Mobilité et migration de la population

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

 

Mobilité et migration de la population 
Communication au séminaire IPALMO - European Commission

Tunis, Hôtel Mechtel 1999, 19 février 2000, Publié en arabe
Les Cahiers de l'IPALMO, Publié in " Annales de l'IPALMO", 2001
"Systèmes de protection sociale dans le bassin Méditerranéen, pp: 379 - 397 en arabe
Etude de cinq pays" European Commission – IPALMO, Tunis, Rome, 2000, 539p
 fichier pdf Mobilité et migration de la population

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Migration & ordre spatial

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

 

L'émigration extérieure
Mobilité, réajustement socio-spatial
et reproduction de l'ordre spatial 
Université de Rome - Universite de Tunis I – Ceres
MED-CAMPUS n° 83
Juillet 1993 – Hôtel Abu-Nawa Med V, Tunis
Communication au Med-Campus 83 : Université de la Sapienca de Rome - Université Tunis I – Ceres : « Agents de développement dans les processus migratoires ». Juillet 1993, Hôtel Abou Nawas, Med V, Mahdia.
Texte publié dans « Migration. Impact socio-économique», Cahiers du CERES, 15, pp : 47-58.
fichier pdf Migration ext Réajust Spatial

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Migrations & changements sociaux

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

 

Migration et changements sociaux en Tunisie

Communication au Colloque de l’AMEP, Hammamet, novembre 1995
Paru dans les Actes du Colloque 1997

fichier pdf Migration et changements sociaux

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La migration au Nord Ouest

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

Quelques éléments de réflexions sur le fait migratoire au Nord Ouest
Communication au séminaire de Tabarka 1996,
"Développement du Tell  septentrionnal", Ministère du Développement Economique
Publié dans Développement régional, rural, local, Cahiers du CERES  1997

fichier pdf Migration au NO

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Littoralisation et mondialisation

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013


Littoralisation et mondialisation
l’état des lieux et les enjeux

RTG, 1996, 30, 9-52

Communication au Colloque
“Le littoral tunisien, dynamiques nouvelles, enjeux et devenir”
Département de Géographie, FSHS, Tunis, 12-13-14 Mars 1998
Paru dans RTG, 1996, 30, pp : 9-52
fichier pdf Littoralisation et mondialisation

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Littoralisation et extraversion

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

La littoralisation ou l’ordre spatial de l’extraversion

Communication aux Journées de l'AGT
Publiée in Géographie & Développement, 1994, 12/13, pp: 50 - 79

fichier pdf Litoralisation et extraversion 1994

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Une lecture d’un livre

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

En marge d’une lecture

LE RAISONNEMENT SOCIOLOGIQUE
L’espace non poppérien du raisonnement naturel
Nathan, Coll. Essais & Recherches, Paris, 1991, 408 p.
                                 Jean Claude Passeron

Communication présentée dans la table Ronde de l’Association Tunisienne de Sociologie
autour de l’ouvrage de J.-Cl. Passeron, CERES, 24 avril 1998 au CERES, 16 h

fichier pdf Passeron

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Problématiques du local

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

 

Problématiques du local. Développement et aménagement

Communication au Colloque de l’AGT en 1996, texte publié in  Géographie & Développement 15-16, 1999 in Actes du Colloque Maghrébin de Géographie « L’espace local, Développement et aménagement ».
Texte  publié aussi in A Belhedi, Développement régional, rural, local, 1997

Télécharger le texte
                fichier doc Développement et aménagement local    fichier pdf Développement et aménagement local

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Les défis de l’aménagement urbain

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

Les défis de l’aménagement urbain

Texte préparé pour le Séminaire de l’AFH   avril 2013

Télécharger le texte:
fichier pdf Les défis de l’aménagement urbain,  AFH, avril 2013

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Niveaux de développement socio-économique

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

Les niveaux de développement socio-économique en Tunisie
Communication au Séminaire de ATUMED

Communication au Séminaire : « L'état de l'environnement dans les zones littorales tunisiennes et
méditerranéennes occidentales". ATUMED - F. Ebert, Tunis 22-24 Avril 1997, Texte revu en 2003


fichier pdf Atumed Niv Dev

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Le chercheur et le terrain

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

 Le chercheur et le terrain

Le chercheur et le terrain  - Rencontre doctorale

II° Rencontre de Jeunes Chercheurs IRMC-Université Tunis I 

4-5-6 novembre 1998, Cap Carthage, Gammarth, Tunis

fichier pdf Terrain

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التنمية الجهوية الواقع والافاق

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

مداخلة في ندوة جريدة صوت الشعب . التنمية الجهوية الواقع ووالافاق   2012

fichier pdf Saout Echaab 28-02-2012fichier pdf Saout Echaab 28-02-2012

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Quelle régionalisation pour la Tunisie

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013


Quelle régionalisation pour la Tunisie?
Communication au Séminaire international « Autonomie locale et régionalisation en Méditerranée », Rabat (Maroc)
Conseil de l’Europe,  Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe, Ministère de l’Intérieur du Maroc, 2-3 décembre 1999

Texte Publié pp: 197-206 in « Autonoie locale et régionalisation en Méditerranée », Actes du Séminaire international Rabat (Maroc) 2-3 décembre 1999. Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe. Editions du Conseil de l’Europe, 2000, Etudes et Travux n° 67, 248p, Strasbourg, France.

fichier pdf Quelle Régionalisation pour la Tunisie?

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الهجرة والتنمية الجهوية والمحلية

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

   الهجرة والتنمية الجهوية والمحلية
   مداخلة بالمرصد الجهوي للتنمية  بالمهدية
Texte publié dans MyPortail/Tribune :

http://www.myportail.com/Etudes_recherches_developpement_economique_social.php

fichier pdf Migrat et devel régional

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ﻧﻈٍٍـــــﺎم إ ﻣـــــــــﺪ. اﻟﺮهﺎﻧﺎت واﻟﺘﺪاﻋﻴﺎت

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

Journée mondiale de l’éducateur, UGTT
fichier pdf LMD  5 Oct 2006

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La question régionale: cartes et chiffres

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

Support pour diverses communications faites en 2011-2012
dans différentes manifestations
Mouvement Tajdid – Front Civique – MDS – Cercle des économistes
Revue Outrouhat – Colloque de Saouet echa3b – Université d’été
de ACMACO…..
Cartes, en grande majorité, publiées dans » La fracture territoriale », 2012, Wassiti Edition, coll. Ibraz


fichier pdf La question régionale en Tunisie

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Espaces intermédiaires

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

II Colloque du Département de Géographie

      “Les espaces intermédiaires” 

Sfax, 2-3-4 Mars 1998 
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sfax 

fichier pdf Espaces intermédiaires Sfax 98

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L’espace touristique tunisien

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

Communication à Girona Espagne, 1999

Communication au Cours d'Eté
"Les nouveaux espaces touristiques"
Institut Supérieur des Etudes Touristiques, ISETUR
Université de Girona, Espagne. 5 - 6 Juillet 1999


fichier pdf Espace touristique Girona 1999
    fichier pdf Le tourisme tunisien en chiffres 2008

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Dynamique économique régionale et encadrement tertiare

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013


La dynamique économique régionale et l’encadrement territorial des villes en Tunisie
Communication au Laboratoire DPS, 2002
Dynamiques et Planification spatiale, FSHS, Université de Tunis

 

fichier pdf Dyn Eco Reg Encad Ter

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ﻣﻦ إﺷﻜﺎﻟﻴﺎت اﻟﺘﻨﻤﻴﺔ اﻟﺠﻬﻮﻳﺔ واﻟﻤﺤﻠﻴﺔ

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

ﻦ إﺷﻜﺎﻟﻴﺎت اﻟﺘﻨﻤﻴﺔ اﻟﺠﻬﻮﻳﺔ واﻟﻤﺤﻠﻴﺔ 
الجبهة المدنية   24-4-2011
fichier pdf Dev Reg Front Civique 24-4-2011

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التنمية الجهوية

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2013

fichier pdfالتنمية الجهوية

مداخلة بمقر حركة التجديد  09-05-2011

 

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Développement et urbanisation en Tunisie التحضر والتنمية بتونس

Posté par amorbelhedi le 28 octobre 2013

 

التحضر والتنمية في تونس
 ﻨﺹ ﺍﻟﻤﺩﺍﺨﻠﺔ ﺍﻟﺘﻲ ﺃﻟﻘﻴﺕ بكلية ﺍﻵﺩﺍﺏ ﻭﺍﻟﻌﻠﻭﻡ ﺍﻹﻨﺴﺎﻨﻴﺔ ﺒﺼﻔﺎﻗﺱ 
 1996 ﻗﺴﻡ ﺍﻟﺠﻐﺭﺍﻓﻴﺎ

fichier doc Développement et urbanisation en Tunisie

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Déséquilibres régionaux

Posté par amorbelhedi le 28 octobre 2013

 Méthodologie d'approche 
 des déséquilibres régionaux 

                    fichier pdf

 Communication aux 8ième Journées Géographiques Tunisiennes de l’AGT 
 « Le déséquilibre régional » 
 25 décembre 1981, Ecole Normale Supérieure, Tunis
Publié dans les actes de l'AGT

 

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De l’urbain en Tunisie

Posté par amorbelhedi le 28 octobre 2013

 

 De l'urbain en Tunisie  La ville, 
difficultés de mesure et essai de définition
fichier pdf

Communication au Séminaire de Montréal "Villes et développement",
Groupe Inter-Universitaire de Monréal GIM, 1992 Groupe "Urbanisation du Magreb"
Montréal, le 5 Novembre 1992 Texte publié dans les Papiers de l'INRS-Urbanisation 1993

 

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البعد المجالي للثورة التونسية. التنمية الجهوية والمحلية والتهيئة الترابية

Posté par amorbelhedi le 23 avril 2013

 

                                                   البعد المجالي للثورة التونسية
التنمية الجهوية والمحلية والتهيئة الترابية

                                                                                    عمر بالهادي     جامعة تونس

نص مداخلات وقعت في عدة منتديات وتظاهرات مع تغيير في الإشكالية والطرح والمحتوى حسب الظرف والإطار والحيز الزمني المبرمج لذلك : 

° مبادرة المواطنة : دار الشباب المنزه السادس – الأحد 24 افريل 2011

°  ماهية الثورة التونسية : ندوة مجلة أطروحات – دار الثقافة إبن خلدون – 6 ماي 2011

° مقر حركة التجديد – الاثنين 9 ماي 2011

° مقر حركة الديمقراطيين الاشتراكيين : التنمية الجهوية والمحلية والثورة التونسية. الجمعة 13 ماي 2011

° منتدى الاقتصاديين العرب : التحديات الاجتماعية والاقتصادية للثورة التونسية. Les défis socio-économiques de la révolution tunisienne  نزل الدبلوماسي 18 جوان 2011 

° الانتقال الديمقراطي والترابية   22-23 جويلية 2011   Transition démocratique et territorialité

 

لا بد من التأكيد في البداية على أهمية البعد المجالي والترابي للثورة التونسية من حيث الدواعي والأسباب أولا والمسار ثانيا والتبعات والرهانات ثالثا:


1- من الاختلال المجالي شمال جنوب إلى اختلال جديد وليد دولة الاستقلال بين السواحل والدواخل.

- في الخمسينات : اختلال التوازن بين الشمال والوسط والجنوب نتيجة المعطيات الطبيعية (المناخ والتربة) والتاريخ (العمران والتحضر والاستعمار),

- في الثمانينات : أصبح الاختلال بين السواحل والدواخل نتيجة السياسات المتبعة :

° الستينات : تركز أهم المشاريع بحكم التأميم أولا وبعث الأقطاب الصناعية ثانيا وتركيز المناطق الصناعية ثالثا خلال الستينات.

° السبعينات : سياسة الانفتاح والاقتصاد المتخارج وتشجيع الاستثمار الأجنبي (قانون افريل 1972).

° الثمانينات : تراجع الدولة والعولمة واعتماد برنامج التعديل الهيكلي (1986) واتفاقية الشراكة مع الاتحاد الأوروبي (1996)…

2 – انحسار المجال الاقتصادي في مثلث توجد قممه بين بنزرت – المهدية – قليبية الذي أصبح يضم أهم المشاريع منذ التسعينات نتيجة التنقية الوظيفية للعاصمة لفائدة الشمال الشرقي ومنطقة الساحل : العاصمة –  النفيظة… 

         ولئن تمثل جل السواحل في العالم مناطق استقطاب فإن المناطق الساحلية في تونس تمثل أهم مجال اقتصادي مستقطب بنسب مرتفعة جدا :

 نسبة النمو الديمغرافي تفوق المعدل الوطني دون انقطاع مما يفسر تدعيم مكانته : 64.7 % من السكان سنة 1956 و%68.4 سنة 2004 (63,9% سنة 1984). ففي سنة 2009 نجد 94.1 % من المؤسسات المنشأة في الشريط الساحلي. كما أن الاستثمار المباشر الأجنبي ((IDE يتركز بالشريط الساحلي بنسبة % 70 (العاصمة %29 – الوطن القبلي%15,4 – الساحل %25). 

السكان

الحضر

المناطق السقوية

الانتاج الفلاحي

التصدير الفلاحي

الشغل الصناعي

الشغل السياحي

القيمة المضافة

الهواتف الجوالة

السيارات

حواسيب نوادي الأنترنات

67

75

51

63

60

94

95

75.3

80,6

67

86.4

   

     فالشمال والوسط الشرقيين يمثلان 68 % من السكان (ش ش: 37%  – و ش : 22% ) و 85% من الناتج الداخلي الخام (ش ش: 50% – وش: 25,6%) مع أن ولاية صفاقس تمثل تقريبا 9ٍ%. 

        بالإضافة إلى الاختلال الكمي نجد هناك فوارق نوعية وهيكلية تتمثل في نوعية الخدمات، في علاقات الإنتاج و الروابط الاجتماعية ونوعية الصناعات والذهنيات والسلوكيات والتركيبة الاجتماعية… 

تجدر الإشارة إلى أنه منذ نهاية الثمانينات أصبح الوسط الغربي يحتل المرتبة الأولى في الهجرة من حيث الحصيلة الهجرية ونسبة الإرسال تصل إلى4% بموازاة مع تراجع مستوى الإنفاق الفردي عوض الشمال الغربي الذي كان يحتل المرتبة الأولى منذ الاستقلال. وليس من باب الصدفة أن اندلعت شرارة الثورة من الوسط الغربي لكن الوضع كان متأزما في جل أرجاء المناطق الداخلية بشكل يجعل من كل منطقة نقطة احتقان تترقب الظرف المناسب؟ 

1975

1990

2005

الشمال الغربي

229

501

1416

الوسط الغربي

242

509

1138

المعدل الوطني

475

1007

2390

3 – في هذا الشريط تمثل العاصمة نقطة تركز هامة رغم المجهودات التي بذلت في اتجاه اللا تركز.

         تمثل العاصمة 16% من السكان سنة 1956 – %20.8 سنة 1984 و%23 سنة  2004. فهي تمثل حاليا ثلث السكان الحضر وتمثل أهم قطب استقطاب هجري منذ الاستقلال دون انقطاع حيث نجد أن نسبة الوفود تصل إلى %4.

 

السكان

الحضر

الطلبة

مخابر البحث

الشغل الصناعي

حواسيب الأنترنات

بعث المؤسسات 2009

الاستثمار الاجنبي المباشر

الهواتف الجوالة

23

32.6

43

52

35.5

47.5

56

29

34

 

4- التفاوت بين المدينة والريف : لئن أفضت مختلف السياسات إلى تراجع الفوارق بين الوسطين نتيجة انتشار التجهيزات الأساسية (الإنارة – الماء – الطرقات) وبعث المرافق الاجتماعية (التعليم – الصحة…) فإن الفوارق لا تزال مرتفعة في العديد من الميادين وخاصة بالنسبة إلى المرافق العصرية والفردية والمكلفة مثل الصرف أو مستوى الإنفاق أو التقنيات العصرية. 

فحجم الإنفاق الحضري تدرج من % 62.2 إلى % 77.6 بين 1975 و2005 علما وأن نسبة التحضر تطورت من 52.5%  إلى 64.9% خلال نفس الفترة وبذلك يكون الفارق قد ارتفع بين الوسطين. 

فالارياف لاتزال تمثل %35  من السكان لكن وزنها الاقتصادي لا يتجاوز 15% : 16%  من التشغيل، 15%  من الاستثمار، 12%  من الناتج الداخلي الخام، 10%  من التصدير.

المقاربة 

تتمثل المقاربة المتبعة في الأولوية المطلقة للبعد الاقتصادي والبعد الوطني مع تهميش البعد السياسي واستعمال البعد الاجتماعي للتعديل.

° أولوية البعد السياسي : تمثلت في إنشاء الدولة الحديثة وتدعيم السلطة المركزية مما تطلب تغييب المستوى المحلي والجهوي والقطع مع السلطة التقليدية الترابية والقبلية والمحلية.

° أهمية الجانب الاقتصادي : بناء الاقتصاد الوطني وأولية النمو مما أفضى إلى تركز الاستثمار (العمومي والخاص) في المناطق والمدن المؤهلة لذلك : 60   % من الاستثمار العمومي و80 % من الاستثمار الخاص تتركز ب السواحل. خلافا لما يتبادر للذهن فإن التركز الساحلي كان أكبر خلال الستينات (84%) عوض 60% خلال السبعينات والثمانينات.

° التعديل تمثل في الجانب الاجتماعي الذي طبع كل البرامج التنموية التي اكتست شكل النثر والتقسيم المجالي للموارد تبعا لمقاييس : التنمية الريفية – التنمية الريفية المندمجة – التنمية الحضرية المندمجة – صندوق 26-26…

° مقاربة تقنية :

-        فشل اللامركزية وفك التركز منذ بداية السبعينات (1977 – 1981 – 1987 – 1993).

-         الطابع القطاعي وعدم الاندماج.

-        ضحالة المبالغ المخصصة للبرامج الجهوية للتنمية (PRD): % 11 من الاستثمار العمومي و 5.2 % من الاستثمار الاجمالي.

-        البرامج جلها وليدة أزمات : 1961-1964، 1969-1973، 1978-1984، 2008-2011-

النتيجة : التهميش والإقصاء في شكل ثنائية مجالية – سياسية

 -        الدواخل والأرياف والمناطق الفقيرة : تهميش اجتماعي واقتصادي أساسا مما جعل المطالب الأساسية تتلخص في التشغيل – التنمية – الكرامة.

-        السواحل والمدن والمناطق المحظوظة : تهميش سياسي قبل كل شيء وبالتالي فإن المطالب كانت تتمثل في الديمقراطية – التعددية – التناصف – المطلبية المهنية… 

هذه الثنائية نجدها في القوافل : قافلة الكرامة من سيدس بوزيد إلى العاصمة تلتها قافلة التضامن والاعتراف  في الاتجاه المعاكس من العاصمة أساسا. نجدها كذلك في الحوار القائم في الصحف والأحزاب والهيئة العليا الذي أعطى الأولوية إلى حد الآن إلى الجانب السياسي.

التنمية الترابية : مقوماتها وأسسها 

1 – التنمية الترابية (المحلية – الجهوية – الوطنية) تتمثل في أن يأخذ السكان حاضرهم ومستقبلهم على عاتقهم ويديرون شؤؤنهم بأنفسهم بشكل يمكن من تركيم الثروات (النمو المادي في شكل مداخيل وأجور) وتحسين ظروف العيش (المرافق – التجهيزات) وتحول نوعي وهيكلي للمجتمع والذهنية والسلوكية تتمثل في التقدم مما يضمن الاستدامة ويستوجب الاستقلالية من جهة أخرى.

هذا المفهوم يحتم وجود مؤسسات منتخبة وممثلة للجماعات الترابية المحلية أو الجهوية ويتطلب تمكينها من الوسائل القانونية والمالية لتحقيق الأهداف التي تحددها المجموعة. فالتنمية تتطلب الاعتماد على الذات مما يمكن الجماعة من الاستقلالية (وهنا نجد مفهوم الكرامة) وهي تستوجب مستلزمات : السلطة الترابية والتمويل. 

