Valéry[1].

Pour mieux évaluer, il faut pousser l’idée à ses extrémités. La chose ne s’illumine que lorsqu’on est sur le point de la perdre (J Dubuffet). Le corps parle, il faut apprendre son langage pour le déchiffrer, le spirituel et le somatique se marient et ne peuvent pas être disjoints comme le recto et le verso, le mental se corporéise tandis que le corps s’intelletualise : « enlève la bosse au bossu et tu lui enlèves son esprit » écrivait Nietzshe. La fonction est inséparable du support mais ne se réduit pas à un assemblage. Le cerveau échappe au réductionnisme localiste : « S’il est justifié de localiser un lésion, c’est vanité et erreur de s’obstiner à localiser une fonction dans une structure. » (J Lhermitte, le cerveau et la pensée). Le texte dépasse les mots qui le composent qui sont incontournables, la pensée s’appuie sur des circuits électriques rudimentaires et c’est l’interaction entre une dizaine de milliards de neurones qui fonde l’esprit. La biotopochimie montre que les molécules transmet l’héritage génétique qui constitue la mémoire de l’espère, une façon de ne pas séparer la matière de l’énergie. Le cerveau est encore capable d’apprentissage, d’où le rôle de l’éducation. Il n’y a rien qui ne se traduise par des contours, des frontières, des formes et des signes.

Toute périphérie se trouve à la jonction de deux univers, a une position bifaciale, médiatise des rapports, elle reçoit (sensorialité) et restitue (motricité) ce qui donne un rôle central au cutané. Elle décèle un intérieur qu’elle cache dans l’extérieur qui l’expose.

Chapitre 1 : D’une morphologie générale

Le phénomène peut être éclairé par lui-même, « la véritable science ne saurait entraîner le mépris des corps ou du simple apparaître » (p17). La diversité commence par la distribution des unités : la localité, l’arrangement, le nombre, les matériaux font la pluralité organisée. Apprendre à lire le substrat pour passer à la fonction, l’explication, à la profondeur à travers deux rationalités : l’empirico-formel et l’herméneutique (l’interprétatif). Le sensible n’offre au début qu’une piste, « achevons le pointillé qu’il nous livre » (p18). La cutané unie et sépare, exprime et cache, subit et transmet et fait que le rapport dedans/dehors est importante. Il définit l’animalité, l’humain[2] pour qui le dehors « se met franchement à signifier » et à travers lui s’exprime le psychisme alors qu’ « il n’est autre que notre corps. Il s’y loge entièrement » (p20). Lorsque l’homogène triomphe (la matière), « il n’y a rien à protéger » mais la différenciation dans le milieu crée toujours une entité à délimiter.

La forme de l’écoulement d’un liquide dans un tube (sphéricité, débit, nombre de gouttes, filament…) nous informe sur sa nature physico-chimique (viscosité, densité, constitution moléculaire…). P S Stevens (1978)[3] montre que la nature adopte toujours des formes bien données à différents niveaux (écoulement, serpents, branchage, craquelures de la boue et plumages…). Le branchement se fait selon une nécessité dynamique (travail, distance et perte minima) : les grands s’effectuent dans la même direction et en nombre réduit (angle réduit) alors que les petits, courts et nombreux se ont à angle droit[4]. La circulation de l’eau, du sang et de la sève adopte ce schéma (Stevens P.S.). En chimie rationnelle, l’essence précède l’existence ce qui permet par la suite d’identifier les nouveaux produits, l’analyse spectrale permet l’analyse à distance (corps, étoiles, planètes…) et de mobiliser le dehors pour analyser le dedans, le visible pour saisir l’invisible.