2 – المستويات 

نجد على الأقل ثلاث مستويات للديمقراطية تبدأ بالمستوى المحلي ثم الجهوي وصولا بالوطني. فجل الأنظمة الديمقراطية ترتكز على 3 أو 4 مستويات للجماعات الترابية تتمثل في البلدية، المعتمدية، الولاية والإقليم. هذا المستوى الترابي والسياسي غير موجود بتونس ويتوجب خلقه. 

3 – الأهداف 

تتمثل أهداف التنمية الترابية في التوازن الترابي والإنصاف والتضامن والديمقراطية والحوكمة :

° التوازن المجالي والإقليمي والوصول إلى بنية ترابية متوازنة مستدامة وقابلة للتأقلم مع جل الظروف.

 ° الإنصاف بين المناطق لتحقيق الأنصاف بين الأفراد  وذلك من خلال الحد من الفوارق طبق خارطة طريق واضحة

° التضامن المواطني بين الجهات والمناطق والأوساط تبعا لمنطق الحق والواجب وليس الشفقة والرحمة فقط. هذا التضامن ينبع من المواطنة مما لا ينفي التنافس بين مختلف المناطق. 

° الديمقراطية تستوجب تمثيل المناطق والديمقراطية الصحيحة تبدأ من الأسفل وتحتوي على ثلاث مستويات على الأقل لتمثل سلطا مضادة تمكن كل منها من تعديل زيغ السلط الأخرى. وبالإضافة إلى الديمقراطية التمثيلية يجب ووج مرحلة الديمقراطية التشاركية.

 ° الحوكمة تتطلب التشاركية في التصور والاختيارات والمتابعة والتنفيذ بين مختلف الأطراف الفاعلية من سلطة مركزية وسلطة محلية والجماعة الترابية والمواطنين. فالحوكمة تتمثل في جعل الجهة عنصرا فاعلا في القرار والتصور والمبادرة وليس فقط الاكتفاء بالحد من الفوارق أو بخلق مواطن الشغل أو أنشاء المرافق أو تلبية الحاجات الأساسية. هذه العملية تتطلب تشجيع الفاعلين المحليين وان لم يوجدوا فيتحتم خلقهم. 

التنفيذ – التصرف – المتابعة

القرار- التصور

الاستشارة – الدراسات – الاسناد

الوالي

المعتمد

المجالس الجهوية المنتخبة

المجالس المحلية المنتخبة

الإدارة الجهوية – المصالح التقنية

الإدارة المحلية – المصالح التقنية

فالمطلوب إذن هو عكس المقاربة التنموية من خلال جعل التراب عنصر إنتاج و التركيز على الإمكانات عوض المعوقات لمختلف المناطق بالإضافة إلى جعل المواطن في قلب العملية التنموية عملا بالمقولة « كل ما ينجز لفائدتي دون تشريكي فهو ضدي » (Tout ce qui est sans moi est contre moi). 

4 – الأسس 

يمكن حوصلة الأسس التي ترتكز عليها التنمية الترابية المتوازنة في النقاط التالية:

1 – خلق وبعث الإقليم أو الجهة وهي منطقة تظم عدة ولايات تتميز بإشكالية محددة للتنمية وتأوي المشاريع الكبرى التي تتجاوز صلوحيات وحدود الولاية الواحدة (السدود الأقطاب التنموية…). وجل الديمقراطيات لها مستوى إقليمي.

والإقليم يتطلب : الحجم الأدنى – تنوع اقتصادي – عاصمة أو حاضرة – شبكة حضرية – اشكالية تنموية – سلطة ترابية – تمويل ذاتي.

إعادة القسيم الترابي بشكل يضمن الاندماج المجالي للقطر والتوازن الجهوي والقطع مع التقسيم الحالي مما يضمن التضامن والتنافس.

2- خلق صندوق للتنمية الجهوية

3 – بعث صندوق للتنمية المحلية

5 – تجميع المصالح الفنية في مستوى عواصم الأقاليم

6 – بعث بنوك  وشركات جهوية للتنمية

7 – بعث جمعيات للتنمية من المجتمع المدني

8 – الإصلاح الجبائي في اتجاهين :

- عمودي : محلي – جهوي – وطني  يتمثل في اسناد كل جهة نسبة معينة من الموارد لتمكينها من الاستقلالية المالية

- أفقي : بين أماكن خلق الثروة والأماكن المعدومة الموارد تبعا لمقاييس يقع الاتفاق عليها وذلك لضمان التضامن الوطني وأنصاف المناطق المحرومة إلى حد اليوم.

9 – تمكين كل المستويات الترابية من مجالس منتخبة ممثلة : البلدية – المعتمدية – الولاية – الإقليم – القطر. 

التهيئة الترابية   

تتمثل التهيئة الترابية في إعادة تنظيم المجال، في مختلف مستوياته، بشكل يستجيب أكثر لحاجيات المجتمع التونسي بمختلف شرائحه وفئاته ومنظماته وذلك تماشيا مع تطور المجتمع والتكنولوجيا ومتطلبات التنمية المستدامة وضغوطات الموارد والإمكانات والمحافظة على التوازنات العامة الترابية والقطاعية والاجتماعية. 

يجب أن تتركز التهيئة الترابية على سياسة تدعم التماسك المجالي (Cohésion spatiale)  بين مختلف المناطق والجهات داخل القطر وكذلك بين المناطق الحدودية للبلدان المغاربية ويعني ذلك توفر ركنين على الأقل : التضامن المجالي (Solidarité) والقرب المجالي (Proximité) كما هو الشأن بأوروبا حاليا  في إطار مثال تهيئة المجال الأوروبي مما يتطلب بعث عدة صناديق مثل صندوق التنمية الإقليمية والصندوق الاجتماعي وصندوق التماسك المجالي.        

فالتهيئة تتمثل في الوصول إلى التوزيع الأمثل للموارد والأنشطة والسكان والاستعمال الأنجع لعناصر الإنتاج في المكان والزمان الهدف من جهة وفك الانحباس لمختلف المناطق وربطها ببعضها البعض اعتمادا على مقتصدات القرب والارتباط  من جهة ثانية بالإضافة إلى وضع أسس الحوكمة الترابية وآليات التنسيق بين القطاعات مما يمكن من التمفصل بين المستوي المركزي والجهوي والمحلي.

فالتهيئة الترابية، مهما كانت محدودة أو جزئية، تحدد بقدر كبير معالم المستقبل وتوجه الاستثمارات العمومية والخاصة وتسهم إلى حد كبير في تحديد ماهية التنمية الترابية بشكل عام والخطوط العامة للتنمية الاقتصادية والاجتماعية وذلك من خلال ضبط التوازنات العامة بين الجهات وتوزع المدن والتراتب بينها والخطوط العامة للاقتصاد المحلي والجهوي.        

فالرهانات مصيرية واللحظة فارقة وحرجة، ستحدد معالم تونس الغد وبالتالي لا بد أن نعيرها كل الاهتمام حيث لا يمكن أن نحصرها في عملية تقنية بحتة بل تتعداها إلى مناسبة يتم فيها تحديد الاختيارات الكبرى في إطار وفاقي بين مختلف الفئات والشرائح والجهات تكون فيه مختلف الفئات شرعية وممثلة بصفة ديمقراطية. فالعملية تقتضي إعداد قانون توجيه ترابي (Loi d’orientation territoriale) يحدد معالم التراب التونسي المستقبلي ودور مختلف الأطراف الفاعلة والخطوط العامة للاختيارات الإستراتيجية. 

يجب أن لا نعيد التجارب التي سبقت والتي تمثلت في الاكتفاء ببعض التوجهات في سنة 1973 التي جاءت في دراسة « المدن والتنمية » دون أن يكون لها أي صبغة رسمية وتطبيقية أو تلك التي وردت في المثال الوطني للتهيئة الترابية سنة 1985 في إطار الدولة الراعية وتدعيم التنمية الجهوية آنذاك حيث تم اعتماد التوازن الإقليمي كخيار للتهيئة الترابية يحد من الهجرة وتحافظ فيه كل منطقة على سكانها. لكن الأزمة التي اندلعت سنة 1985أدى إلى اعتماد برنامج الإصلاح الهيكليي سنة 1986 وأخيرا الدخول في الشراكة مع الاتحاد الأوروبي سنة 1996 يقع الإعداد لها لمدة 12 سنة انتهت سنة 2008 وتم خلالها إعادة هيكلة العديد من القطاعات. 

في هذا الإطار تم التخلي من طرف الدولة على العديد من القطاعات، حتى تلك التي كانت تعتبر وإلى وقت قريب إستراتيجية، وتولت خصخصة العديد من المؤسسات وأصبحت تكتفي بالتصور والتشجيع والتحفيز حتى في ميادين حساسة كالتنمية الجهوية. إزاء هذه التحولات كان لزاما أن يقع إعداد مثال تهيئة جديد سنة 1996- 1998 اعتمد توجها نقيضا في أطار العولمة تمثل في تأهيل التراب التونسي للاستجابة إلى اندراج الاقتصاد التونسي في العولمة وذلك من خلال تأهيل الشريط الساحلي لذلك عن طريق الحواضر الجهوية والمناطق اللوجستية والمشاريع الكبرى المهيكلة والطرقات السيارة… أما المناطق الداخلية والتي تنعدم فيها الموارد فمآلها الهبة والإعانة عن طريق البرامج الاجتماعية لشد السكان وتحسين ظروف عيشهم؟   

 فالمسألة المجالية بما في ذلك التنمية الجهوية والمحلية والتهيئة الترابية  مسألة سياسية بالأساس قبل أن تكون تقنية ويحق لها أن تطرح للنقاش العام  في جل المنابر وأن توضع أسسها في الدستور القادم لكي لا تفقد الثورة التونسية أحد أركانها وأهم رهاناتها.

فالتنمية الترابية (محلية أو جهوية أو وطنية) ترتكز على الركائز التالية : المعرفة الحقيقية للميدان – الحوكمة الترابية – الهيكلة المؤسساتية – الهيكلة المالية والجبائية.

  البعد المجالي للثورة التونسية. التنمية الجهوية والمحلية والتهيئة الترابية  dans Communication i78624041._szw565h3500_

                  Affiche de la manifestation
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المجال والتنمية

Posté par amorbelhedi le 26 mai 2012

المجال والتنمية

محاضرة بالمركز الوطني اتكوين المكونين

2012   fichier pdf Espace et développement CENAFFE   12 mai 2012

نشر بمجلة أصداء عدد 23،  2018، ص 3 – 7.  مركز التكوين ودعم اللامركزية

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L’aménagement

Posté par amorbelhedi le 1 juillet 2011

Décentralisation, aménagement du territoire et démocratie locale en Tunisie
Défis et enjeux

                                                                  Amor Belhedi
                                                         FSHS, Université de Tunis 

Communication au Colloque International « La décentralisation et la démocratie locale en Tunisie : Enjeux et perspectives »Ministère de l’Intérieur, CFAD, Hôtel Diarelmadina, Hammamet 30 juin, 01 et 02 juillet 2011

Quel est le rapport entre l’aménagement du territoire, la décentralisation et la démocratie locale ? Comment faire pour que l’aménagement soit au service de la démocratie ? Comment procéder pour que la démocratie serve l’aménagement ? La décentralisation favorise-t-elle la démocratie locale ? Des questions qui nous renvoient à traiter de trois points : 1– Préciser et rappeler brièvement l’essence de l’aménagement du territoire, 2– Faire le bilan de la question en Tunisie et 3– Préciser les enjeux. 

1 – L’aménagement du territoire 

L’aménagement du territoire est l’ « action volontaire et réfléchie d’une collectivité sur son territoire, quel que soit l’échelle (locale, régionale, nationale) en vue de la reproduction, le développement et le progrès (cadre et qualité de vie).

C’est l’action politique du groupe sur son territoire pour la re-structuration permanente de l’espace, selon une démarche rationnelle, en exploitant les atouts, en tenant compte des contraintes et en limitant les gaspillages (économique, humain, spatial) par une utilisation rationnelle de l’espace et des ressources, afin d’assurer le bien être du groupe social et l’équité territoriale. C’est une « action politique ayant pour but d’harmoniser le développement des régions, de lutter contre les déséquilibres industriels ou culturels et les inégalités » (Grawitz M, 2000). 

Le territoire est un espace approprié, organisé par un groupe social en vue de la reproduction. La notion d’appropriation est centrale pour en faire de l’aménagement une action de libération et de progrès ou à l’inverse, une domination et une aliénation supplémentaire. L’organisation stipule que c’est le groupe social qui définit cet ordre avec ses priorités et ses choix. Le territoire est un espace auto-produit dans lequel la collectivité s’y projette. 

L’aménagement est une auto-projection géographique de la société de demain, dans un éclairage long terme permettant les décisions à court terme (Belhedi A, 1978). L’aménagement permet ainsi de transformer un espace en un territoire. L’aménagement exprime uneauto-pro-jection de l’avenir, indissociable du projet de société, il est éminemment politique. On ne s’approprie pas un espace aménagé ou commandé par l’autre, l’extérieur ; on peut le subir, dans la contrainte tout au plus !Sans pouvoir endogène des acteurs, sans gouvernance territoriale, le territoire n’existe pas

L’aménagement se fonde sur deux impératifs antinomiques, ce qui nécessite inéluctablement des arbitrages :

L’efficacité économique : Utiliser les atouts revient à favoriser les points forts, consolider la croissance là où elle existe et ne pas casser la dynamique amorcée, ce qui accroît les déséquilibres[1].

L’équité socio-spatiale : Assurer l’équité territoriale reviendrait souvent à sacrifier la croissance, d’où le gaspillage des ressources et des moyens qui sont souvent limités. 

L’aménagement du territoire est « une politique spatiale au service d’un projet de société. Il s’agit d’agir sur le spatial pour transformer le social ». C’est « la dimension sociale des politiques territoriales », au lieu d’être la dimension spatiale des politiques sociales. La distribution spatiale de la dépense publique et la discrimination positive des territoires en constituent les outils classiques.

           La société créé son espace à son image, cet espace joue le rôle de ciment social de l’organisation sociale. Tout changement non intériorisé, introduit dans l’espace, désorganise la société et vice versa. La réorganisation spatiale porte en elle le germe de la désorganisation sociale, même momentanée et limitée, lorsqu’elle est imposée et non intériorisée. Les exemples du transfert de populations sont indicatifs à ce titre dans les opérations d’aménagement agricole ou de rénovation urbaine. 

L’aménagement est l’ensemble des méthodes et outils qui partent d’une situation donnée en vue d’améliorer le cadre de vie et assurer un développement global par un éclairage à long terme des réalisations et programmes CMT en tenant compte des spécificités, des contraintes et des aptitudes de chaque espace. 

L’aménagement du territoire apparaît comme une quadruple exigence : une exigence de justice spatiale : la correction des disparités, une exigence économique en termes de spécialisation fonctionnelle, de complémentarité des territoires et une recherche d’efficacité ; une exigence écologique qui assure la durabilité des ressources et une exigence politique : la gouvernance territoriale, ce qu’on appelle de nos jours la géogouvernance. L’aménagement du territoire, comme le développement, doit être économiquement efficace, socialement équitable, écologiquement soutenable et politiquement « gouvernanciable ». 

1.1-            Les maîtres-mots de l’aménagement 

L’analyse des différentes définitions données ci-dessous, citées ici à titre d’exemple, nous permet de relever certains mots-clefs qui reviennent souvent avec un ordre et une articulation différente chaque fois : La collectivité, l’action volontaire, l’arbitrage, la démocratie territoriale, l’action permanente, l’esprit civique, la rationalité et l’éclairage à long terme,…

* « L’aménagement du territoire est l’instrument d’une démocratie moderne (…). C’est l’œuvre de la nation, une œuvre permanente qui déborde les soucis immédiats. C’est l’expression nouvelle de l’esprit civique» (Lamour Ph, 1967).

* « Action volontaire et réfléchie d’une collectivité visant à mieux répartir sur son territoire de nouvelles activités économiques et culturelles » (Lacoste Y, 2007).

* « L’aménagement est l’ensemble des savoirs et des savoirs-faires dont la construction et l’application servent à transformer et adapter volontairement des espaces, d’échelles et de types variés, au bénéfice des sociétés qui les produisent et les occupent » (Lévy J et Lussault M, p61).

Le Code de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (CATU, Loi 94-122, du 28 novembre 1994), définit l’aménagement dans son article 2 comme « l’ensemble des choix, des orientations et des procédures fixés à l’échelle nationale ou régionale pour organiser l’utilisation de l’espace et même d’assurer notamment la cohérence dans l’implication des grands projets d’infrastructures, d’équipements publics et des agglomérations ». Faut-il noter ici l’absence de l’allusion au niveau local dans cet article ? 

1.2- De l’utilisation optimale…à la maîtrise de l’espace 

L’espace est devenu une ressource limitéequ’il convient de planifier et de gérer efficacement. Il setrouve au centre de conflits et de luttes pour l’affectation, l’attribution et l’appropriation.

L’aménagement, vise essentiellementl’utilisation optimalel’adaptation ou la correction de la structure spatiale au service d’un projet de société dont le développement.  Si ce projet change, l’aménagement change. L’évolution de la société nous écarte toujours de deux idéaux : l’équilibre et l’équité d’où la nécessité permanente de cet aménagement. 

Il faut signaler la présence d’une contradiction systémique entre la société, son territoire et l’environnement global qui fait qu’il y a toujours un décalage, voire une contradiction entre chaque couple et que l’espace ne répond pas aux besoins d’une société qui évolue en permanence, d’où l’aménagement incontournable. Comment programmer ce qui est inévitable ? 

L’espace représente une matérialité qui pérennise les rapports sociaux : un barrage, une autoroute, un pôle technologique sont faits pour des décennies et engagent irrémédiablement l’avenir. Le futur prend ses racines dans le présent, voire la passé. L’aménagement de l’espace constitue, à ce titre,un véritable enjeu social ? N’assure-t-il la reproduction de la formation sociale actuelle ? La majeure partie des traits de la Tunisie de demain sont déjà là ? 

La structure spatiale est l’une des composantes les plus rigides. Il est dangereux de laisser l’organisation de l’espace à une évolution spontanée ou orientée de l’extérieur notamment pendant la phase de transition. Ce danger est d’autant plus grand que le pays est sous-développé, petit, peu diversifié, dépendant ou laisse libres les mécanismes de marché. L’aménagement exogène conduit toujours à ladépendance durable (M. Santos 1978) à travers une structure spatiale extravertie. 

L’espace en transition est un espace encore organisé par le système antérieur qui a tendance à se maintenir et contrarier le système naissant. L’organisation de l’espace constitue un instrument fondamental du projet de société,l’élément le plus sûr mais aussi le plus résistant et ne peut êtrelaissée au hasard, ni négligée,la destinée du groupe en dépend. 

1.3- Les fondements : les difficiles arbitrages 

A ce titre, l’aménagement est indissociable du pouvoir dans la mesure où on aménage pour assurer et la reproduction, permettre le développement et améliorer la qualité de la vie.Mais la reproduction, le développement de qui ? A qui profite cet aménagement et quelle est la frange exclue ? L’aménagement est cette restructuration permanente de l’espacesur une base de rationalité, d’économie et d’équité en vue du bien être du groupe. Bref qui décide de ces paramètres, qui procède aux arbitrages ? 

Quatre problèmes se posent à ce titre :

i- L’approche est fondamentalement contradictoire, elle se fonde sur l’efficacité qui conduit inéluctablement à favoriser les espaces nantis, dotés et bien placés. Elle consiste aussi à assurer l’équité entre les hommes et les espaces, d’où le gaspillage de ressources, la sous utilisation des compétences ? Qui procède à l’arbitrage ? Est-ce le pouvoir central ? Comment s’articulent les différents niveaux de décision ?

ii- La rationalité permet l’arbitrage, les choix et les priorités, bref le pouvoir et son partage… Mais de quelle rationalité s’agit-il, celle d’un acteur donné quelque soit sa légitimité ou de la collectivité ? Comment assurer la représentativité de cette collectivité ?

iii- Le conceptdebien être est flou ; il est, à la fois, quantitatif et qualitatif ; deux aspects qui ne vont pas souvent ensemble ! Comment rallier les deux volets ?

iv- L’évolution constante de la société et de ses besoins fait de l’aménagement un processus de restructuration permanente, comme le développement, d’oùla nécessité d’une certaine souplesse, de l’anticipation et l’intérêt que revêtent les outils de gestion et de régulation, de contrôle et de suivipour corriger à temps les trajectoires et moduler les choix. 

1.4- Des principes de base 

L’aménagement du territoire s’appuie sur l’optimisation dont les principes peuvent être résumés par les plus récurrents :

  • Le polycentrisme, la régionalisation et la hiérarchisation du territoire national : le territoire s’organise toujours autour de plusieurs pôles, centres ou métropoles sous forme de régions et de « pays ». La régionalisation et la partition de l’espace est incontournable.
  • L’équité, la réduction des inégalités et l’équilibre spatial constituent un souci constant de tout aménagement quel que soit l’échelle spatiale. Il ne s’agit pas d’un nivellement des différences ou des spécificités, il s’agit plutôt de ne pas dépasser les lignes rouges pour que les écarts restent toujours du domaine du supportable et de l’acceptable : des inégalités que tout le monde accepterait dans le cadre d’un consensus ce qui nécessite l’adhésion. Il s’agit de déséquilibres supportables et de là contrôlables.
  • L’efficacité, l’efficience technique et économique et la rationalité des choix, de l’affectation et de l’utilisation des moyens.
  • La décentralisation, la participation, le partenariat et la gouvernance permettant la démocratie locale participative des différents acteurs.
  • L’amélioration du cadre de vie, l’équipement territorial et le développement durable
  • La durabilité à la fois globale, spatiale et sectorielle ; l’anticipation et la flexibilité 

1.5- L’obligation de résultat 

           L’aménagement, comme le développement, est régi par l’obligation du résultat. Il ne peut être jugé que sur ses résultats et non sur les intentions (souvent pieuses, rationnelles et bénéfiques) ! C’est selon le rapport de la population lésée, marginalisée ou laissée pour compte à celle qui en bénéficie qu’on peut juger une opération d’aménagement. 

En outre, les besoins sociaux évoluent rapidement, leurs priorité change en l’espace d’une décennie. Ce qui apparaît comme un avantage à un moment donné peut s’avérer désastreux une dizaine d’années après si on n’anticipe pas suffisamment et on n’adopte pas une démarche flexible à tout moment qui laisse une marge de liberté aux décideurs pour pouvoir moduler et réguler à temps les trajectoires.

Ne serait-ce que pour ces deux principes seulement, l’aménagement n’a pas de sens sans pouvoir local et régional représentatifs et une collectivité territoriale impliquée dans le processus depuis l’idée jusqu’au suivi en passant par la conception, les choix, la réalisation, l’évaluation et la révision des schémas, des plans et des projets…. 

On parle de nos jours, de plus en plus, du développement territorial qui articule l’aménagement du territoire au développement socio-économique où le territoire, loin d’être un simple support matériel neutre, devient à la fois un facteur et une finalité du développement

2- Le bilan en Tunisie 

            L’aménagement du territoire est passé par plusieurs étapes qu’on peut analyser sous trois points : 1- Les études, 2- La tutelle et l’attribution et 3- Le bilan. 

2.1- Les études 

            On s’est acheminé progressivement des études sur les villes vers la dimension régionale jusqu’aux schémas d’aménagement avec les années. 

a – L’urbain au centre des préoccupations de l’aménagement 

            Les premières études d’aménagement ont concerné les villes à travers le plan d’aménagement du Grand Tunis dès 1964 qui cristallisait l’espace migratoire tunisien avec des taux de croissance dépassant 5% ce qui a conduit la capitale à déborder son site. D’un autre côté, ce sont les études sectorielles qui ont été privilégiées dans la mesure où la planification économique a été prioritaire : les études de transport, les études des zones touristiques de Hammamet-Nabeul, Jerba-Zarzis, Sousse-Monastir et à un certain moment Gabes, l’étude du pôle industriel de Gabes avec le colloque de Zarzis en 1967, la zone minière qui est entrée en crise (DAT/G8, 1968 : la région minière).

            Dés la fin des années 1960, l’exode rural était tel que la DAT a mené une étude sur les villes considérées comme le maillon de base : les unités urbaines en 1969, Villes et Développement en 1973 où la maîtrise de la croissance urbaine a été la clef de voûte de l’étude à une période où le taux du croît démographique a dépassé toutes les estimations : les taux avaient dépassé le seuil de 5% /an et on est arrivé à organiser le retour obligé des nouveaux arrivants, . La même année, fut créé le Programme de Développement Rural (PDR) pour fixer la population sur place et améliorer les conditions de vie.

            L’étude s’est limitée à une ébauche de l’aménagement du territoire national avec trois villes hiérarchisées (Tunis, Sfax, Sousse) appelées à jouer le rôle de polarisation avec des liens privilégiés entre Tunis et les villes du Nord, Sousse-Kairouan, Sfax-Gabes. En 1979, un Comité interministériel de l’aménagement du territoire s’est réuni et a recommandé plusieurs actions. 

            Au début des années 1970, plusieurs études ont été menées sur les principales villes tunisiennes : Tunis 72, Sfax, Sousse, Gabes, Bizerte… A Tunis, plusieurs études sectorielles ont donné lieu à la création d’une institution de planification urbaine dés 1974 le District de Tunis, devenu par la suite l’Agence Urbaine du Grand Tunis (AUGT).

            Avec la promulgation de la loi organique des communes en 1975[2], l’aménagement se cristallise sur l’espace urbain essentiellement sous forme de PAU, du PRA (Plan Régional d’Aménagement) de Tunis en 1977, du PDU (Plan Directeur d’Urbanisme) de Sfax en 1978. Ce n’est qu’en 1979 que le premier Code d’Urbanisme a été promulgué. 

b- La décentralisation et l’action régionale 

            L’action régionale a commencé dés 1976 avec l’étude sur la décentralisation industrielle et la promulgation du FOPRODI (Fonds de Promotion et de décentralisation industrielle) en 1977 qui a divisé le pays en trois zones selon les avantages octroyés. On a encouragé la déconcentration universitaire et sanitaire dés le milieu des années 1970. Au début des années 1980, il y a la création du CGDR (Commissariat Général au développement Régional) qui a procédé à l’élaboration de la carte des priorités régionales qui a été utilisée comme base de la répartition des crédits du PDR (Programme de Développement Rural), puis du PDRI (Programme de Développement Rural Intégré). Les offices des périmètres irrigués (PPI) crées au début des années 1970 sont remplacés par la suite par trois Offices de Développement du Sud (ODS), du CO (ODCO) et du Nord-Ouest (ODSPANO). Au niveau industriel, la loi de 1981 a divisé le pays en cinq zones, remaniée en 1987 et reconduite en 1993 par le CII (Code des Investissements Industriels).

            Il reste cependant qu’il s’est agi plutôt d’une déconcentration (dé-densification du tissu industriel et re-localisation des tâches banales) que d’une véritable dé-centralisation (multiplication des centres de décision) dans la mesure où il y a eu un affinage fonctionnel et une délégation de certaines tâches d’exécution renforçant même la centralité ? 

c- Les schémas d’aménagement 

            Le premier SNAT a été élaboré en 1985 avec les SRAT pour chacune des régions (NE, NO, CE, CO, Sud) dans un contexte de l’Etat développeur. Le scénario de l’équilibre régional, où chaque région retiendrait sa population, a été préconisé avec des métropoles régionales.

            Avec la crise qui s’est déclenché en 1985, la Tunisie a été contrainte d’adopter le PAS, de privatiser l’économie et de supprimer les entraves à l’intégration au libre échange avec en 1996 l’union douanière avec l’Union européenne dont la préparation a duré 12 ans (1996-2008) avec l’habilitation et la mise au niveau des différentes activités.

            Il faut rappeler que le code d’aménagement et d’urbanisme est promulgué seulement en 1994 en pleine crise ? 

            Le second schéma national élaboré entre 1996-1998 a préconisé le nouvel ordre territorial avec une « Tunisie utile » lieu de la métropolisation, les plateformes logistiques, l’investissement rentable et les IDE, les pôles technologiques… Les zones intérieures sont destinées à l’aide que l’Etat va assurer à travers les mécanismes de la redistribution dans cette « Tunisie inutile ».

 2.2 – Une hésitation d’attribution

             L’aménagement du territoire est né en Tunisie dans les interstices de la planification, sorti de l’économie avec un simple service à la fin des années 1960 pour être rattaché à plusieurs Départements avec des va et vient entre l’Equipement, l’agriculture, le Plan, l’environnement ce qui n’est pas sans conséquences sur les attributions, le statut et la finalité même de l’aménagement du territoire. Le développement local relève-il de l’Intérieur ? Pourquoi le terme local a disparu après quelques semaines du label nouveau ministère qui s’occupe du développement régional ? 

2.3 – Un bilan mitigé

            En dépit des réalisations assurées en Tunisie qui ont permis la diffusion des infrastructures, le rééquilibrage territorial, l’affinage du système urbain, la mobilisation des ressources et leur protection, on relève plusieurs faiblesses dont on peut citer : le déséquilibre régional persistant, les déséquilibres des systèmes urbains et la carence de la gouvernance (territoriale). 

a- Le déséquilibre régional 

Il s’exprime à travers la permanence de la carte des niveaux de développement malgré l’amélioration générale du niveau et des conditions de vie (Belhedi A, 1996, 1999).

Il se manifeste par la forte concentration sur la frange littorale à tous les niveaux : 75% de la valeur ajoutée, 95% de l’économie industriel et touristique, 68% de la population, 80% du parc internet, les technopoles, le trafic aérien,… (Belhedi A 2010, 2011). 

            Cette concentration s’est opérée sur la frange littorale, suite à la nationalisation, à la mise en place des pôles de développement dans les années 1960 (AMS de Sousse, Meublatex, textile de Ksar Hellal…), la crise de Bizerte et la reconversion conséquente ; la libéralisation des années 1970 et l’industrie d’exportation de la loi d’avril 1972, les stations touristiques et les infrastructures liées (routes, aéroports), le pôle industriel de Gabes. Dans les années 1980, on a les zones franches de Bizerte et de Zarzis, la station de Yasmine Hammamet, enfin le port et l’aéroport d’Enfidha, les nouveaux projets de Tunis, Hergla, Selloum…

            Cette concentration s’est faite au profit d’un espace de plus en plus circonscrit depuis les années 1980 sous la forme d’un triangle dont les sommets sont Bizerte, Kélibia et Mahdia (Dlala H, 2011) avec un affinage fonctionnel de la Capitale avec des bassins d’emploi au niveau du NE et du Sahel. Cet espace représente plus de 70% de l’investissement. En dehors de ce triangle, plus de grands projets, le pôle chimique n’est plus polarisateur tandis que Sfax se maintient dans un équilibre fragile. 

b- Le déséquilibre des systèmes urbains caractérise le niveau national et régional

- Le déséquilibre concerne le système urbain national avec une carence manifeste des villes moyennes exprimant ainsi la forte centralisation.

             - Le déséquilibre des systèmes urbains régionaux : tous les systèmes urbains, à part celui qui se trouve autour de la capitale, sont touchés par une tare donnée : l’absence d’un centre régional capable de polariser la région, la défaillance de la hiérarchie avec l’absence de certains niveaux, la macrocéphalie du système urbain (Tunis, Sfax, Kairouan), la faiblesse des villes moyennes (Kairouanais…) ou l’absence des petites villes (Kasserine)… 

c- Un vie de circulation focalisée sur le littoral et articulée sur la Capitale tous les réseaux sont basés sur Tunis (le réseau routier, le réseau ferroviaire…) exprimant la forte dépendance du centre. La plupart des réseaux sont basés sur le littoral : routes, rail, ports et aéroports… 

dLa gouvernance locale et régionale est totalement déficiente avec l’absence de la région, la faiblesse du local et la carence des moyens et des outils, la non représentativité des conseils régionaux et locaux, la non municipalisation de la majorité du territoire (statut rural) et l’absence d’institutions inter-communales dans les grandes villes,… 

3- Les enjeux pour la Tunisie 

            Le débat sur la question socio-économique et territoriale reste très limité, voire éludé suite à l’urgence de la question politique et l’absence de programmes des divers acteurs en place (gouvernement de transition, partis politiques…) et ce malgré l’urgence de la question.

            L’ouverture du pays, son insertion dans l’économie-monde et la littoralisation subséquente semblent-elles acquises ? La proximité de l’Europe et la présence d’un « near shore » euro-méditerranéen sont des opportunités non négligeables même si la place de l’Europe est appelée à reculer tandis que la réduction des inégalités régionales apparaît inéluctable ? Voilà la nouvelle problématique de l’aménagement du territoire en Tunisie. Le territoire doit être réhabilité pour devenir un facteur de production, l’objet d’une action volontaire re-structurante. La question territoriale doit être largement débattue sur la place publique pour définir les choix stratégiques. 

Les enjeux de l’aménagement du territoire sont de taille. Il en va de la gouvernance territoriale, ce qu’on appelle de nos jours la géogouvernance, en vogue maintenant notamment dans les pays nordistes. Il s’agit de passer d’un mode de régulation à une gouvernance participative où le territoire devient un lieu de l’exercice de la démocratie. Dans une phase transitoire, il serait difficile de passer d’un rôle de la simple critique auquel était assigné la plupart des acteurs et des citoyens au rôle plus actif de conception et de proposition. La question est très complexe et touche plusieurs sphères mais on se limitera ici aux actions suivantes : 

3.1- Une structure spatiale durable 

On parle d’industrie durable, d’agriculture durable, de tourisme durable, mais on ne doit pas oublier aussi qu’on peut parler de structure spatiale durable. Il s’agit de doter le pays d’une structure territoriale durable, c’est-à-dire économiquement efficiente, socialement viable et écologiquement vivable ; respectueuse des ressources, valorisante des potentialités et des compétences territoriales et anticipatrice tout en assurant une certaine souplesse. Cette durabilité s’appuie en fait sur deux piliers :

*  L’équilibre territorial entre les différentes régions et milieux,

L’équité inter-régionale au nom de la citoyenneté et de la démocratie qui permet à chaque tunisien de vivre en dignité, un des mots d’ordre de la Révolution.

Un cadre de vie vivable dans toutes les régions et les milieux capable de tisser des rapports affectifs avec le milieu, la localité ou la région : créer une image positive du territoire ?

* Un nouveau découpage territorial permettant d’intégrer les espaces côtiers et les régions intérieures rompant avec le schéma en damier et l’opposition Est-Ouest.

* Favoriser la spécificité au niveau local et la diversité et la complémentarité au niveau régional pour pouvoir articuler les échelles spatiales.

* Encourager l’ancrage territorial entre l’entreprise et son espace, les acteurs et leurs localités ou région, la ville et ses territoires tout en favorisant la création de réseaux de villes, les économies de proximité et de connexité donnant lieu à la mise en place de filières et rompant le lien ombilical avec la capitale ou les villes du littoral débouchant sur des économies locales viables et des économies régionales diversifiées. Il s’agit de mettre en place une nouvelle configuration territoriale où la géogouvernance l’emporte à la place du découpage spatial étatique de type vertical au service de l’encadrement et du contrôle partisan et sécuritaire beaucoup plus que du développement et de la liberté. 

3.2- Une démarche à revoir totalement 

Il s’agit d’inverser totalement la démarche qui a été suivie jusque là à travers les processus suivants :

 L’économie de connexité permet de mettre en place des filières, des réseaux

L’économie de proximité pour rompre la dépendance vis-à-vis de la capitale, des villes littorales et intégrer les économies régionales.

Rompre avec le découpage spatial en damier et le clivage littoral-intérieur en articulant les deux types d’espaces dans les mêmes régions.

* Définir les zones d’action prioritaire et les mesures correspondantes à mettre en oeuvre.

Le réalisme et l’opérationnalité au niveau des objectifs fixés, des schémas élaborés et des moyens mis en œuvre en fixant des objectifs de résultats, des contrats par objectifs et des indicateurs de suivi et des feuilles de route.

* Instaurer la forme contractuelle du développement territorial en impliquant tous les acteurs endogènes : contrat de pays, contrat de région, contrat d’entreprise…

* « Think global, Act Local », il s’agit de penser globalement et d’agir localement, ce qui permet de joindre les deux bouts de échelle spatiale et de rallier la conception et l’action à la fois, d’éclairer l’action régionale et locale dans un éclairage national et de garantir une certaine souplesse tenant compte de l’interaction inter-scalaire. 

3.3- La création des institutions appropriées 

Il s’agit de créer des institutions viables et efficaces, capables d’anticipation et adaptées aux problèmes posés :

Créer la région et ses institutions et lui donner les moyens d’intervenir au niveau institutionnel, financier, études et anticipation. Une région n’est pas un simple découpage spatial, elle est avant tout un pouvoir de décision territoriale qu’il faudrait définir, préciser et lui donner les moyens.

Revisiter les attributions du CGDR et des offices de développement dans le sens d’une meilleure coordination entre les différents intervenants sous forme d’un Ministère ou d’une Délégation interministérielle (Aménagement et action territoriale, Aménagement du territoire et développement régional et local, Développement territorial).

* Doter les grandes villes d’institutions de planification urbaine (agences urbaines) et de gestion urbaine (communautés inter-urbaines).

Revoir les attributions et le statut de l’aménagement tant au niveau national que régional dans le sens d’un rôle accru de coordination et de gouvernance territoriale.

Permettre aux collectivités de se prendre en charge à travers les conseils locaux et régionaux élus démocratiquement de nature à mettre la question de l’aménagement du territoire dans le débat public, les doter des moyens d’action au niveau institutionnel, financier et foncier.

Revisiter totalement le système fiscal, notamment la fiscalité locale pour doter les communautés territoriales des moyens adéquats sur la base de l’équité et de la solidarité territoriales tout en incitant les dynamiques locales (industrie, tourisme…). Une péréquation territoriale doit être établie pour doter les collectivités territoriales (locales, régionales), l’Etat, en favorisant la solidarité territoriale à travers les mécanismes de transfert spatial des communes créatrices de richesses vers les communes démunies.

La décentralisation constitue la seule garantie d’un développement régional et local efficaces et opératoires permettant un développement ascendant « Bottom-Up » et non « Top-Down » qui émane des collectivités territoriales qui le prennent en charge selon un processus participatif assurant la gouvernance territoriale. 

3.4- Un découpage territorial souple et évolutif 

Il s’agit de mettre en œuvre une découpage spatial stable et évolutif à la fois permettant la comparabilité et le passage d’une échelle à une autre par simple recomposition :

Municipalisation totale du territoire avec des communes rurales et des communes urbaines

Stabilisation du découpage territoire avec des unités spatiales de base (USB), individualisées et indivisibles, fixes dont la recomposition donne lieu à toutes les autres unités (zone, secteur, délégation, gouvernorat, région). 

3.5Une loi d’orientation générale pour l’aménagement et le développement territorial 

Il s’agit de doter le pays d’une loi d’orientation généralequi fixe les principes généraux, les choix stratégiques et d’intérêt général en matière d’aménagement :

Favoriser la solidarité territoriale tout en incitant la compétitivité inter-régionale et en profitant des incitations internationales.

* Etablir une feuille de route pour réduire les inégalités et les déséquilibres sans casser la dynamique des espaces en forte croissance.

Préserver les ressources et le patrimoine dans une optique de durabilité : agriculture, industrie, tourisme, espace, paysages, culture….

* L’équilibre territorial n’existe qu’à travers l’équilibre des pouvoirs, il s’agit de procéder à une redistribution des compétences, des moyens et des tâches et des moyens entre les différents acteurs. La démocratie locale n’existe pas sans ce partage mais la décentralisation n’a pas de sens sans une nouvelle négociation des pouvoirs (central, régional, local).