A Comte ne se plie qu’à l’expérimentation directe et visible, la spectrophotométrie permet de prolonger la vision et de voir ce qui est obscur (p31), la science prolonge le sensoriel mais ne le récuse pas. C’est à la surface que les corps s’expriment. Il y a une symbiose entre le contenu et la forme, la profondeur et la surface qui sert « d’amplificateur  et partant dévoile l’architecture secrète » (p36). On apprend à lire au dehors et maintenant ce qui est enfoui et ce qui est passé d’où l’intérêt des façades et des surfaces sans inverser la démarche. Pasteur a montré que la seule différence positionnelle des tartrates/paratartrates conduit à une différence de comportement optique « rien de plus signifiant que les détails les plus minces » (p36) et la géométrie est fondamentalement liée à la composition interne des phénomènes. C’est ainsi que la bonne observation peut être critique sans pour autant se cristalliser sur le particularisme général et inutile, il s’agit de bien voir pour mieux savoir. Il s’agit, avec l’aide de la science, « de fermer les yeux du corps et ouvrir ceux de l’esprit »[5] tandis qu’à l’interface de l’homme notamment (visage, attitudes), se dessine une ligne de partage, le lieu privilégié de la rencontre et de l’affrontement. « La forme – coupe dans le devenir- naît d’un compromis entre les énergies qu’elle visualise ou équilibre » (p38), le biologiste a appris depuis longtemps à transcender les structures pour aller aux fonctions, aux relations internes et externes. L’être vivant ne se comprend que dans son fonctionnement selon Claude Bernard[6] tandis que Bergson[7] oppose la simplicité fonctionnelle à la complexité structurelle de l’œil. La fonction naît en fait d’une synergie intégrée.

La géographie comme « science des strates et des reliefs », comme la lithologie (science des terres et des pierres), s’attache aux indices et aux formes (p44). On apprend « à glisser du paysage, (…), à la roche, son socle ou son pilier. Le passage inverse n’est pas moins assuré » … On peut reconstituer tout l’environnement comme engendrer son histoire » (p44). La méthode géologique est historique avant d’être expérimentale basée sur la lecture attentive des indices comme la psychanalyse ou la médecine (symptômes) en usant de l’examen optique aussi (microscope, coloration…). Le volume des grains relève par exemple de la vitesse de refroidissement. « La nature travaille comme le laboratoire ou le Haut-fourneau… » (p46) et « le moindre fragment contient dans ses mailles l’histoire du monde » (p47). « Le dynamique et le statique se dégagent mutuellement, ils marchent ensemble et s’épaulent, d’où l’intérêt prioritaire d’un examen surfaciel approfondi » (p48). Le sensoriel peut ainsi renseigner sur le structurel, l’histoire. L’interface sépare, couvre et constitue le lieu de convergence.

Chapitre II : Des corps vivants. L’organologie

Le volume croît par rapport à la taille selon un rapport de D3, le rapport volume/surface croit avec la taille D (D3/D²). Pour un bon fonctionnement, l’organisme diminue son enveloppe par plissement-ramification contrairement aux petits organismes qui ont un aspect arrondi et ferme ont une surface plus étendue et plus exposée. Le rythme cardiaque est inverse au volume au même titre que la consommation rapportée au poids puisque la perte de chaleur est plus élevée et la reproduction (vitesse et nombre). Il y a un rapport allométrique qui régit tous ces paramètres. Le vivant se reconnaît dans le courbe, le ramifié, le plissé. Le végétal extériorise son organisation (qui se répète), plus que l’animal et encore plus que l’homme qui la condense dans son visage. Vivre, c’est combattre et se protéger ? Chaque fragment porte en soi sa filiation dans le temps et l’espace (sa position) tout en introduisant une variété. Le vrai caractère est celui qui participe à la structure et l’exprime à la fois.

Vivre, c’est combattre, se protéger et se défendre. Or le combat se fait à la périphérie et modèle la forme et la structure fonctionnelle. La forme du pied exprime sa fonction et chaque organe se trouve intégré dans l’ensemble selon le principe de la logique de l’agencement global, (le pied à sabot ne va pas de pair avec une incisive de carnivore ?), avec une relative transparence. Constitution anatomique, fonctionnement physiologique et comportement psychique sont liés. La différence s’exprime à l’extérieur tandis que la profondeur est souvent commune chez l’animal. L’homme condense 4 éléments : l’espèce (reproduction, sexualité), le végétatif interne ininterrompu, l’animal et le volontaire (p65). La différence, minime au centre  (cœur, foie, estomac, intestins, sexe…) s’élève vers l’extérieur  allant du commun vers la diversité. Au réseau insécable du végétalisme correspond le bilatéralisme animal (asymétrie et dualisation). Réitération et superposition sont deux principes d’économie et de parcimonie chez l’animal. L’extérieur exprime et inverse aussi l’intérieur. La somme demeure toujours mais la position et les proportions changent.