* L’aménagement autant la démocratie concernent toutes les échelles spatiales et on peut aisément concevoir des conseils élus au niveau trois niveaux supplémentaires : la délégation, le gouvernorat et la région en plus des communes et du niveau national. Toutes les démocraties du monde s’appuient sur trois échelons au moins : le communal, le local (délégation), le sous-régional (gouvernorat) et le régional (à créer en Tunisie) parallèlement aux représentants du pouvoir central qui se chargent désormais de l’exécution, du suivi, du contrôle et de gestion alors que la décision, la conception relèvent plutôt des instances représentatives

* Elaborer un nouveau Code d’aménagement territorial qui tiendrait compte de l’évolution de la société tunisienne, de l’émergence du niveau local et de la démocratie locale à instaurer. 

3.6- les deux piliers de la reconstruction territoriale 

            Les deux piliers de la (re-)construction territoriale sont la coordination des acteurs et les ressources territoriales en termes de spécificités-différenciation et d’ancrage (Lamara H 2009) dans le sens où le territoire est auto-produit par une régulation locale des acteurs, il est cet espace affecté par les stratégies de développement. Il devient même, après l’entreprise, le support de l’innovation et du développement face au système post-fordiste et à la mondialisation. Pour cela, encore faut-il permettre aux acteurs locaux d’exister, de pouvoir agir et de participer à la gouvernance territoriale. Il s’agit de décentrer les pouvoirs pour instituer le territoire comme un construit collectif institutionnel (densité) et un lieu de production de ressource où la proximité et la connexité (géographique, institutionnelle, sociale, organisationnelle) sont fondamentales. 

            Le problème de l’aménagement du territoire, est loin d’être un problème technique ou de découpage, il est d’essence politique où il s’agit d’une question du pouvoir (institutions, moyens d’action, gouvernance). La décentralisation n’est pas un but en soi, elle est un moyen d’atteindre la démocratie qui est avant tout locale, dans la mesure où elle touche le quotidien du citoyen, la sphère matérielle de l’habitat et du travail, du quartier et de la ville. La décentralisation est elle-même un arbitrage entre le pouvoir central, le niveau régional et local. Encore-faut-il que les différents acteurs soient à un niveau tel qui leur permet de (re-)négocier leur place, leur rôle et leur statut alors que négocier exige déjà une légitimité et un minimum de pouvoir?

            Faut-il rappeler l’adage qui dit que « ce qui est fait pour moi, sans moi, est contre moi ». Ne faut-il pas aller plus loin que la décentralisation et poser la question du partage du pouvoir à un moment critique de l’avenir du pays. Cette question si elle ne sera pas inscrite dans la Constitution, elle risquera de rester un veux pieux comme tant d’autres.

            Même dans un contexte de pénurie totale de moyens ou d’institutions, la décentralisation permettait toujours aux collectivités et aux citoyens de s’exprimer et de participer à la chose publique ; de formuler et de revendiquer les requêtes et les besoins, enfin d’exiger les droits. C’est déjà un pas !

            Enfin, la Tunisie connait maintenant une étape décisive et critique de son avenir, c’est actuellement que les grandes lignes sont en train de se mettre en place. Il faudrait être conscient que si la démocratie territoriale (locale et régionale) n’est pas inscrite dans la Constitution, il faudrait attendre probablement des siècles ? 

Références

 

Belhedi A – 1978 : Politique et aménagement urbain. Journée d’étude de l’AGT, FLSH, Tunis

Belhedi A – 1992 : L’aménagement du territoire en Tunisie. PUT, FSHS.

Belhedi A – 1995 : « L’aménagement du territoire entre le discours et la pratique ». Revue Tunisienne de Géographie, 27, p.9-36.

Belhedi A – 1999 : « Les niveaux de développement en Tunisie : analyses comparatives de 3 méthodes classificatoires ». Revue Tunisienne de Sciences Sociales, 119. pp. 11-38

Belhedi A – 2010 : « Le mouvement moderniste et la question spatiale ». Projet de Renouvellement du mouvement moderniste tunisien, ACMACO. A paraître en 2011.

Belhedi A – 2011 : « La dimension spatiale de la Révolution tunisienne ». Communication dans plusieurs tribunes.

Brunet R et al – 1993 : Les mots de la Géographie. Doc Fr.

DAT – 1968 : La région minière. Groupe Huit

DAT – 1971 : Villes et développement. Groupe Huit

DAT – 1976 : Décentralisation industrielle. Groupe Huit

Dlala H – 2011 : « L’urgence d’une réflexion collective sur le développement et l’aménagement du territoire tunisien ». La Presse, Opinions, page 6, 11/04/2011.

Grawitz M – 2000 : Lexique des Sciences sociales. Dalloz Campus, 2000, 7° édition

Lacoste Y – 2007 - Dictionnaire de Géographie. A Colin, Coll. U

Lamara H – 2009 : « Les deux piliers de la construction territoriale : coordination des acteurs et ressources territoriales ». Développement durable et territoires,

http://developpementdurable.revue.org/8208

Lamour Ph – 1967 : 60 millions de français, Buchet/Chastel, Paris, p. 287-288

Langumier J-F, 1974. « Vers la fin du fétichisme de la ville », in Projet, 83, p.288

Lévy J et Lussault – M 2003 : Dictionnaire de Géographie et des espaces de la société. Belin,

Santos M – 1989 : Espace et méthode. Publisud, 124p ;


[1] La croissance est différentielle, elle se manifeste à certains points précis de l’espace et se diffuse par la suite par un mécanisme d’interdépendance technique (sectorielle) et spatiale créant en première phase une aggravation des écarts et des déséquilibres. Cf. F. Perroux, L’économie du XX° siècle, J Boudeville : 1968 : Polarisation et aménagement du territoire.

[2] Autant cette loi a octroyé à la commune des prérogatives importantes, autant elle lui a ôté certaines tâches qui ont été confiées aux agences et offices et consacré la tutelle du Ministère de tutelle et de l’Equipement en matière d’aménagement de l’espace communal.

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التنمية الجهوية

Posté par amorbelhedi le 13 mai 2011

                                         التنمية الجهوية بعد الثورة. الواقع والآفـــــــاق
                                       

                                                                                                                 عمر بالهادي 


مداخلة في مقر حركة الديمقراطيين الاشتراكيين – الجمعة 13 مـاي 2011 – الساعة 16

 

        للتنمية الجهوية والمحليى إهمية بالغة ولقد كان البعد المجالي واضحا جليا في الثورة التونسية من حيث المنطلق والمسار ويشكل في الآن نفسه محددا أمآلها ولمستقبل البلادا القريب والبعيد. 

1 – المنطلق والحصيلة   

أ – من اختلال إلى آخر 

        تميزت البلاد التونسية قبيل الاستقلال باختلال التوازن الجهوي أوالإقليمي بين الشمال من جهة والوسط والجنوب من جهة ثانية وذلك نتيجة العوامل الطبيعية أساسا (المناخ، التربة…) والاستعمار بالخصوص حيث تركزت الجالية الأوروبية بأخصب الأراضي الفلاحية بالشمال وبأهم المدن في الوقت الذي اقتصر فيه توطن هذه الجالية على بعض الضيعات في الوسط والجنوب أو في الحوض المنجمي. وقد ركز التقرير الاقتصادي والاجتماعي للاتحاد العام التونسي للشغل سنة 1956 على هذه الظاهرة وقدم في هذا الصدد بعض الاقتراحات لدمج التراب التونسي تم اعتماد جزء هام من هذا البرنامج في ما بعد في إطار التجربة التعاضدية خلال الستينات عندما أصبح الأمين العام للمنظمة كاتب دولة للتخطيط والفلاحة والاقتصاد. 

        أما اليوم فإننا نلاحظ أن أكبر اختلال مجالي يوجد بين السواحل والدواخل بالإضافة إلى ذلك التفاوت الموجود بين المدن والأرياف أو بين مختلف المناطق داخل الولاية الواحدة. هذا الاختلال الجهوي يعد السمة المميزة لدولة الاستقلال وهي أساسا نتيجة مقاربة مخطئة للتنمية الترابية.

        وبداية من التسعينات نلاحظ انحسارا أكبر للمجال الاقتصادي التونسي داخل مثلث يضم كلا من الشمال الشرقي والساحل يربط بين بنزرت والمهدية وقليبية بتوازي مع التراجع النسبي لباقي المناطق الساحلية وتنقية وظيفية للعاصمة تونس لفائدة هذه الواجهة الساحلية. 

ب – الحصيلة : التركز الساحلي 

        1- تمثل الواجهة الساحلية الشرقية أهم منطقة يتركز فيها السكان والتجهيزات والاقتصاد والثروة.

-   68،4% من السكان مع نسب نمو تفوق المعدل الوطني (1.21% سنويا منذ 1984).

-                51% من المناطق السقوي، 60% من الانتاج والصادرات الفلاحية

-                94% من الشغل الصناعي والسياحي

-                75% من القيمة المضافة

-                67% من السيارات و86،4% من حواسيب نوادي الانترنات…

-                 أعلى مستويات الإنفاق الأسري 

هذا الشريط تميز باستقطاب السكان والهجرة منذ الاستقلال حيث يمثل منطقة مستقطبة للسكان النازحين والمهاجرين من أرياف ومدن المناطق الداخلية. فالسواحل كانت تمثل %64,7 من السكان سنة 1956 وهي تمثل اليوم ما يزيد عن %68.4.

أما نسبة سكان الحضر فتزيد عن ذلك بكثير لارتفاع نسب التحضر بالسواحل، فهي تضم أهم المدن وأكثرها دينامية ديمغرافية واقتصادية : فعلى مجموع 26 مدينة الأولى نجد  أن 23 تتجاوز نسبة نموها بين 1994-2004 المعدل الوطني خلافا لللدواخل التي نجد فيها 22 من بين 26 مدينة نسب نموها دون المعدل الوطني (1,2). في هذا الشريط الساحلي تحتل العاصمة مكانة متميزة من حيث الوزن والوظيفة. 

ج – أهمية العاصمة 

تحتل العاصمة تونس مكانة هامة في هذا الشريط الساحلي حيث تمثل أهم قطب اقتصادي وتجمع سكاني.

-                %23 من السكان و%33.6 من سكان المدن

-                43% من عدد الطلبة و52% من مخابر البحث، 47,5% من حواسيب نوادي الانترنات

-                35.5% من الشغل الصناعي و56% من المؤسسات الجديدة سنة 2009 

وقد تدعمت مكانة العاصمة ديمغرافيا منذ الاستقلال حيث مرت من % 16 من السكان سنة 1956 لتصل إلى %20.8 سنة 1984 و%23 سنة 2004. أما اقتصاديا فإننا نلاحظ أنه رغم تخفيف التركز على العاصمة وتطور المناطق الأخرى لا تزال العاصمة تحافظ على نسب هامة من النشاط الاقتصادي حيث تمثل أكبر قطب للهجرة منذ الاستقلال دون انقطاع ومركز تسيير اقتصادي لا نجد بجانبه إلا مدينتي صفاقس وسوسة في مراتب بعيدة جدا. هناك عملية تنقية وظيفية للنسيج الاقتصادي لفائدة الواجهة الساحلية وخاصة الشمال الشرقي ومنطقة الساحل في الوقت الذي أصبحت تحتكر فيه العاصمة الأنشطة العصرية والمتطورة تكنولوجيا. 

د – المناطق الداخلية 

        في هذا الإطار نجد أن المناطق الداخلية لا تمثل إلا نسبة محدودة من النشاط الاقتصادي والتجهيزات والمرافق رغم شساعة الرقعة الترابية وأهمية السكان.

تمثل المناطق الداخلية مناطق مهمشة بحكم الاختيارات المتبعة منذ الاستقلال ولقد تتالت الأزمات منذ فترة انطلاقا من أزمة الحوض المنجمي سنة 2008 التي نجح النظام القائم في محاصرتها مجاليا آنذاك إلى القصرين و بن قردان في أوت 2010 .

في هذا الإطار تتفاوت مكانة مختلف المناطق الداخلية حيث نجد أن الوسط الغربي يمثل أقلها تطورا ويأتي قبل الشمال الغربي والجنوب الغربي وليس من باب الصدفة أن تنطلق الثورة من الوسط الغربي. 

هــ – الوسط الغربي : منطلق الثورة ؟ 

يمثل الوسط الغربي منذ نهاية الثمانينات أكبر منطقة مهجرة أصبحت تحتل الصدارة من حيث الهجرة قبل الشمال الغربي الذي كان يحتل هذه المرتبة إلى حدود الثمانينات؟

فالهياكل الاجتماعية (نسبة الخصوبة ونسب النمو الطبيعي) والروابط الأسرية (أهمية الأسرة الممتدة والروابط العروشية والقبلية) ساهمت إلى حد كبير بجانب الجانب العقاري المتمثل في أهمية الأراضي الجماعية، كلها عوامل ساهمت في شد السكان حتي إلى فترة قريبة. لكن توزيع الأراضي الجماعية وتدني مستوى الدخل أديا إلى تدفق الهجرة نحو السواحل خاصة الوسط الشرقي أو القطر الليبي. 

مستوى الإنفاق الفردي في السنة حسب المناطق 1975- 2004 (د) 

1975

1990

2005                          

الشمال الغربي

242

509

1138

الوسط الغربي

475

501

1416

القطر

475

1007

2390

         فالمناطق الغربية وبدرجة ثانية الجنوبية، تتميز بأهمية الفلاحة الممتدة وأهمية الوظيف والبطالة بالإضافة إلى        انخفاض مستوى التحضر وأهمية تشتت السكن بالأرياف مما يطرح إشكالية التنمية بحدة في هذه المناطق راهنا ومستقبلا. 

هذا الوضع جاء نتيجة المقاربة المتبعة والاختيارات المعتمدة على مستوى التنمية الترابية منذ الاستقلال. 

2 – المقاربة والإختيارات 

        لقد كان لحركة التحرر ضد الاستعمار ولبناء الدولة الحديثة بعد الاستقلال  دور في إعطاء الأولوية المطلقة للجانب الاقتصادي وتركيز السلطة.   

 أ - أولوية البعد الاقتصادي : بناء الاقتصاد الوطني

         تمثلت المقاربة المعتمدة أساسا في أولوية البعد الاقتصادي في بناء الدولة الحديثة مما أدى إلى اعتبار النمو كهدف أساسي » للحاق بركب الأمم المتقدمة » ومن ثم اختيار المناطق التي تؤمن ذلك لتوطين مختلف المشاريع. النتيجة الحتمية كانت التركيز على المناطق المحضوضة آنذاك وتركز الاستثمار بها بصفة مبرمجة أو عفوية : % 60 من الاستثمار العمومي و80% من الاستثمار الخاص في المناطق الساحلية. 

من الاندماج الترابي إلى الاندراج في العولمة 

        يمكن القول هنا أن توجهات الدولة خلال الستينات كانت في اتجاه الاندماج الترابي للقطر وبعث أقطاب تنموية في الداخل تمثلت في معامل تكرير السكر بباجة وورق الحلفاء بالقصرين والصوف بالحاجب ومواد البناء بالحامة وجمال. لكن حتمية تعويض الصناعات الموردة وتأميم الصناعات الاستعمارية وأزمة بنزرت مع الجلاء كلها عوامل أدت إلى تدعيم الشريط الساحلي (تونس، صناعات بنزرت ومنزل بورقيبة، المعامل الميكانكية بالساحل، موبلتيكس بالمنستير، صناعات النسيج بقصر هلال، الفوسفاط بصفاقس). من جهة أخرى، أدى إنشاء المناطق السياحية والمطارات والتجهيزات المصاحبة لها بكل من الحمامات – نابل وسوسة – المنستير وجربة – جرجيس إلى تعزيز الشريط الساحلي. هذه الانجازات أدت إلى جعل الشريط الساحلي منطقة استقطاب جعلت من العاصمة والساحل والوطن القبلي مناطق جذب سكاني واقتصادي.

        خلال السبعينات، جاءت الصناعات التصديرية الخاضعة لقانون 1972 والتي غزت جل المدن الساحلية في الوقت الذي ساعد فيه الانفتاح على إرساء اقتصاد تخارجي عززه بعث المركب الكيميائي بقابس والميناء.

        أما خلال الثمانينات والتسعينات فنجد الطرق السيارة والمناطق الحرة بكل من بنزرت وجرجيس والمحطة السياحية بالقنطاوي ثم الياسمين-الحمامات والمنطقة السياحية بالمهدية. أخيرا، نجد كل المشاريع المنجزة أو بصدد الانجاز أو الدراسة خلال العقدين الأخيرين مثل ضفاف البحيرة بتونس العاصمة، المحطات السياحية بهرقلة والسلوم، مطار وميناء النفيظة، كل البرامج بالعاصمة (سماء دبي، المرسى المالي…) وكذلك الجامعات والأقطاب التكنولوجية.

        أما في الداخل فإن تدخل الدولة اقتصر على بعض المشاريع المحدودة أو التي تم العدول عنها لاحقا كالمحطة السياحية بطبرقة، الاسمنت الأبيض بالشمال الغربي، المركب الكيميائي بقفصة والمطار، السياحة الصحراوية بتوزر… 

        كان المخطط السادس أول مخطط يخصص فصلا كاملا للتنمية الجهوية قد تم في إطاره بعث المندوبية العامة للتنمية الجهوية التي تولت إعداد خريطة الأولويات الجهوية سنة 1982 وبرنامج التنمية الريفية المندمجة وأمثلة الجهوية للتنمية لكل من الشمال والوسط الغربيين والجنوب. 

        لقد حضي التخطيطي الاقتصادي والقطاعي بأولوية واضحة خلافا للتخطيط المجالي والترابي الذي بقي في درجة ثانوية من حيث الدور والمهام وانعكس ذلك بشكل واضح على مستوى التنمية الترابية. 

في التهيئة الترابية : عدم وضوح الرؤيا 

        كان للتجربة التعاضدية الأثر البالغ في اندلاع موجة جديدة للنزوح والهجرة نحو المدن والعاصمة أساسا خلال النصف الثاني من الستينات وبداية السبعينات مما جعل المدن تسجل نسب نمو مرتفعة جدا ودفع السلط للقيام بدراسة عامة  » الوحدات الحضرية 1969، المدن والتنمية 1973″ وعدة دراسات شملت أهم المدن كتونس وصفاقس وسوسة وقابس مع بداية السبعينات للتحكم في النمو الحضري وتلبية الحاجيات من خلال التجهيزات والمرافق. أما القانون الأساسي للبلديات فيرجع إلى سنة 1975. وكانت أولى أمثلة التهيئة العمرانية مع نهاية السبعينات (تونس، صفاقس…) ولم توضع مجلة التعمير إلا في سنة 1979 في الوقت الذي كانت فيه التهيئة الترابية غائبة وعلينا أن نترقب سنة 1994 للمصادقة على مجلة التهيئة الترابية والتعمير.  

        في سنة 1985 تم إعداد المثال الأول للتهيئة الترابية الذي اعتمد التوازن الجهوي كاختيار جعل من كل منطقة تعتمد على ذاتها لشد سكانها لكن الأزمة التي عرفتها البلاد أجبرتها على التخلي عن جل المشاريع التي كانت مبرمجة آنذاك وإتباع برنامج الإصلاح الهيكلي والاندراج في العولمة من بابها الكبير من خلال الاتفاقية القمرقية مع الاتحاد الأوروبي سنة 1996 وتأهيل الاقتصاد الوطني طيلة 12 سنة (1996-2008) ليكون جاهزا سنة 2008 التي مثلت في الواقع سنة انطلاق الأزمة من جديد بداية من الحوض المنجمي.  

        في هذا الإطار تم إعداد المثال الثاني للتهيئة الترابية لسنة 1996- 1998 الذي اندرج كليا في سياسة الانفتاح وتخلي الدولة الراعية عن مهمتها وخصخصة المؤسسات العمومية غير الإستراتيجية (؟) أو غير المربحة (؟) كمعامل الاسمنت، والإتصالات… هذا المثال اعتمد تقسيم البلاد التونسية إلى قسم ناجع ومؤهل لإستقطاب الأنشطة الإقتصادية حول حواضر جهوية والتجهيزات الأساسية يتمثل في الشريط الساحلي وقسم آخر قدره الإعانة والمعونة والدولة تتعده من خلال إعادة التوزيع والبرامج الإجتماعية بالمناطق الداخلية. ومن حسن الحظ أنه لم تقع المصادقة على هذا المثال التوجيهي أو المديري للتهيئة نظرا للتبعات السياسية المنجرة عنه. في الواقع نلاحظ أن جزءا هاما من التوجهات تم فعلا اعتمادها بصفة غير مباشرة وهو ما سارت عليه دائما السلطة.    

        من ناحية ثانية، نجد أن إدارة التهيئة كانت في البداية تابعة للإقتصاد الوطني مع بداية السبعينات وتم إلحاقها في ما بعد بالتجهيز ثم ب التخطيط مع نهاية الثمانينات ومن جديد بالفلاحة ثم بالبيئة وأخيرا بالتحهيز. هذا التردد وهذه الضبابية تعكسان في الواقع خدم وضوح الرؤيا على مستوى المهام والدور والانتماء. 

ب – مركزية الاستثمار ودور الدولة 

        المتمعن في المعطيات يجد هناك علاقة متينة بين الاستثمار وجل المؤشرات الاقتصادية ومستوى المرافق الاجتماعية من جهة، بين مستوى الاستثمار والتشغيل من جهة ثانية، بين الاستثمار العمومي (الدولة) والاستثمار الخاص وأخيرا بين حجم الاستثمار الجهوي في فترة ما وحجمه في الفترة اللاحقة؟ هناك إذن حلقة محددة تديرها الدولة وتعتبر المفتاح لكل عملية تنموية. 

ج – تغييب الجانب السياسي: غياب الجماعات الترابية 

        لقد وقع تغييب البعد السياسي وذلك لبناء الدولة الحديثة التي قامت على تدمير كل السلط الأخرى وتغييبها وحتى العمل على حذف أسماء الولايات التي ترمز إلى انتماءات ترابية جهوية مثل نفزاوة، الجريد أو الوطن القبلي التي تواجدت في السنوات الأولى من الاستقلال. فأسماء الولايات ترتبط بمراكزها فقط (ولاية بنزرت، ولاية الكاف…). كان هذا في البداية له تبرير تمثل في القضاء على العروشية والقبلية لكن لا نجد له تفسيرا بعد عدة عقود حاصة وان الحزب الحاكم استغل الانتماء العروشي والقبلي في جل المناسبات السياسية؟   
        في هذا الاطار سعت السلطة المركزية إلى تعزيز وجودها في المناطق من خلال تنظيم مجالي عمودي لا مجال فيه لسلطة أخرى. فمجلس الولاية لم يحدث إلا سنة 1963 تحت إشراف الوالي الذي يعد ممثل رئيس الدولة في الولاية. في سنة 1989 تم إحداث المجالس الجهوية للتنمية التي تضم نواب الولاية ورؤساء البلديات وممثلي المصالح الجهوية وبالتالي كانت هذه المجالس تمثل لونا واحدا هي الدولة-الحزب الحاكم مع نسبة محدودة لأحزاب الموالاة في الفترة الأخيرة (قانون جويلية 2010 الذي مكن هذه المعارضة من التدرج من 7 إلى 22 بالمائة).

أما المجالس المحلية فكانت تضم رؤساء البلديات مع العمد المعينين تحت رئاسة المعتمد في حين أن المجالس القروية تضم 5-6 أعضاء معينين تحت رئاسة العمدة. 

        فلا وجود لتمثيل حقيقي للسكان لا على مستوى الولاية أو المعتمدية أو الجهة التي لا وجود لها بالبلاد التونسية وهو مستوى لا بد من خلقه ليكون مجالا للتنمية الجهوية والتهيئة الترابية على المستوى الاقليمي. هذه المؤسسات لا بد أن يضمنها الدستور لتكون سلطة ممثلة وكذلك لتشكل سلطة مضادة تعدل من طغيان وزيغ السلطة المركزية بجانب الأحزاب والمجتمع المدني.

د – البعد الاجتماعي : التعديل، التأطير والإحتواء 

        في هذا الإطار كان الطابع الاجتماعي والسياسي يميزان جل البرامج التنموية لتعديل الدورة الاقتصادية والتخفيف من حدة الأزمات المحلية والجهوية وتقليص الفوارق ولو بصفة محدودة بين المدن والأرياف والحد من النزوح. فكان برنامج التنمية الريفية سنة 1973 لتثبيت السكان في الأرياف وكان بعد ذلك برنامج التنمية الريفية المندمجة ثم الحضرية المندمجة وكذلك برامج التنمية الجهوية سنة 1987 التي ليس فيها من الجهوي سوى قاعدة التوزيع بين الولايات. فجل البرامج تتسم بعدم الاندماج ولها طابع قطاعي وتحمل في طياتها معالجة تقنية لمسألة التنمية المحلية والجهوية : عملية نثر لبرامج قطاعية دون أي أدنى تنسيق في الزمان والمكان ومن حيث الارتباط التقني بين مختلف العمليات المبرمجة من طرف الوزارات كل على حدة تجمع بين روضة الأطفال وجزء من مسلف فلاحي وقاعة علاج وحديقة…؟ 

ه – محدودية المشروع والمجهود 

         لم  تسجل برامج اللامركزية إلا بعض الحالات المحدودة من خلال المؤسسات التي حولت مقراتها الاجتماعية مثل شركة فوسفاط قفصة أو ميبلاتكس أو المركب الكيميائي. 

كما أن سياسة تخفيف التمركز فقد استفادت منها المناطق البينية والوسطى التي توجد في الحزام الثالث أساسا في الوقت التي لم تستقطب فيه المناطق الطرفية والولايات الحدودية إلا نسبة محدودة جدا رغم كل الامتيازات الممنوحة منذ بعث صندوق اللامركزية الصناعية سنة 1977 (Foprodi) وقوانين 1981 و1987 ومجلة الاستثمارات سنة 1993 وكل النصوص اللاحقة لتحديد مناطق التنمية ذات الأولوية إلى حدود 2010. 

أما فبرامج التنمية الجهوية (PRD) لا تتجاوز %11 بالمائة من الاستثمار العمومي و%5.2 من إجمالي الاستثمار. فهل بهذه النسب تسوى مسألة التنمية الجهوية والمحلية؟ 

3 – النتيجة : ثنائية الإقصاء والمطلبية والنضال 

        يمكن أن نتبين من خلال ما سبق أن هناك ثنائية مجالية على مستوى الإقصاء والمطلبية مما يجعل الملائمة بينهما عملية معقدة وتحدد مستقبل الثورة والبلاد.

أ – من جهة نجد أن السواحل والمدن الكبيرة والمتوسطة (خاصة الصناعية والسياحية منها) تتمتع باقتصاد متنوع ومتطور وتمتلك شريحة اجتماعية متوسطة هامة وقع تهميشها على المستوى السياسي أساسا. من هذا المنطلق نجد أن المطلب الأساسي يتمثل في المشاركة السياسية والديمقراطية والحرية وكذلك المطلبية المهنية التي تفاقمت بصفة ملحوظة بعد الثورة سواء كانت موجهة أو عفوية وغير مؤطرة تماما.

ب – من جهة ثانية نجد المناطق الداخلية والريفية وبعض المناطق الفقيرة بالسواحل التي تعيش بالإضافة إلى التهميش السياسي تهميشا آخر أكثر ضراوة وأكبر وقعا يتمثل في الإقصاء الاجتماعي والاقتصادي بالأساس بالإضافة إلى الجانب السياسي. من هذا المنطلق نجد أن المطلب الأساسي يتمثل في التشغيل والتنمية والحد من الفساد. 

هذه الثنائية الإقصائية أنتجت ثنائية مطلبية ونضالية تتمثل في النضال السياسي-الإيديولوجي من ناحية والنضال الاجتماعي-الاقتصادي من جهة أخرى. فمطلب الفئات الشعبية رافقه ولو بصفة متأخرة وأطره المطلب السياسي للشرائح المتوسطة والنخب التي  تكون ربما استحوذت على الثورة من خلال التأطير الايديولوجي وإعطاء الأولوية للجانب الحزبي والإيديولوجي والانتخابي والقانوني على حساب البعد الاقتصادي والتنموي والاجتماعي.

هذه الثنائية نجدها كذلك في مسار الثورة حيث نرى أن قافلة الكرامة التي انطلقت من الدواخل ردت عليها قوافل التضامن والاعتراف من السواحل وأساسا من العاصمة. وأن إعتصامات القصبة مثلت المراحل الفارقة في مسار الثورة وساهمت في تجذيرها رغم تردد النخب والمجتمع السياسي إزاءها وحتى رفضها في البداية من جهة أخرى مع الالتفاف عليها في ما بعد. فنلاحظ إلى حد اليوم أن الجانب السياسي لا يزال طاغيا على الساحة على مستوى النقاشات في الصحف والأحزاب والهيئة العليا ووسائل الإعلام ربما نظرا لما تتطلبه المرحلة الراهنة ولضغط الزمن المرتبط بالانتخابات وبموعد 24 جويلية 2011 في الوقت الذي نجد فيه أن البعد التنموي والاقتصادي يكاد يكون مغيبا تماما. هذا الوضع ينذر بالخطر نظرا لأهمية البعد الجهوي والترابي في صيرورة الثورة والذي كان قداحة الثورة التي انطلقت من أكثر المناطق فقرا وأقلها نموا على الإطلاق وعلى كل المستويات. 

4 – تونس في مفترق الطرق 

لقد بينت العديد من الدراسات في العالم أن التنمية الجهوية والهيكلة الترابية تكاد تكون مستحيلة عندما تكون هذه المؤشرات ضعيفة أو مرتفعة وذلك لمحدودية الموارد في الحالة الأولى وصعوبة المسألة في الحالة الثانية. فالحالة الوسطى تمثل المرحلة المواتية للعمل الجهوي وتغيير البنى التحتية والترابية.

فالبلاد التونسية توجد منذ الثمانينات في هذه المرحلة  التي تمثل مرحلة حرجة وفارقة بالنسبة إلى التنمية الجهوية والتهيئة الترابية حيث تتميز:

-                بمستوى دخل متوسط

-                نسبة تحضر مرتفعة تجاوزت 50 بالمائة منذ 1975 وتفوق اليوم ثلثي السكان

-                نسبة تشغيل صناعي متوسطة تتراوح بين 15 و20 بالمائة

-                نسبة تمدرس مرتفعة 

 كما تجدر الإشارة إلى أن التنمية الجهوية تخدم المصلحة الوطنية بصفة غير مباشرة فوجود بنية ترابية متوازنة يضمن تجنب المخاطر الداخلية والخارجية والتأقلم مع جل الظروف الاقتصادية ويضمن التنمية المستدامة التي لا تتوفر إلا بتوفر بنية مجالية مستدامة، تفتح باب المستقبل على مصراعية ولا تستجيب فقط لمقتضيات الظرف الراهن والمدى القصير. 

II – التنمية الترابية ومقوماتها

1 – التنمية الترابية 

        تتمثل التنمية الترابية عامة والجهوية أو المحلية خصوصا في تطور الثروة من خلال ارتفاع الأجور والمداخيل للأفراد والمؤسسات وتطور الإنتاج المادي واللامادي للمجتمع وهو ما يتمثل في النمو. هذا النمو يفضي في مرحلة لاحقة إلى تحول نوعي هيكلي للتركيبة الاجتماعية والذهنية والسلوكية و إلى تطور المرافق والتجهيزات الاجتماعية والاقتصادية تتمثل في التقدم والحداثة. 

هذه العملية تتطلب الاعتماد على الذات أساسا ولو بنسبة محدودة مما يتطلب توفر مقومات الاستقلالية كالسلطة والمؤسسات والتمويل مما يضمن الاستدامة التي تمثل شرطا أساسيا من شروط التنمية والتي تجعلنا اليوم نتحدث أكثر من قبل عن التنمية المستدامة. 

فالتنمية الترابية عامة سواء كانت جهوية أو محلية أو وطنية تتطلب وجود جماعة ترابية ممثلة للسكان تسهر على شؤونهم وتمكنهم من المساهمة الفعلية في تصور واقعهم وتحديد مستقبلهم بصفة تشاركية في إطار المواطنة والإنصاف والديمقراطية. 

2 – الجماعة الترابية 

        هي جماعة ممثلة لسكان منطقة محددة تدير شؤونها وتتمتع باستقلالية نسبية وبموارد مالية تمكنها من تصريف أعمالها والتدخل في كل الجوانب التي تهم المجموعة. ويمكن أن نتبين في هذا الإطار عدة مستويات ترابية تتدرج من البلدية إلى المعتمدية والولاية والجهة أو الإقليم.

وتجدر الإشارة إلى أن المستوى الإقليمي غير موجود بالبلاد التونسية في الوقت الذي نجده في جل البلدان الديمقراطية (فرنسا، أسبانيا…) بالإضافة إلى البلدان الفيدرالية (الولايات المتحدة، ألمانيا، البرازيل، الهند…) التي نجد بها من 3 إلى 4 مستويات ترابية تسيرها هيئات منتخبة وتتمتع بصلاحيات واسعة وبإمكانيات تتماشى معها . 

3 – أهداف التنمية الترابية 

        تتلخص أهداف التنمية الترابية في عدة أهداف نذكر منها فقط : التوازن المجالي، المواطنة، الديمقراطية والحوكمة.

        أ – التوازن المجالي : يتمثل في العمل على إيجاد بنية ترابية متوازنة قابلة للتأقلم مع جل الظروف الخارجية والداخلية. هذه البنية المتوازنة تتمثل في توزيع معتدل للسكان والمدن والأنشطة الاقتصادية والتجهيزات الأساسية بشكل يضمن تنمية كل أرجاء القطر بشكل متكافئ ومعتدل في كل الظروف الاقتصادية والسياسية الدولية والجهوية. فالتنمية المتوازنة تمثل هدفا في حد ذاتها على المستوى الوطني وتخدم المصلحة العليا للوطن بدرجة أولى وبغض الطرف عن مصلحة كل جهة على حدة. فالمناطق الحدودية يجب أن تحضى بعناية خاصة لدعم المدن والتجهيزات وربط مختلف المناطق ببعضها بغض الطرف عن فتح الحدود على البلدان الشقيقة من دونها أو قيام السوق المغاربية من عدمها. فالهاجس الأمني الذي كان قائما والذي يفسر نوعا ما التهميش الحاصل من الجهتين يجب أن ينقلب إلى هاجس أمني من نوع جديد يتمثل في تحقيق التنمية بهذه المناطق لتكون صمام الأمان. 

        ب – المواطنة : تتمثل في الإنصاف بين الأفراد والمناطق والحد من الفوارق من خلال خارطة للطريق واضحة بشكل يضمن التنمية التضامنية. فالمواطنة تعني الانتماء إلى نفس الوطن وتفرض المساواة في التعامل بين كل المناطق وتمكينها من نفس الحظوظ.  فبالإضافة إلى الحقوق الأساسية التقليدية كالغذاء والصحة والتعليم والتنقل نجد أن دائرة الحقوق لا تنفك تتوسع لتضم حقوق إضافية تتمثل في الحق في التنمية والمساهمة في الشأن العام والمشاركة في كل ما يهم المجموعة. فالمساواة بين الأفراد تفرض وجوبا المساواة بين المناطق وهو ما يفرض تمشيا توافقيا يقبله الجميع من خلال التشاركية والحوار. 

        ج – التضامن الترابي بين مختلف الجهات : ينبع من منطق مواطني يرتكز على الانتماء إلى نفس الوطن ومن هذا المنطلق على الحق والواجب وليس من باب الشفقة مما يتطلب القيام بإصلاح جبائي شامل يضمن للمنطقة التي تصنع الثروة من الحفاظ على جزء منها و يمكن السلطة المركزية من نسبة تمكنها من الاضطلاع بمهامها و يسمح كذلك المناطق الفقيرة الأخرى من الحصول على نصيبها من الثروة الوطنية. بهذا الشكل نجد أن جزأ من الموارد المتأتية من الجباية المحلية يمكن من تمويل الجماعات الترابية من مستوى أعلى كالولاية أو الإقليم. هذا التضامن الترابي يتماشى نسبيا مع جل الأنماط التنموية المتبعة على المستوى الوطني سواء منها الليبرالية أو الاشتراكية وحتى في إطار العولمة. ففي فرنسا مثلا تحدد ميزانية كل بلدية طبقا لعدد محدد من المقاييس مثل حجم السكان ونسبة التجهيز ومستوى الثروة المحلية… 

        د – الديمقراطية : ترتكز على تمثيل المناطق والجهات الأحزاب والمنظمات المهنية أو الاجتماعية. بالاضافة إلى ذلك فإن الديمقراطية تبنى من الأسفل وجل الأنظمة الديمقراطية ترتكز على 3 أو 4 مستويات ممثلة ومنتخبة وتتقاسم الأدوار. فالسلطة المحلية (بلدية، ولائية، جهوية) تمثل السكان وتمكن الفرد من أن يكون مواطنا بأتم معنى الكلمة وذلك عبر التشاركية الإيجابية والفعلية في كل جوانب الحياة الاجتماعية في مختلف المستويات الترابية مما يجعل منها سلطة مضادة للسلط الترابية الأخرى  (المركزية، الجهوية، المحلية…). 

        ه – الحوكمة (أو الحكم الرشيد) : تتمثل في المشاركة الفعلية في الشأن المحلي والجهوي والتصور والاختيارات مما يتطلب تشريك كل الفاعلين في المنطقة في عملية وفاقية تضمن اندراج كل الأطراف في العملية التنموية تبعا للمقولة « كل ينجز لفائدتي دون مشاركتي فهو ضدي » (Tout ce qui est fait pour moi sans moi est contre moi). فالدولة تتواجد من خلال من يمثلها كالوالي أو المعتمد الذين يسهران على التنسيق والتنفيذ لكن المسير الفعلي يجب أن يكون منتخبا وممثلا للسكان في شكل مجالس جهوية ومحلية منتخبة  تتولى وضع الخطط وتحدد البرامج من جهة ومجالس تقنية تضم المصالح الفنية الجهوية والمحلية تتولى الاستشارة والدراسات. هذه الثلاثية متلازمة للوصول إلى الحوكمة.

        فالمواطنة تقتضي اليوم التشاركية الفاعلة في مختلف المستويات الترابية في نفس الوقت بما يعني ذلك استبطان الانتماء إلى عدة ترابيات في نفس الوقت وما يتطلبه ذلك من المساهمة الفعلية في نحت ملامح الغد عبر الحوكمة أو الحوكمة الترابية (géogouvernance) عبر بوابات تفاعلية تمكن المواطن من التدخل في إي وقت لإبداء رأيه وتغيير القرارات وتمكن كذلك المسؤول من الإطلاع على رغبات وتطلعات المواطن لتعديل البرامج والاختيارات.

        هذه الحوكمة تتطلب تحديد الفاعلين المحليين والجهويين وجعلهم يندرجون في العملية التنموية وذلك من خلال اضطلاعهم بدور إيجابي وتجذيرهم في الجهة أو المنطقة من خلال بعث بنوك جهوية وشركات جهوية ومحلية للتنمية بدعم من الدولة ومن شأنها أن تؤسس لاقتصاد محلي وجهوي يمكن من توظيف الموارد واستغلال كل الإمكانات والكفاءات المتوفرة للتنمية مما من شأنه أن يخلق دينامية محلية تساهم في شد السكان وحتى حث الإطارات المهاجرة على الرجوع إلى مواطنها إذا ما تحسنت أطر العيش وتوفرت المهن الملائمة.        