On peut reconstituer la structure et l’histoire à travers l’observation et la déduction sans manipuler le vivant ou le soumettre à l’expérimentation comme est le cas de l’analyse historique. Les détails qui paraissent secondaires peuvent révéler l’origine, la cause ou la raison des choses « tout caractère, si léger qu’il soit, est nécessairement le résultat de quelque cause définie et mérite d’être pris en considération s’il se rencontre chez un grand ombre d’individus »[8].

Tout renvoie à un passé, doté de sens, qui éclaire le parcours bio-psychologique. Le corps cache souvent des résidus, des héritages qui sont le produit d’une stratification, d’une sédimentation et qui ont perdu avec le temps leur fonction primaire et de là leur sens. La causalité n’est pas linéaire et la faiblesse d’une fonction se trouve souvent compensée par une autre plus développée ou plus apparente. Il ne faut pas tout justifier à tout prix, des reliquats dissemblables subsistent quant à la forme et à la source. Cependant, il faut tout retenir même les moindres détails qu’on juge à priori secondaires peuvent exprimer une intelligibilité certaine et révéler des explications insoupçonnées. L’insignifiant peut être parfois très utile.

L’évolution, incontournable, concerne la forme et la fonction face à l’environnement mobile et antagoniste. La fonctionnalité conduit souvent à forger l’organe, selon Lamarck, qui devient avec le temps héréditaire (la mâchoire rétrécie de l’homme suite à son régime alimentaire, le climat et l’alimentation carnée…).

L’écorce n’est pas seulement une couverture, résistante, neutre et protectrice ; elle porte les conflits et est le centre du combat biologique et psychologique. Elle est le lieu de la différenciation, le centre de l’attirance et l’expression de la compétitivité. On touche ici la logique du gaspillage et de l’éclat et de la différence (qui permet la conquête sexuelle). Cet ornemental affiché n’est pas souvent sécuritaire et il attire les dangers. Il y a antagonisme entre la sélection naturelle (l’individu) et sexuelle (l’espèce) qui se heurtent avec des exagérations parfois, d’où la contradiction  « on vit on se survit ». La personnalité ne réside-t-elle pas dans ce qu’on affiche ou ce qu’on réussit à cacher ?

Chapitre 3 : La demi-erreur physiognomonique

Le psychique n’est pas une entité séparée du corps où il se cache. On est soi par son corps même et l’inconscient affleure dans le visible (principe du mixte) qu’il faut apprendre à lire et déchiffrer. Tout le somatique ne parle pas et il faudrait retenir ce qui est caractéristique surtout que l’homme dissimule beaucoup plus que l’animal par le déplacement (du psychique au somatique), l’antithèse (inversion de la réaction), l’excès (mouvements sans but) et le geste de participation-contamination (p97). La division ternaire du corps se retrouve dans la société (l’intellectuel, le soldat, le producteur), la psychologie (affectivité, intellectualité, activité), l’idéologie (prédication, protection, production). La tête résume cet ordre ternaire aussi. Le dehors traduit toujours le dedans, la sémiotique s’applique partout et on juge toujours sur l’extérieur (Lavater, op. cité). Ce déchiffrement, loin d’être banal ou direct, exige une certaine intelligibilité. Le visage est de ce fait lieu de tensions qui s’y manifestent notamment à travers le flexible à tel point que le voilement ne réussit pas toujours. Un bon acteur n’est pas celui qui exprime le mieux ce qui est dedans ? Les traits expriment la personnalité malgré elle, leur signification réside surtout dans leur rapport relatif. Lavater distingue trois sphères concentriques : le gestuel (écriture, parole, voie et accents, ton, timbre…), la démarche et les attitudes, enfin l’habillement, la trame des lieux habités. L’expérience du miroir (dextre/sénestre) de P Abraham montre que le visage est double (p118), la lecture est indirecte et complexe. Sheldon avec sa trilogie (endoderme, mésoderme et ectoderme) a bâti toute une typologie selon une échelle de 7 donnant lieu à 76 somatotypes, des indices (d : dysplasie et g : gynandromorphie) permettent de caractériser les profils. Ne fige-t-on pas ici l’humain dans sa masse corporelle?  La bonne philosophie exalte le vouloir et non le réductionnisme matériel et un individu s’il peut beaucoup, ne peut pas tout et il doit actualiser ses potentialités  contrairement à l’adage classique « celui qui veut peut » ou « c’est en forgeant qu’on devient forgeron » il ne suffit pas d’apprendre pour devenir ou être (p 128). Les formes sont liées aux énergies différenciées sans tomber dans le réductionnisme simpliste.