في النهاية، لا بد من الإشارة إلى حتمية عكس العملية التنموية. فالمجال أو التراب أصبح يمثل عامل إنتاج في حد ذاته بالإضافة إلى العوامل التقليدية في علم الاقتصاد (رأس المال، العمل، الأرض). هذا بجرنا إلى إن ننظر إلى الإمكانات المحلية والجهوية وكيفية استغلالها قبل أن ننظر إلى المعوقات التي تحول دون التنمية.  

4 – مقومات التنمية الترابية 

        تقوم التنمية الترابية على عدة أسس سنقتصر على البعض منها كالجانب المؤسساتي والمالي والجبائي. 

أ – خلق الجهة أو الإقليم : يجمع الإقليم عدة ولايات بحيث يمثل حجما مناسبا لتكوين سوق اقتصادية ويشمل عدة أنشطة متنوعة تضمن التكامل والتنافسية في نفس الوقت. هذا الإقليم يتكون حول عاصمة إقليمية تؤطر الجهة وتوفر كل الخدمات الجهوية عبر شبكة حضرية متراتبة تضم عدة مستويات من المراكز. هذه الأقاليم تقطع مع التقسيم الترابي التقليدي للقطر و تضم مناطق ساحلية وداخلية في نفس الوقت لتكوين أقاليم مندمجة على المدى المتوسط والبعيد وتتميز بإشكالية تنموية مميزة.

        فخلافا للتنمية المحلية التي يمكن أن تقوم على التخصص وأن تقتصر على أحادية النشاط فإن التنمية الإقليمية لا تقوم إلا على التنوع الاقتصادي مما يضمن التكامل والتكافل والتنافس والنجاعة في نفس الوقت. 

ب – توفير وسائل التنمية الجهوية : تتمثل في خلق المؤسسات الدستورية للسلطة الجهوية والاقليمية في شكل مجالس منتخبة تسير شؤون المنطقة بالاستعانة بالجالس التقنية. هذه المجالس تشمل البلدية والمعتمدية والولاية والجهة.

كما تتمثل في بعث صندوق للتنمية الجهوية وصندوق آخر للتنمية المحلية داخل الأقاليم تكون في مرحلة أولى بمبادرة من الدولة وبمساهمة من البنود. 

ج – بعث بنوك جهوية وشركات للتنمية بتشريك رأس المال الجهوي والمحلي والبنوك الوطنية العمومية والخاصة. 

ه – العمل على اللامركزية الإدارية والاقتصادية بشكل فعلي مع تقييم كل السياسية التي وقع إتباعها إلى حد اليوم. بالإضافة على ذلك يجب العمل على دعم التخفيف من التركز وتفعيل الآليات التي من شأنها أن تشجع التوطن في المناطق الداخلية وتخلق دينامية اقتصادية فعلية تؤدي إلى تعديل الكفة. 

و – إصلاح شامل للنظام الجبائي من شأنه أن يمكن المناطق المحضوضة من أن تساهم في تنمية المناطق المحرومة والفقيرة بشكل يمكن من تمويل التنمية الجهوية والمحلي. في هذا الإطار، يجب تقاسم الثروة بشكل يمكن كل السلط الترابية من قسط من التمويل الذاتي يجعلها تتمتع بحد أدنى من الاستقلالية مع سن التضامن المواطني يجعل منه حقا للمناطق الفقيرة وواجبا على المناطق الغنية خلافا للطرح الأخلاقي الذي كان سائدا. 

ز – إعداد مثال جديد للتهية الترابية يضبط التوجهات الأساسية بعد الثورة ويخدم الأهداف التي قامت من أجلها كالتوازن الترابي والإقليمي وإعادة هيكلة النظم الحضرية الجهوية وتعديل النظام الحضري الوطني بشكل يضمن التوزيع المتكافئ للثروات والأنشطة والسكان والتجهيزات ويمكن البلاد من بنية ترابية ومجالية متوازنة تؤسس لتنمية مستدامة وقادرة على التلاؤم مع جل الظروف. 

ح – فك الانحباس الترابي وربط المناطق ببعضها البعض وذلك من خلال بعث إقتصاديات جهوية متنوعة ومرتبطة عبر شبكات إنتاجية (Filières) ومنظومات إنتاجية ترابية (Systèmes productifs localisés) وكذلك من خلال شبكات نقلية مترابطة اعتمادا على مقتصدات القرب (économies de proximité) والترابط (économies de connexité) مما يخلق اقتصاديات إقليمية قائمة الذات ومتكاملة تعتمد على الإمكانات المحلية والجهوية. هذا الترابط الجهوي يجعل المناطق الداخلية خاصة تنمو بصفة مستقلة عن العاصمة ويعوض سلبيات الموقع الحدودي. 

        في النهاية، لا بد من طرح المسألة الترابية والمجالية على النقاش العام خلال الفترة الانتقالية لكي يتسنى لكل الأطياف أن تدلي بدلوها في المسألة ويقع حسمها بمساهمة الجميع والتوصل إلى حل يرضي الأغلبية. فالمسألة تتمثل في تحديد مستوى التفاوت المقبول من الجميع مما يتطلب المساهمة في النقاش العام والوصول إلى وفاق يضمن المستقبل ويضمن في الدستور ليكون ملزما للجميع على المدى الطويل ويجنب البلاد هزة أخرى تكون عواقبها وخيمة. 

                                                               تونس في 11 ماي 2011

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Le développement régional

Posté par amorbelhedi le 19 mars 2011

Le développement régional

Problématiques, objectifs et principes
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                                                                                            Amor Belhedi   

                                                            

Le développement régional. Approches géographiques. Communication aux Journées
Géographiques de l’AGT, 19 mars 2011, FSHS, Tunis, Salle Guermadi. 
Texte revisité et
publié dans « La fracture territoriale. La dimension spatiale de la Révolution tunisienne ». 2012
Editions Wassiti, Coll. Ibraz, 262p.

 

            La question régionale est à la fois complexe et délicat. Elle est complexe dans la mesure où
elle touche tous les aspects et toutes les sphères de la vie régionale (démographique, sociale,
économique, politique…) ce qui pose un problème de mesure, d’analyse, de diagnostic et d’action.
Elle est délicate, parce qu’elle est d’ordre politique avant tout.

            Nous traiterons dans ce qui suit, les problématiques, les objectifs et les principes du développement régional principalement. 

I- Problématiques 

L’espace est devenu de plus en plus un « produit social » qui relève et  revendique l’intervention de l’homme. L’inégalité régionale n’exprime-t-elle pas en fin de compte celle des hommes ? Il s’agit d’abord de préciser le concept de développement. 

1- Le développement 

Le développement est ce processus qui associe la croissance quantitative, les progrès qualitatifs et les transformations sociales et qui permet à une communauté de se prendre en charge à l’échelle d’un pays ou d’une région lui permettant de s’autonomiser progressivement. On y trouve les concepts de durabilité, implicite même si le qualificatif n’est pas là, la participation et de là la représentativité de la communauté. C’est un stade supérieur à la croissance qui implique modernité, bien être et équilibre (Brunet R et al 1993, Lévy J et Lussault M, 2003). Le développement est cette adéquation entre croissance et besoins sociaux. On ajoute souvent un qualificatif pour spécifier ou compléter ou spécifier le champ sémantique (développement durable, développement humain…).

Il ne suffit plus de satisfaire les besoins matériels et économiques, le développement est un tout indissociable et la dimension politique devient de plus en plus une revendication dont il faut tenir compte. La révolution du 14 janvier 2011 a scellé le développement (التنمية) à l’emploi (الشغل) comme moyen et à la dignité (الكرامة)comme finalité. 

La justice sociale passe par la justice spatiale (Reynaud 1981) permettant de réduire les inégalités territoriales à différentes échelles (IDH, IPH, ISDH). Le développement régional est là pour rappeler le rôle défaillant de l’Etat en termes de complétude ou de déficience. Il se pose en termes de ressources et de compétences et des besoins régionaux pour initier des dynamiques globales. C’est une démarche politique qui implique la prise en charge, une pédagogie de négociation et une stature de citoyenneté active en évitant la démagogie (Lévy J et Lussault M, 2003). 

         Le développement régional sert les intérêts régionaux et locaux à court et moyen terme mais aussi les impératifs de croissance nationale à long terme. Les effets multiplicateurs seront réduits certes au début mais plus diffus dans l’espace et plus soutenus par la suite, les dés-économies seront réduites et les distorsions négligeables. 

2- Une approche globale, dynamique et systémique 

            La question régionale ne peut être saisie à travers de simples indicateurs d’équipement ou en termes d’emploi, elle est plus complexe et nécessite une approche globale[1]. L’approche systémique[2] nous offre la notion d’équilibre dynamique et du déséquilibre supportable, dans le sens de contrôlable et acceptable aussi. Les problèmes de la région sont loin de se (dé-) nouer dans la région elle-même. Ils sont à chercher ailleurs, souvent à une échelle antécédente et plus large, dans les autres régions et au niveau national. Le faible développement de certaines régions est à rechercher dans le développement des autres, ce qui nous mène à la théorie de la domination et du modèle des centres-périphéries. 

3- Une approche dialectique : le capital au cœur, le pouvoir au centre 

            La différentiation de l’espace n’est pas toujours endogène, ni maîtrisée. Elle est, peut-être, souvent le résultat d’une détermination externe. L’espace est différencié pour/par sa charge en capital, sa profitabilité et ses possibilités de plus-value (Santos M, 1975) en fonction de ses virtualités actuelles et potentielles. Le marché se situe à une échelle beaucoup plus élevée, d’où l’aliénation de l’espace régional avec cette spécialisation « horizontale » (Santos M, 1975) qui se double d’une spécialisation verticale où le besoin de services et de capitaux engendre « le court-circuitage des villes locales et le recours aux métropoles » extrarégionales. La desserte modifie sélectivement la valeur du sol tandis que la spécialisation spatiale (régionale, urbaine) renforce la circulation du surplus, court-circuite les centres locaux et régionaux au profit des espaces à forte intensité de capital donnant lieu à un échange inégal (Amin S 1973, Santos M 1975) déplace le marché vers une échelle spatiale supérieure et conduit à l’aliénation spatiale (Kayser B 1973) et à la dépendance (Harvey D 1973).

            La croissance s’accompagne souvent d’une hausse des inégalités. Le surplus remonte toujours vers le circuit supérieur (Santos M 1975), les formations dominantes (firmes modernes, clases aisées, multinationales…), les métropoles et les régions dynamiques. La circulation du surplus fait que les zones pauvres participent à l’accumulation en devenant de plus en plus pauvres et la ville apparaît comme le lieu de reproduction des rapports de production et du système productif. La dynamique crée même « la périphérie dans le pôle », instaure deux circuits économiques dans la ville (Santos M 1975) et renforce la ségrégation socio-spatiale.

Le capital fixé spatialement (infrastructures, moyens de production) attire le capital mobile ou libre et génère les disparités. Le pouvoir favorise les espaces à fort rythme d’accumulation dans une course à la croissance, la «growthmania» (Santos M, 1975, 370).

La localisation devient elle-même source de valeur et de surplus. Le capital suit la productivité d’où la tendance à la concentration même si la production est de plus en plus déconcentrée, « tout système a une forme d’un profit et un profit ne peut pas être redistribué » (Bettelheim C 1961), le capital constitue ainsi le facteur structurant de l’espace et de la société. D’où l’intérêt d’une structure spatiale intégrée et intégratrice qui permet d’éviter les dérapages où le rôle de l’Etat est central. 

4- Rente, Etat et développement régional 

Le développement régional est cet effort d’analyse et d’explication des inégalités entre espaces et les solutions préconisées pour modifier ces rapports de domination. La solution préconisée a été l’injection de capitaux pour rétablir l’équilibre spatial par ajustements marginaux successifs conduisant à une convergence graduelle des taux de profit des facteurs de production (Friedmann 1963). La réalité dément ce schéma et la concentration du capital est de règle. Ce surplus prend la forme de profit dans le système capitaliste et ne peut pas être redistribué.

La domination spatiale ne peut être réduite qu’au prix de l’utilisation sociale du capital accumulé (Gendarme R 1963, Santos M 1975). Le développement régional revient donc à créer cette valeur symbolique. Pour réduire la domination spatiale, le surplus généré doit avoir une utilisation sociale sous forme d’un « fond social » où l’Etat constitue l’acteur déterminant quel que soit sa forme pour assurer redistribution de la rente réelle (Harvey D 1973).            

Nous avons montré dans un travail antérieur que l’investissement se trouve au cœur de la question, tous les indicateurs lui sont liés. Comme l’essentiel demeure public, l’Etat détient un rôle central dans le développement. 

5- La région comme échelle géographique : l’échelle infranationale 

Les rapports à l’espace se font à différentes échelles qui sont au moins au nombre de cinq  (Herin 1984) et on retiendra ici l’échelle régionale.

- locale : elle relève du quotidien (résidence, travail) où la proximité est centrale.

- la sous-région : l’échelle des pratiques commerciales et familiales

- régionale : l’histoire et le rayonnement économique de la ville sont essentiels

- nationale : l’entité politique par excellence : décisions.

- internationale : les flux de capitaux, des biens et des populations. 

La région constitue l’échelle spatiale infranationale quelque soit la taille des mailles et du pays. La région est une entité géographique individualisée, par la nature et l’histoire, où le rayonnement économique de la ville régionale joue un rôle déterminant et l’action territoriale est déterminante. Le maillage spatial (nombre et taille des unités) dépend des objectifs assignés à cette entité spatiale. 

6- La région comme construction socio-spatiale 

            L’espace  est à la fois matériel et idéel (Lussault M, 2002). La matérialité est là avec la distance qui en fait une donnée naturelle alors qu’il est aussi idéel en tant que médiation et résultat du jeu des acteurs. Il n’y pas d’espace matériel sans discours idéel qui s’y rapporte mais il n’y a pas d’espace qui ne soit purement idéel. L’espace, indépendamment de sa taille et sa nature, est la projection d’une vision du monde et de la société, le principe « tout est dans tout » permet de voir la société dans l’espace et vice-versa. La région n’est pas seulement une étendue spatiale matérielle qui se réduit au support spatial et aux ressources qu’il recèle. Elle est avant tout une construction sociale.

            La région est aussi une entité politique dans la mesure où elle n’existe pas sans pouvoir. Et si elle n’existe pas, il faudrait la créer même en tant qu’instance territoriale fondatrice pour constituer une base de fonctionnement de l’ensemble territorial.

            La question régionale ne se trouve souvent posée qu’en termes nationaux et la région n’est généralement perçue qu’en référence au cadre national d’autant plus que l’Etat, souvent centralisé, a tout fait pour évacuer la question régionale et la réduire à un problème d’optimalisation de localisation des activités économiques ou à une question d’équité sociale permettant d’alléger la pression ou de soulager la tension régionale. 

II – Les objectifs 

            On peut se limiter à cinq objectifs pour le développement régional : l’équité, l’équilibre, l’efficacité, la solidarité et l’appropriation spatiale. 

1- L’équité : L’équité entre les hommes passe par celle entre les espaces et de là le développement régional permet d’atteindre cette équité territoriale. En ces termes, elle est un droit des collectivités territoriales démunies et fonde la citoyenneté. Le développement n’est pas un don, une charité, c’est un droit lié nationalité ?  Le discours sur la scission est caricatural mais exprime bien le sentiment d’exclusion, l’excès qui relie les régions ou celles-ci à l’Etat ?

2- L’équilibre : Il s’agit d’assurer un équilibre spatial permettant de doter un pays d’une structure spatiale durable, à la fois viable, vivable de nature à assurer une répartition relativement  équilibrée répondant aux impératifs géopolitiques et permettant la géogouvernance (la gouvernance territoriale) permettant la participation active des citoyens à la gestion de leur territoire. 

3- L’efficacité : L’efficacité globale d’un territoire passe par celle de ses parties qu’il s’agit d’utiliser de manière rationnelle permettant un développement durable. La sous-utilisation d’une partie du territoire est toujours préjudiciable à l’efficience de l’ensemble de la communauté. 

4- La solidarité : Un territoire est un espace dont les parties sont solidaires, en rupture avec le schéma où une partie survit et se trouve condamnée à l’assistance en termes de ressources insuffisantes. 

5- L’appropriation territoriale : La territorialité passe inéluctablement par l’appropriation de la communauté de son espace et son organisation en vue d’un développement durable. La durabilité va de pair avec le processus participatif et d’appropriation. L’objectif est alors de créer ce lien ombilical sans lequel, il n’y a ni région, ni développement tout court. 

            Pour atteindre ces objectifs, on doit rappeler les principaux fondements de la régionalisation. 

III – Les fondements de la régionalisation 

          Différents paradigmes se trouvent derrière le concept de région et la régionalisation: l’homogénéité, la fonctionnalité, l’opérationnalité, la dimension politique ou affective. On peut passer en revue les principaux fondements qui président au découpage régional. 

1- La région homogène : ce qui est en commun, le passé 

            La région est une entité homogène, individualisée par certains caractères en commun qui la distinguent suffisamment des autres régions. Cette homogénéité provient, de la présence d’un ou de plusieurs facteurs déterminants qui se situent au niveau de la nature ou/et de la culture (ressource, culture, langue, activité, histoire,…). La composante historique crée l’identité et perpétue les particularitésen donnant lieu à des combinaisons nature-culture où on accorde au déterminisme naturel un rôle trop important et à l’histoire une place qui n’est plus à l’ordre du  jour face à l’Etat, à l’acculturation et à la mondialisation. C’est une problématique dominante lorsque la nature et l’histoire représentent un dictat, mais elle un peu dépassée à l’ère actuelle où l’homme maîtrise plus qu’auparavant la nature. 

            En Tunisie,les données du milieu naturel définissent une trame orthogonale (N-S et E-O) de gradient NE-SO qui détermine le découpage spatial en régions naturelles mais aussi historiques et même administratives (Belhedi A 1992). Les aspects agricoles marquent fortement le maillage spatial selon les potentialités agricoles et l’occupation du sol. L’histoire y a contribué par un marquage régional à travers les systèmes agricoles pratiqués qui ne sont qu’une combinaison des aptitudes naturelles et des traditions  culturales. Enfin, le découpage administratif a contribué relativement au marquage spatial de ces divisions. 

2- La région fonctionnelle : ce qui relie, l’économique actuel 

            La région fonctionnelle est une entité diversifiée, intégrée et polarisée par un centre régional. Elle se fonde sur l’échange où lesliens endogènes sont plus intenses que les liens exogènes. La polarisation découle de la généralisation des rapports marchands, elle implique la hiérarchisation, la dissymétrie et la centralité selon le principe de la relation préférentielle asymétrique des parties et du centre.

La fonctionnalité suppose quatre conditions au moins : la présence d’une capitale, d’un système urbain assez étoffé voire un réseau urbain hiérarchisé, une diversité requise et une intégration interne. Le maillage s’appuie sur les réseaux de circulation, les flux et les liens fonctionnels. Il exprime le fonctionnement actuel de l’espace national et la plus ou moins polarisation spatiale. 

            L’espace tunisien est organisé selon un schéma centré en auréoles (Belhedi A 1992). Les régions nodales concernent Tunis, Sfax, Sousse-Monastir et Gabès, les zones d’épaulement intéressent le Sud-Est notamment Jerba-Zarzis, le Nord-Est en particulier le Cap Bon et le Sahel de Bizerte voire le Kairouanais. Les zones dépressives couvrent l’Ouest tandis que les espaces pionniers englobent les oasis, les centres miniers ou l’extrême Nord-Ouest avec des zones spécifiques (zones touristiques, espaces montagneux, zones forestières). Le cas extrême est la zone de Kasserine qui se trouve éclatée entre l’influence de Tunis, Sousse, Kairouan à l’Est et Gafsa au Sud. 

            Ces deux démarches s’appuient sur le passé (nature et culture) ou le présent (le fonctionnement spatial) alors que le développement relève plutôt du futur et de l’avenir. 

3 – La région Problème – Plan – Programme : les trois P, l’action au futur 

            La région peut être conçue comme un devenir commun qui exige un projet. La région est un véritable plan ou un programme d’action en vue de résoudre un ou des problèmes. Les problèmes qui s’y posent sont tellement interdépendants qu’il est difficile de les dissocier, la région constitue le lieu de leur articulation et de leur dénouement à la fois. La région-programme transcende et englobe les deux types précédents de région, elle débouche surl’actioncoordonnée et programmée en vue d’une intégration spatiale ou d’un développement intégré.

Le développement régional s’inscrit intégralement dans une problématique d’action transformatrice et de changement orientée vers l’avenir, c’est l’action au futur. 

En Tunisie et jusqu’à une date récente, l’action régionale a été plutôt hydroagricole et la régionalisation n’a été qu’un simple cadre spatial des données des divers plans de développement depuis les années 1980 ou de gestion administrative : directions régionales, base de déconcentration….

            Le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) de 1985 a reproduit le schéma Nord-Sud et Est-Ouest, à quelques délégations près, avec une option pour l’équilibre régional destiné à retenir la population de chaque région sur place. La crise du milieu des années 1980 et l’adoption du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) l’ont rendu totalement hors du temps.

Le SNAT de 1998, a repris le même découpage pour l’analyse tout en privilégiant le clivage Est-Ouest, une Tunisie utile métropolisée, ouverte et ancrée sur l’économie-monde ; et une Tunisie inutilevouée à l’assistance que l’Etat devrait assurer derrière une ligne qui partage le pays du Nord au Sud et englobant le NO, le CO et le SO. 

Les trois fondements, homogénéité, fonctionnalité et opérationnalité, se complètent et se relaient à des échelles différentes mais l’action sans pouvoir régional est susceptible de renforcer davantage la centralisation nationale dans la mesure où la région n’est qu’un simple support spatial. 

4- La région comme entité politique : la région comme  pouvoir et contre-pouvoir 

      Ce qui définit la région avant tout, c’est l’absence d’une unité politique indépendante à l’instar de la nation et son ouverture qui fait que ses limites ne sont pas totalement étanches. Cela n’empêche pas cependant qu’elle constitue un pouvoir régional.

La région constitue inéluctablement une vie et une vie ne se définit que par le pouvoir qu’elle détienne. Un pouvoir, économique, social et politique, qui ne peut exister que dans les interstices de l’Etat qui le transcende et se trouve par là forcément lié à l’importance de la société civile : la collectivité régionale sans laquelle la région reste un simple découpage spatial et le développement régional se résume à un simple partage d’un gâteau consenti par l’Etat pour corriger la redistribution, réguler l’économie ou désamorcer la tension.

Le pouvoir régional définit cette entité spatio-politique régionale et lui permet de jouer aussi le rôle d’un contre-pouvoir de nature à assurer la régulation socio-politique du système à l’échelle spatiale. On peut concevoir aisément cette régulation à trois niveaux spatiaux : la commune, la région et l’Etat à condition qu’ils soient représentatifs les uns comme les autres. Chaque instance résulte et corrige les deux autres.

Ce pouvoir régional ne tire sa signification que lorsqu’il est représentatif des populations régionale set des acteurs régionaux à la fois ce qui pose le problème de l’ancrage territorial. 

5- La région comme espace d’ancrage et d’action des acteurs régionaux 

            La région correspond à un espace vécu, un espace identitaire et un espace d’action des acteurs régionaux comme les collectivités territoriales, les entreprises régionales, les systèmes de productions localisés (SPL), les élus, les associations… ; bref, tous les acteurs dont l’aire d’action intéresse une partie (les acteurs locaux) ou l’ensemble de la région.

La région permet un ancrage territorial de ces acteurs, elle leur sert de référence identitaire mais aussi d’objectif  et d’avenir commun et de là d’un espace de projection. Le développement territorial de la région permet la mobilisation, la synergie et la référence et la projection dans le futur : bref la création du territoire régional comme un passé et un héritage, un cadre de vie actuel à améliorer et un devenir commun à concevoir et à réaliser.

Il en découle que les acteurs régionaux et les compétences régionales constituent le fondement même du développement régional sans être, ni prétendre à en être les seuls, même s’il s’agit simplement d’une réaction primaire à certains excès et qui reste compréhensible. Lorsque l’action régionale n’est pas maîtrisée et n’est pas initiée par les concernés, elle relève de la modernisation ou de la croissance mais contribue inéluctablement à la dépendance de la région et à l’aliénation même de l’espace régional vis-à-vis du centre (cf. supra). 

IV – Les principes de la régionalisation           

            La partition régionale doit répondre à un certain nombre de principes pour assurer l’efficience des entités régionales : 

            1Une taille et une diversité requises : L’espace régional doit avoir une taille en mesure de permettre une économie diversifiée, une autonomisation régionale relative et une économie d’échelle[3].

Cette taille doit correspondre aussi à une combinaison de ressources et de potentialités, capable de créer des avantages comparatifs, assurer l’interaction indispensable à une vie régionale équilibrée et permettre la complexité requise qui favorise l’interdépendance, la créativité, la croissance et l’autonomisation.

            Il convient de créer des régions économiques regroupant une population de 1 à 3 millions d’habitants selon les cas avec une combinaison d’espaces différents, correspondant à une combinaison d’ activités (agriculture, industrie, tourisme…) et inégalement développés pour permettre la synergie et l’intégration, économique et spatiale, à la fois. Il s’agit des espaces centraux, des espaces d’épaulement et des périphéries (Belhedi, 1992, Belhedi A & Lamine R 1979). Ces régions seraient le Nord, le Centre et le Sud. Ce découpage est de nature à assurer aussi la transition en permettant l’ancrage des espaces marginaux aux espaces nodaux jusqu’à la création, prévue à terme, des pôles à l’intérieur. Ce découpage est de nature à permettre une double transition :

            – Dans une première phase, il s’agit d’articuler le littoral à l’intérieur en rompant avec le schéma actuel où les régions intérieures ne sont que de simples arrière-pays des espaces littoraux. Le découpage orthogonal actuel en échiquier ne favorise guère le développement régional à moins qu’il y ait un changement de contexte mondial et de modèle économique. Les espaces intérieurs, laissés tout seuls, iraient à la dérive en se vidant au profit des espaces littoraux. Il s’agit de développer à l’intérieur les points d’appui, les centres relais et les espaces d’ancrage.

            – Dans une seconde phase, il y a lieu de permettre de scinder les régions intérieures des régions littorales une fois les métropoles et les économies régionales intérieures ont atteint le niveau suffisant qui leur permettra de s’autonomiser, encadrer les régions intérieures et polariser les espaces régionaux. 

            2L’Etat constitue l’acteur central dans le développement régional et la formation même de la région à travers la décentralisation et une politique d’investissement capable de modifier le schéma. L’action motrice de développement ne peut être qu’externe pour pouvoir infléchir les tendances lourdes. Il faut rompre avec l’idée longtemps défendue selon laquelle « à chaque région selon ses ressources » qui va à l’encontre même du concept fédérateur de territoire ou de nation et laisse de côté les espaces démunis de ressources. Quel que soit sa nature ou sa forme, l’Etat est incontournable pour amorcer le développement régional, doter la région d’un pouvoir réel et de ressources propres et financer le développement régional. 

L’autorité régionale constitue un élément vital dans le processus de développement qui implique la prise en charge du processus et la mobilisation des acteurs. Le transfertdes pouvoirs, des moyens et des responsabilités est incontournable pour permettre le processus progressif d’autonomisation tandis que l’organisation de l’espace reste indissociable du pouvoir de décision que  détient le centre.

 L’Etat, restera toujours un acteur important et incontournable même à une phase avancée du développement d’une région pour pouvoir corriger les excès dans un sens ou dans un autre et assurer la régulation de l’ensemble territorial et la redistribution spatiale. Autant l’Etat constitue l’instance d’arbitrage régional au sommet, autant le pouvoir communal assure le partage territorial en bas, trois instances de régulation territoriale. 

            3Une économie liée à la matrice urbaine : les centres urbains constituent toujours les foyers pulsateurs de l’économie régionale d’où la nécessité d’étoffer, de corriger et de restructurer les systèmes urbains qui véhiculent le changement et l’innovation. L’intégration spatiale passe par la hiérarchisation urbaine, la croissance économique et l’encadrement territorial sur les plus petites villes et les campagnes. L’action sur le système urbain doit présider à celle des réseaux de circulation, elle est de nature à permettre de créer et de réorienter les flux de toutes les formes : biens, personnes, capitaux et informations.

            Pour cela, la région doit être dotée d’un pôle régionalcomme foyer pulsateur et d’encadrement, un centre capable de réorienter les flux et de fournir les services régionaux. Le concept d’organisation est inséparable de celui depolarisation et de centralité, de hiérarchisation et d’asymétrie. Pour cela, chaque région doit être focalisée autour d’un centre, existant à renforcer ou à créer en toute pièce s’il le faut, susceptible de polariser l’espace et d’en constituer la métropole régionale. Ce centre peut être unique, bipolaire ou même tripolaire là où la première ville est déficiente, les centres sont proches spatialement et complémentaires économiquement. 

Tous les systèmes urbains régionaux sont déséquilibrés à part celui de la capitale qui dispose d’un véritable réseau urbain étoffé et hiérarchisé, commandé par une métropole régionale et nationale à la fois : Tunis. Le système urbain du Sahel est assez étoffé mais Sousse reste encore faible malgré les progrès réalisés ces dernières décennies (Belhedi A 2005). Certains systèmes urbains sont macrocéphales où la première ville centralise tout à côté de petites villes sous-équipés comme est le cas de Sfax ou Kairouan. D’autres manquent totalement de villes moyennes et de métropoles comme à Sidi Bou Zid ou Kasserine… (Belhedi A 1992, 2003). 

            4La mobilité géographique constitue une condition d’intégration et de développement, de nature à assurer les ajustements nécessaires, d’où l’importance des réseaux de transports, de circulation et de communication au niveau inter et intra-régional à la fois. Le désenclavement, la connectivité et l’intégration des réseaux est une condition incontournable de la construction régionale. Cette action touche l’ensemble des régions mais elle se pose avec acuité dans les régions excentriques frontalières indépendamment de l’ouverture ou non des frontières.

            La connectivité des réseaux de circulation et de communication est incontournable avec l’intégration spatiale, elle permet le désenclavement et l’amélioration de l’accessibilité ce qui modifie la valeur des lieux et leur profitabilité d’une manière sélective. Dans les régions à développer, la mise en réseau doit anticiper le système productif et la vie de relation. Cette action est cependant risquée si elle n’est pas accompagnée par une intégration endogène des réseaux. Le risque est de profiter aux autres régions externes bien placées 

            La mobilité de travail se fait en fonction du taux de chômage et du taux de rémunération ce qui explique la persistance de l’exode et du chômage urbain à la fois. Un seuil stabilisateur de l’exode existe à un niveau donné lorsque l’écart entre les espaces devient très faible. Pour arrêter ces flux déséquilibrants, il convient donc de créer les emplois sur les lieux mêmes, unifier le système de rémunération entre espaces et secteurspour réduire les flux en faveur des zones privilégiées.

L’hémorragie déséquilibrante, au profit des espaces plus dynamiques littoraux, est à stopper par une action volontaire en créant les conditions requises de l’accumulation spatiale sur les lieux mêmes et en assurant une redistribution spatiale secondaire de nature à corriger la distribution primaire des facteurs de production à l’instar des mécanismes de redistribution économique. 

            5La double intégration régionale selon deux modes : exogène et endogène.

L’intégration externe consiste à rattacher les espaces défavorisés aux espaces centraux de manière à ce que chaque région regroupe plusieurs types d’espaces de niveau de développement différents. Cette démarche permet une approche globale du développement et de l’aménagement où chaque problème n’est résolu que par rapport à d’autres espaces dans lesquels il prend souvent racine. Elle permet la complémentarité nationale et évite la création de petites entités sous forme d’isolats qui n’ont aucune base économique et ne correspondent qu’à un simple découpage administratif.

L’intégration interne consiste à impulser le développement à partir de pôles internes qu’il s’agit souvent de créer ou de renforcer selon les cas et de connecter ce qui est plus intéressant et permet de mobiliser les acteurs régionaux qui prennent en charge le développement régional.

Il s’agit de mettre en réseau les espaces limitrophes à chaque région de manière à asseoir une base productive réticulaire qui permet de travailler en réseau favorisant l’intégration locale (à l’intérieur de chaque région) et nationale à la fois. 

            Le découpage spatial se pose en termes de continuité et de rupture. Dans un souci d’efficacité et d’économie, la continuité privilégie toujours les lieux et les centres les mieux placés en terme de taille, de fonctions, d’équipement ou de position tandis que la rupture nécessite la définition d’un projet sociétal de développement clair avec des objectifs bien définis. Quel que soit l’alternative, les noyaux urbains sont au centre de tout découpage et sont sujets de peu de changements contrairement aux marges où la souplesse est requise

            6L’ancrage territorial des acteurs régionaux : Le développement régional implique la présence d’un ancrage territorial dans la région qui constitue un espace de vie et un espace d’actionpour les acteurs régionaux au point de devenir un espace identitaire et un espace de projectionfuture à la fois..

            En plus des acteurs nationaux et locaux, ce sont les acteurs régionaux dont l’aire d’action correspond à la région. Ces acteurs sont de trois catégories : les acteurs politiques, les acteurs économiques et les acteurs sociaux.

            Les acteurs économiques correspondent à des institutions et des entreprises qui prennent la région comme assise (production) ou finalité (marché, consommation, financement). Les acteurs politiques correspondent aux programmes de développement et d’aménagement d’ordre régional qui englobent une partie ou la totalité de la région. Les acteurs sociaux correspondent à l’espace vécu et à l’espace de vie d’ordre national construits par la connectivité du tissu économique régional et la création de relations techniques sous forme de sous-traitance, de contrats de pays ou de SPL… La région constitue elle-même un espace de vie, un territoire régional. Le développement régional est cette action qui consiste, en plus de la croissance économique et de l’amélioration des conditions de vie, à créer la territorialité régionale comme un cadre de vie reproductible et un espace de projection qui relève plus de la fierté libératrice que de la fatalité emprisonnante. 

            La polarisation de l’espace tunisien peut se faire autour de quelques métropoles régionales  comme Tunis, Sfax et Sousse dans une première phase avec le renforcement à terme de centres comme Gabès et Gafsa au Sud, Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan au Centre ; Kef, Bèja et Jendouba au Nord Ouest. Les espaces médians  de Béja, Siliana, Sidi Bouzid ou Kébili assurent la transition entre l’Est et l’Ouest.

Il s’agit de permettre l’émergence de capitales régionales de l’emprise de Tunis en deux étapes à savoir Sfax, Sousse ou Gabes et dans une seconde étape permettre à des villes comme Beja, Kef ou Jendouba, Gafsa, Kairouan ou Kasserine de s’autonomiser et de jouer le rôle de capitales régionales par la suite. 

Le problème n’est pas le découpage spatial en soi ou le choix du ou des centres à promouvoir, il est plutôt d’ordre politique posant le problème de l’articulation de la région et de l’Etat. 

V – Le lien paradoxal Etat-région 

            La question de la régionalisation bute au problème du pouvoir central qui n’était pas jusque là prêt à déléguer une partie de ses prérogatives aux régions ou à les reconnaître même. Pour exister, n’a-t-on pas besoin d’un nom, tous les gouvernorats portent le nom de leur chef-lieu ? La toponymie est significative du rattachement vertical au pouvoir central en déniant même de donner un nom aux unités administratives, qui faute de nom n’existent pas en termes d’individualité. 

1 – La primauté de l’Etat et la dérégionalisation 

            Dans un cadre national, la région n’est perçue qu’un lieu de maximisation des investissements nationaux, un point fort de l’espace national qu’il convient de renforcer, une entrave à la croissance qu’il urge d’aider, ou une zone de tension qu’il s’agit de désamorcer. Toute reconsidération de la région en tant qu’entité conduit à une question de pouvoir. Or le développement régional ne peut se faire réellement qu’avec un pouvoir régional qu’il convient d’instaurer.

            La lutte pour l’indépendance a privilégié l’intégration nationaleet a même dérégionalisé l’espace. L’instauration de l’Etat national s’est faite aux dépens du pouvoir tribal et ethnique traditionnel qu’il a fallu combattre. Le découpage spatial des gouvernorats et des délégations a été effectué souvent dans l’esprit de casser l’assise spatiale de ce pouvoir désuet, tant traditionnel que colonial. Les performances économiques tant vantées par la Tunisie depuis les années 1970 notamment n’ont été possibles qu’au prix d’effets inégalitaires pervers ressentis en particulier dans la périphérie, quel que soit sa position ou son retard. L’inégalité conduit à la pauvreté (Banque mondiale 2009), celle-ci contribue à son tour à instaurer le sentiment d’exclusion, de spoliation et d’inéquité ce qui entame le processus d’appartenance territoriale même. 

La révolution tunisienne a bien montré l’expression de ce processus. N’a-t-on pas entendu les nombreuses demandes de déterritorialisation du pays par réaction à l’oubli et la marginalisation? En réclamant le développement régional sur la base des ressources propres régionales ne tombe-t-on dans le piège du discours des années 1990, défendu jusque là,  fondé sur la rentabilité et que à chaque région ses ressources? La revendication de donner la priorité aux originaires de la région dans le recrutement et la nomination des responsables ne tombent-elles pas dans le même piège, par excès, en réponse aux excès subis pendant des décennies ?  L’appel à la scission, même pris pour anecdotique, n’est-il pas symptomatique du processus de déterritorialisation ? La révolution du 14 janvier 2011 n’est-elle pas la revanche de la dérégionalisation et de l’exclusion ? 

2  – Mondialisation, extraversion et action régionale 

            L’extraversion favorise, par le jeu des causalités cumulatives, le(les) centre(s) qui attirent et focalisent les flux et créent le vide à la périphérie et dans le centre mêmeLa profitabilité surestiméedu (des) Centre (s) joue en défaveur de la périphérie appauvrie et sous-estimée à la fois. Les avantages octroyéspar les pouvoirs publics sont loin d’égaler ceux du Centre, réels ou imaginaires,d’où les modestes résultats des expériences de déconcentration (industrielle, universitaire…). Si en périphérie les promoteurs paient les surcoûts; ces derniers sont assumés par la collectivité et les promoteurs en profitent bénévolement dans les centres sans participer aux économies d’échelles, externes et d’agglomération. La périphérie devient dépendante même dans ses budgets administratifs de base pour assurer l’éclairage ou la collecte des déchets ménagers débouchant ainsi sur une véritable crise de reproduction. La redistribution socio-économique assurée par l’Etat en faveur de ces régions en déprise constitue un blocage de la périphérie et contribue même à élargir les assises spatiales et sociales du centre en créant une mentalité d’assistance et d’attente. 

            A l’ère  de la mondialisation, l’extraversion ne peut que se renforcer même si on essaie de réduire les écarts inter-régionaux, devenus trop flagrants, ou atténuer les retards dans les zones dépressives. La littoralisation est la conséquence inéluctable de l’extraversion tandis que l’accusation des écarts est incontournable de cette croissance extravertie et centrée. 

            La convergence ne peut pas être le résultat des mécanismes du marché qui favorise plutôt la divergence cumulative des espaces. Comme le nivellement par le bas n’est ni possible, ni souhaitable dans la mesure où il constitue la négation même de la croissance qui est la base du développement ; le prix de la croissance nationale tout azimut est la divergence inégalitaire au niveau régional. Comme la croissance est, par définition, sectoriellement sélective et spatialement différentielle, on doit accepter un certain seuil de déséquilibre spatial, un déséquilibre supportablepour l’intérêt de l’ensemble de la collectivité nationale. Ce « déséquilibre acceptable »  nécessite un consensus et exige l’intervention de l’Etat mais encore faut-il que l’Etat lui-même soit représentatif et autonome des intérêts extérieurs ? 