Chapitre IV : La leçon des portraits

Le matériel exprime le spirituel dont il dérive, chaque société a des traits du portrait qu’elle positive. L’idéologie s’exprime dans les formes. Le portrait s’exprime à travers trois axes : postural, latéral et antéro-postérieur, et reflète la personnalité (du personnage mais aussi du peintre ?). La disposition, les distances, les rapports, les regards, les proportions sont régis pas une logique interne comme dans le rêve. L’art est une insistance écriture,  il « (l’art) ne reproduit pas le visible, il le rend visible » (P Klee, Théorie de l’art moderne, p34). Avec le temps, la machine remplace la main, photographier est révéler ce que notre œil n’a pas pu voir.

Chapitre V : Vers la biopsychiatrie

On naît à la confluence de deux courants : le désir (individuel) et l’ordre (social) qui s’affrontent ou se concilient et le corps exprime cette interface, « l’inconscient est dans le corps »[9] et la meilleure façon de cacher est de ne pas cacher dans la mesure où la surface traduit la profondeur qu’on veuille ou non et « pas de profondeur, en somme, qui ne change la surface » (p173). La psychanalyse ne vise-t-elle pas la mise au dehors (par transfert), réconcilier le corps avec lui-même. La gestuelle répétitive infime exprime l’interdit (tics, grattage, doigts remués…). Le moi n’est jamais délié du corporel, l’adulte apprend à s’immobiliser et maîtriser ses gestes alors que la tempête interne persiste : « penser, c’est se retenir d’agir » (au niveau gestuel et visuel) dit-on mais n’est ce pas le contraire, faire de manière à ce que le jeu interactionnel soit le plus serré ? (M Jousse, L’anthropologie du geste. Resma, p 50).

Le pneumographe de Yung exprime cette interaction (inspiration/expiration) âme-monde et l’exploration à l’instar du gîtologue. Trois niveaux d’agir du corps sont à distinguer: l’inconscient (respiration, voix…), le minime (yeux, lèvres, mains…) et les gestes explosifs. L’excessive domination ne conduit-elle pas au dévoilement transféré (rougir de timidité = désir refoulé = aliénation du corps sous le regard et qui pend sa revanche aussi (J P Sartre)?). M Jouvet en étudiant le rêve montre que l’individu n’est pas totalement immobile mais on ne perçoit que de minimes indices corporels, le contenu vécu par le sujet lui-même nous échappe. Le rêve écrirait le roman de l’anti-jour ? (p182). La graphométrique montre que le sujet est caractérisé par une grille d’emplois malgré lui, une appartenance à un groupe, c’est une véritable combinatoire d’une écriture. L’écriture visualise la motricité qui exprime le spirituel en dépit de l’habitude… La signature découle aussi de la même logique (E Locard, 1959, Les faux en écriture. Payot). La proportion répond au manque d’émotivité (L Klages). Balzac (1830) soutenait qu’on peut juger un individu à sa démarche? Le matériel joue le rôle de médiateur et les inadaptations psychopathologiques impliquent un corps en difficulté : «le moi qui perd son corps, perd en même temps la raison » (G Pankow) (p 190). Il faut arrêter avec le dualisme, les neuroleptiques ne facilitent-ils pas l’analyse ?

Grâce à la parole, l’homme préserve et mémorise les messages, elle passe et implique le corps. « Avant de se déposer dans des mots ou sur des lignes, le signifié se plie à la physiologie de nos gestes » (p194). Reich écrit qu’ « il faut toujours prendre comme point de départ la surface… une grande courtoisie , (qu’)une politesse exagérée cache toujours des critiques inconscientes, une attitude de méfiance ou de mépris » (Reich, L’analyse caractérielle. Payot, trad. 1971, p45). La respiration exprime bien ce rapport corps-esprit (le diaphragme-la respiration), les crispations diverses (le musculaire) débouchent sur la froideur-la répression du corporel (individu, société) et l’apathie. Enfin le rachidien (l’attitude-posture) qui traduit l’enracinement, l’affirmation de soi et la sécurité (tête basse du coupable, front penché de l’obsessionnel, l’équilibre, la statique jambes-pieds, la jonction avec la terre…). Le trouble psychique ne viendrait-il pas des contraintes physiques ?

La solution passe par l’auto-hypnose qui favorise le dialogue du corps avec lui-même. La respiration profonde aide, la conscientisation du corps (ressentir les émotions refoulées), l’éducation des gestes (calmer la précipitation ou guérir la lenteur), apprendre à lutter contre les règles sociales selon Reich qui briment la personnalité à travers la morale et l’éducation. L’harmonisation est difficile entre les deux tendances contradictoires. Les fonctions de la peau se trouvent reportées sur les habits (ornement, discrimination sociale…). Dans et sur le corps se lit la conscience et l’inconscience qui est sur la surface étalée et difficile à lire. On cherche souvent loin ce qui nous nargue ?

Conclusion

Le livre a essayé de restaurer l’image, les structures, l’organique et le corporel, la figure et le geste. La spécificité de l’animal est saisie dans sa morphologie qui exprime une stratégie et exprime dans son mouvement les émotions, le biométricien va encore plus loin. Avec l’homme, la difficulté s’accuse. Le corps expose les conflits et les violences, empêche et manifeste. On est là devant une discipline interprétative qui permet de mieux connaître le vivant, la physionomie constitue une concrétisation topoanthropologique reliant le psychique à son espace, une sorte de « géométrie analytique passionnelle » (p205). Ne tombe-t-on pas dans le naturalisme qui frôle la magie ? La philosophie contemporaine a été éprise de considérations socio-politiques (dialectique, développement…) niant le conservatisme, le statique est aussi important que la dynamique. La pensée peut-elle s’arracher à la matérialité, elle la prolonge, la culture peut être le prolongement de la nature et son accomplissement : la mémorisation consciente, la reproduction et la représentation (l’écriture).

Le monde des nuages et des eaux ne montre jamais des contours anguleux contrairement à celui de la pierre

« Celui qui est ne peut pas devenir » p 84

« Notre œil ne le perçoit pas, mais notre œil n’est pas l’échelle de la science » M Jousse, 1969, L’anthropologie du geste. Resma, p 50

On relève des répétitions dans l’ouvrage, l’auteur revient à maintes reprises aux mêmes idées développées précédemment.

Les schémas ne sont pas bien exploités et parfois on ne comprend pas pourquoi l’autour les a incérés, c’est le cas de la figure 1 de la page 23 où la figure A manque tandis les figures B et C ne sont pas bien explicitées ;

Les sources ne sont pas toujours bien indiquées et l’auteur mentionne souvent des auteurs dont les ouvrages sont cités quelques pages plus bas ou ne sont pas indiqués du tout.

Certains symboles ne sont pas explicités si bien qu’on ne peut pas comprendre l’idée comme est le cas des mensurations du corps humain (l, L, h, H, o, o’, O, O’, d. p 152).


[1] « Un artiste moderne doit perdre les deux tiers de son temps à essayer de voir ce qui est visible et surtout de ne pas voir ce qui est invisible. Les philosophes expient assez souvent la faute de s’être exercés au contraire. Une œuvre d’art devrait toujours nous apprendre que nous n’avions pas vu ce que nous voyons » P Valéry, Variété, Œuvres, t I, NRF, p 1165.

[2] Linné définit les quatre sphères de la pierre, le végétal, l’animal et l’humain par les quatre fonctions : la croissance, la vie, la sensation etla réflexion.

[3]  Stevens P.S – 1978 : Le formes dans la nature (trad. de Patterns in Nature, 1978).

[4] La suite de Fibonacci où les termes sont la somme des pdeux précédents : ½, 1/3, 2/5, 3/8, 5/13… Le xycle d’insertion est n/p où n est la première semblable, p : le nombre de feuilles avant de rencontrer ce semblable.

[5] Malebranche, Méditations Chrétiennes, éd. Aubier-Montaigne, p 76 cité p 37

[6] La science expérimentale, cité p 41

[7] L’évolution créatrice, p89 cité p 41

[8] Darwin 1873, La descendance de l’homme et la sélection sexuelle. Trad. Barbier, p21

[9] Il faut rapprocher le secret du terme sécrétion  qui s’écoule) et secrétaire (inscription, archive…)

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