3 – L’Etat et la région : l’autonomisation comme enjeu, la démocratie comme nécessité 

            L’Etat non représentatif tend à s’autonomiser de la formation sociale tout en devenant dépendant de l’extérieur dans le cadre de la mondialisation croissante ce qui le conduit,pour se reproduire à se consolider à l’intérieur, tendance qui ne favorise ni la régionalisation, ni la démocratie locale. La contraction des pouvoirs de l’Etat face aux acteurs mondiaux et transnationaux n’est pas de nature à favoriser la délégation d’une partie de ses pouvoirs à la région ?

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, seul un Etat émanant de la société civile est en mesure de permettre la présence d’un pouvoir régional qui s’approprie une partie de ses prérogatives sans crainte, ni risque, ni enjeux. 

            En absence de représentation réelle des populations concernées, toute décentralisation conduit à renforcer l’autorité centralepar un encadrement politique pernicieux, le renforcement du pouvoir central et partisan par le truchement technique ce qui pose la nécessité de la démocratie territoriale pour jouer le rôle d’un véritable contre-pouvoir permettant aussi bien l’autonomisation, l’ancrage territorial que la mise en place d’un pouvoir régional. Il va sans dire que la démocratie régionale est indissociable de la démocratie tout court. 

            Jusqu’ici l’administration à été de type centralisé, très jalouse de ses prérogatives. La déconcentration est restée limitée, la décentralisation quasi absente et les prérogatives octroyées au niveau régional restent très limitées et mitigées. 

Entre 1956 et 1963, le gouverneur gérait tout seul le territoire. Le Conseil de Gouvernorat créé en 1963, est présidé par le gouverneur et composé des services techniques régionaux. Avec son caractère peu représentatif, il a été en plus marginalisé par le foisonnement des commissions qui sont présidées par le gouverneur.

Les conseils régionaux de développement crées en 1989[4] regroupent les maires, les élus régionaux et les services régionaux et sont dirigés par le gouverneur mais la prééminence du parti au pouvoir et les partis qui lui sont alliés et la représentativité fallacieuse des élus ont vidé ces conseils de toute crédibilité et a contribué à un encadrement politique serré du territoire. La dernière décision de juillet 2010 a permis de faire passer la proportion de l’opposition de 7 à 22%, composée essentiellement par les partis alliés à l’ancien RCD. 

VI – La nature du pouvoir régional 

            On peut, proposer certaines réformes au niveau régional, susceptibles de doter la région progressivement d’une véritable vie régionale et stimuler l’intégration interne à chacune des régions. Ces réformes sont de nature financière et institutionnelle. 

1- Le financement du développement régional 

            La composante financière est fondamentale pour l’efficacité de l’action régionale, elle peut prendre plusieurs formes : les ressources fiscales, les instances et un fonds de financement du développement régional. 

1.1- La réforme fiscale : un triple partage 

            En dépit des progrès assurés grâce aux programmes régionaux depuis 1987, les crédits restent très limités (11%) et insuffisants sans accroître pour autant l’autonomie régionale. Les ressources fiscales permettent de doter les communautés territoriales locales des moyens de l’action de l’autonomisation requise. Mais la situation est critique dans les régions intérieures où les petites communes qui se trouvent obligées de recourir au Fonds Commun des Collectivités Locales et ont un fort taux d’endettement pour financer les services de base. 

Pour doter les collectivités territoriales régionales des moyens financiers nécessaires, un partage des ressources fiscales s’impose entre les trois échelons spatiaux selon une clef de répartition à définir : les collectivités territoriales locales, les Régions et l’Etat. 

            Sur un autre plan, la solidarité territoriale impose une seconde clef fiscale à instaurer : une partie de la fiscalité locale reste sur place sur le lieu de production, une seconde revient aux  collectivités démunies à titre du devoir de solidarité  tandis que la dernière partie va à l’Etat pour le financement de tout ce qui a trait à l’ensemble du pays. 

1.2- Les Banques et les Sociétés Régionales de développement 

            Il s’agit de créer des Banques et/ou des Sociétés Régionales de Développement susceptible d’assister le processus de développement. L’Etat, les collectivités territoriales sont appelées à participer à ces banques. Ces institutions sont appelées à nuancer les mesures d’incitation en fonction des réalités régionales et locales et d’impliquer les organismes régionaux dans l’entreprise de développement régional. Ces sociétés de développement régional prennent en charge l’identification, le financement, l’assistance et le suivi des opérations et des projets au niveau de chaque région. Les expériences des offices de Développement (du Sud, du CO ou du NO) sont à revisiter pour créer de véritables acteurs régionaux associés et impliqués au développement de chaque région, initiés et contrôlés par les collectivités régionales au lieu d’être de simples antennes du pouvoir central. 

2 – Les institutions 

            Elles intéressent la région, ses prérogatives, son contenu, ses ressources et son administration dans une perspective d’aménagement, de décentralisation progressive et de développement territorial. Elles concernent aussi les acteurs régionaux de manière à asseoir une véritable vie régionale. 

2.1 – Au niveau du gouvernorat 

            Il y a lieu de recomposer le Conseil de gouvernorat et consolider les services techniques régionaux par une véritable décentralisation. 

a – Le Conseil de gouvernorat : Le conseil de  gouvernorat est chargé d’administrer, coordonner les programmes sectoriels et prendre toutes mesures susceptibles de contribuer au développement et à l’aménagement du gouvernorat. Il peut être composé par les présidents des conseils locaux, les représentants des communes, des organisations régionales et des services régionaux et est dirigé par un président élu par ses pairs. Le gouverneurest chargé de l’exécution des décisions du Conseil.

Pour les services techniques, il est temps de :

            – Rationaliser le découpage sur la base des régions économiques pour les services qui touchent plus d’un gouvernorat. Il y a lieu de regrouper les services plus rares ou de niveau régional (BCT, Banques, commerce extérieur, licences, INS, AFH, SONEDE…) dont la déconcentration poussée ne se justifie pas encore au niveau des centres supérieurs de l’armature urbaine et dans le cadre des régions économiques ou régions-plans.

            – Etoffer les services au niveau de tous les gouvernorats pour les centres qui souffrent encore de carence comme Tozeur, Kébili, Tataouine, Sidi Bouzid, Siliana….

            - Doter les services techniques d’un pouvoir régional de nature à en faire de véritables relais au service de la région et du Conseil Régional. Pour cela, une véritable décentralisation est à mener en dotant les services régionaux d’un véritable pouvoir de décision et en déléguant certaines attributions de l’administration centrale aux régions. 

b – Affiner le découpage en gouvernorats en divisant certains gouvernorats qui dépassent un seuil donné en termes de taille dans une démarche qui permet un encadrement plus rapproché de la population et qui facilite la création de la région par la suite à une échelle supérieure. 

2.2 – Au niveau régional : créer la région 

            Il s’agit de créer la région et la doter d’une structure de gestion : le conseil régional, coiffant les gouvernorats d’une même région économique qui assure la coordination des divers programmes et la mise en œuvre des projets communs. Le conseil régional peut être composé des représentants des gouvernorats de la région concernée, élus directement au suffrage et des représentant des services techniques régionaux. Il est présidé par un président ou Commissaire Régional élu par ses pairs et dont la tâche réside dans la coordination des programmes touchant la région, la planification spatiale, le développement régional, le suivi et le contrôle des projets de dimension régional qui dépassent les compétence (spatiales, techniques ou financières) d’un seul gouvernorat. 

            Il est temps de repenser totalement les programmes régionaux en séparant les programmes à caractère social (chantiers, fonds conjoncturels…) sous forme d’un Fonds d’Action Sociale(FAS) qui obéît à des impératifs socio-politiques, des programmes de développement qui formentun Fonds de Développement Régional (FODER) géré par les Banques et les Sociétés Régionales de Développement (BRD et SRD).

Le même fonds peut servir aussi pour financer les programmes de développement local dans la mesure où les mécanismes et les schémas sont un peu différents mais les actions de développement local débouchent en fin de compte sur le développement régional. Ce fonds pourrait jouer un rôle similaire à celui de la Caisse du Midi en Italie qui a permis le développement du Mezzogiorno et l’émergence de la troisième Italie. 

2.3 – Le Commissariat Général et les Offices de Développement Régional 

            La situation actuelle se caractérise par un partage de rôles le moins qu’on puisse dire problématique. En effet, le Commissariat Général au Développement Régional créé au début des années 1980, après quelques années d’exercice, a vu ses prérogatives limitées aux gouvernorats du littoral tandis que les régions de l’Ouest et du Sud se trouvent  plutôt régies par les Offices de Développement du Nord- Ouest (ODYSPANO), du Centre Ouest (ODCO) ou du Sud (ODS). Cette dichotomie des territoires et des attributions pose le problème de la coordination et de la cohérence de l’action régionale. Est-ce que le développement régional se limite au littoral et comment concevoir une politique d’action régionale tronquée ?

            Il s’agit d’assurer la cohérence de l’action des deux institutions, par précision des tâches ou par fusion des attributions. Si la question ne se pose pas pour les Offices de développement qui ont un périmètre précis, on voit mal comment un Commissariat général au développement régional s’occuper seulement des gouvernorats littoraux ? 

2.4 – Le développement régional et l’aménagement territorial 

            La coordination entre l’aménagement et le développement régional est très bénéfique dans la mesure où elle permet d’articuler les deux actions de développement et d’aménagement territorial. Cette expérience a été opérée dans les années 1980 mais n’a duré que quelques années, emportée entre autres par la crise et le désengagement de l’Etat dans le cadre du Programme d’Ajustement structurel.

Il est important de re-penser l’expérience, une nouvelle fois, de manière à restructurer l’espace national et les espaces régionaux pour créer une structure territoriale durable et assurer la cohérence globale entre les divers projets de développement et les schémas d’aménagement territorial.

            L’importance de cette instance fait qu’elle touche plusieurs départements (l’équipement, le transport, le tourisme, l’industrie, l’agriculture, l’université, les technopoles…) et une structure interministérielle serait plus adaptée à ce type de tâche. Cette structure peut prendre la forme d’un Commissariat Interministériel pour le développement territorial (CIADET) doté d’un fonds de financement conséquent.  

Conclusion 

            L’analyse montre que la région est une nécessité qu’il convient de créer mais sa création ne peut être dissociée du problème du pouvoir institutionnel et des moyens financiers qui constituent l’élément central de la question régionale tant au niveau spatial que social. 

En l’absence d’un contre-pouvoir régional, le processus de développement contribue inéluctablement à renforcer davantage l’appareil de l’Etat central même si son désengagement croissant devant la mondialisation rampante laisse de plus en plus du terrain aux ONG et au développement local qui lui sert de vecteur d’encadrement et d’un terrain de récupération et permet aux acteurs locaux de participer au développement régional.  

            Il s’agit de doter la région de bases productives réelles, créer les conditions d’une véritable intégration régionale et asseoir le pouvoir régional en même temps que la région même. En fait, on se trouve là devant un cercle vicieux dont la rupture ne peut s’opérer que par une démocratisation de la vie socio-politique et la décentralisation, c’est à dire un acte politique et de pouvoir, indissociable de la sphère politique en général où la région devient un maillon de la démocratie, un contre-pouvoir de régulation, un terrain de la citoyenneté, une autre territorialité qu’il convient de créer. 

Références 

Amin S – 1973 : L’échange inégal et la loi de la valeur, la fin d’un débat. Paris, Anthropos, IDEP.

Belhedi A – 1992 : L’aménagement du territoire en Tunisie. PUT, FSHS

Belhedi A – 1996 : Développement régional, rural, local. Cahiers du Ceres

Brunet R, Ferres R et Théry – 1993 : Les mots de la géographie. Doc Française.

Bettelheim C – 1961 : Commentaires sur Reflexions on Capitalism de Shegeto Tsuru. In Tsuru S (dir) : p 93-109.

Frémont A, Chevalier J, Herin R, Renard J – 1984 : géographie sociale. Masson

Friedmann J – 1963 : Regional economic policy for developing areas. Papers and proceedings, The Regional Science Association, vol 11

Gendarme R – 1963 : La pauvreté des nations. Paris, Cujas

Harvey D – 1973 : Urban systems and social justice. Londres, Arnold

Kayser B – 1973 : Le nouveau système des relations ville-campagne. Espaces et sociétés, 8

Lévy J et Lussault M – 2003 : Dictionnaire de géographie et de l’espace des sociétés. Belin

Lussault M – 2002 : L’action spatiale en géographie urbaine. Conférence à l’ENS-LSH, 14 février 2002. CR Yann Calbérac.

Reynaud A – 1981 : Société, espace et justice. PUF.

Santos M – 1975 : Espace et domination : une approche marxiste. Revue Internationale des Sciences Sociales ; vol XXVII, n° 2, Unesco, pp 368- 386

Santos M – 1975 : L’espace partagé : les deux circuits de l’économie urbaine en pays sous développés et leurs répercussions. Paris, M Th Genin.


[1] Cela me rappelle une communication intitulée « Méthodologie d’approche des déséquilibres régionaux » que j’ai faite aux 8° Journées Géographiques de l’AGT le 25 déc. 1981 portant sur « le déséquilibre régional », à l’ENS et dans laquelle j’ai esquissé la notion du coefficient de développement socio-économique à partir de 11 indicateurs. La réflexion a beaucoup évolué depuis.

[2] De Rosnay J – 1975 : Le macroscope, vers une vision globale. Seuil.

[3] Au niveau de l’économie urbaine, nous avons trouvé que le rapport entre la taille d’un centre urbain et celle de la population qu’il dessert est en moyenne de 3. Ce rapport correspond en fait à l’aire d’influence des services publics essentiellement (Belhedi A 1992).

 [4] Dans le même cadre, les conseils locaux de développement ont été créés, ils sont composés par les élus locaux et les chefs de secteurs et les services locaux.

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Le mouvement moderniste tunisien et la question spatiale

Posté par amorbelhedi le 22 janvier 2010

                                                    Le mouvement moderniste tunisien et la question spatiale 

Amor Belhedi 
Faculté des Sciences Humaines & Sociales

Le mouvement moderniste tunisien et la dimension spatiale. Amor BELHEDI, Journée du 22 janvier 2010, Tunis, Diplomat, ACMACO, PRMT /Tunisie 2040
Communication faite au Club Bochra El-Khaier – Alain Savary  05 février 2010
Communication à l’atelier sur le Développement durable, ACMACO, 30 mai 2011, Hôtel Ariha, Tunis
 Texte remanié et publié dans Tunisie 2040, ACMACO-CEMAREF, 2012

Parler de la dimension spatiale et du mouvementrema moderniste tunisien peut paraître prétentieux et problématique à la fois. On pourrait se demander quel est le lien entre ces deux pôles représentés par l’espace et le modernisme ?

Il s’agit, pour nous, plutôt d’une analyse a posteriori à la lumière des différentes expériences que la Tunisie a connues depuis l’indépendance. Mener une analyse a posteriori ne court-elle pas le risque de réduire le mouvement moderniste tunisien à la société politique seulement ?

Au préalable, il convient de faire deux remarques relatives à l’espace en général et au mouvement moderniste tunisien, avant de voir de quelle manière se pose la question spatiale en Tunisie. 

1- L’espace : comme rapport socio-politique 

L’espace n’est pas un simple support matériel neutre, il constitue toujours un rapport socio-politique qui assure la reproduction des rapports sociaux à travers sa matérialité, sa durabilité et de là, l’inertie qu’il présente aussi au changement. Une route ou un barrage, un port ou un aéroport sont construits souvent pour des décennies, voir plus. Dans l’histoire, on n’a jamais vu de destructions à part celles des guerres, si bien ce qu’on construit c’est pour toujours même si parfois on est amené à corriger ou à rectifier les erreurs. Même les pays les plus riches n’ont pas les moyens de détruire ce qui a été construit à un moment donné tellement le coût est très élevé. 

L’espace exprime l’image de la société et à chaque société correspond un espace qui reflète les rapports de production et exprime les rapports sociaux. 

2- Le mouvement moderniste et la priorité à l’ordre national 

Le mouvement moderniste en Tunisie, a pris la relève du mouvement réformiste, il se situe au niveau global et consiste à construire une nation, d’où la priorité absolue donnée au niveau national, ce qu’on peut considérer comme légitime pour toute construction nationale lors de la première étape  d’une ou deux décennies; mais ce qui n’est pas acceptable c’est qu’on continue, la mondialisation aide à consacrer cette orientation, à prôner la même chose un demi siècle après.

C’est une construction nationale dans un cadre colonial, d’où toute la spécificité de ce mouvement par rapport aux autres mouvements modernistes nés dans des contextes différents en Europe, au Japon ou en Turquie… 

La modernité correspond à plusieurs fondements dont on peut citer l’individu, la citoyenneté, la démocratie, l’équité, la rationalité de gérer le territoire national, l’identité qui débouche sur l’Etat-nation et le nationalisme. Mais peut-on se limiter de nos jours à une seule territorialité, celle de l’Etat-nation ? N’est-elle pas une territorialité parmi d’autres en fait et à ce titre, la modernité consisterait aussi à favoriser l’émergence d’autres territorialités d’ordre infrarégional et local avec tout le risque de conflit ? 

L’absence de réflexion et de textes fondateurs sur la dimension spatiale constitue un handicap, une carence du mouvement moderniste par la suite lorsque la question régionale ou locale va se poser avec acuité, une fois passée l’euphorie des premières années de l’indépendance. Cette carence va donner lieu à des hésitations et des ambiguïtés. Seul le syndicat avait un programme à dimension spatiale, présenté lors de son congrès de 1956. Il a été repris par la suite par les Perspectives décennales 1962-1971 et appliqué en partie, par A Ben Salah, ancien S.G. de l’UGTT, dans les années 1960. L’absence de réflexion de la part de l’élite tunisienne sur la question, nous oblige à nous limiter à une analyse a posteriori à partir des expériences menées depuis cinq décennies et à la pratique de la société politique, le pouvoir central, mais est ce que le mouvement moderniste se limiterait à cette société ? 

3- Deux logiques : la concentration et le saupoudrage 

La construction nationale passe par la mise en place de grands projets régis par la concentration et la rentabilité et la redistribution qui débouche sur le saupoudrage. La primauté de l’ordre national va reléguer la question régionale au second plan. 

a- La primauté de l’ordre national 

Le nouveau pouvoir national s’est construit aux dépens des formes traditionnelles (tribu, communauté…) dont l’ère est jugée comme révolue avec l’indépendance. A l’instar du voile, «le sefsari », l’ordre spatial infranational, d’une forme de résistance à l’oppresseur, de créateur d’identité « tunisienne » naissante sous le joug colonial, il devient avec l’indépendance une contrainte, voire un contre-pouvoir qu’il convient de combattre même. 

Cette primauté à l’ordre national a pour corollaire la concentration exigée par l’impératif de croissance d’abord et de développement par la suite, le slogan mobilisateur « le rattrapage des pays avancés » (اللحاق بركب الأمم المتقدمة) est très révélateur. N’est-il pas appelé  par le premier Président de la République « El-Jihad al Akbar » (الجهاد الأكبر). 

La dimension économique se trouve ainsi privilégiée au nom de l’efficience et de la rentabilité, ce qui est légitime à ce stade, elle va donner lieu à une tendance à la concentration dans les espaces qui garantissent le mieux cet objectif. L’espace devient lui-même un facteur d’accumulation et de développement.

Dans ce cadre, les espaces les mieux placés sont les mieux nantis, soit au départ par la nature ou l’histoire, soit au niveau de chaque étape par les investissements opérés durant la période antérieure. On trouve les zones littorales notamment orientales et les grandes villes, la capitale en constitue l’ultime synthèse en ajoutant encore les économies externes et d’échelle nécessaires.

Ces espaces vont concentrer les grands projets aussi bien d’infrastructure (ports, aéroports, routes, autoroutes) que de production (irrigation, industrie, tourisme, technopôles…).  

b- Le niveau infrarégional relégué au niveau secondaire 

 La primauté accordée à la construction nationale relègue les échelons inférieurs à un rôle secondaire, ils ne vont être reconnus que timidement et tardivement dans les limites que permet le pouvoir central. Dans cette logique, deux impératifs vont guider l’intervention de l’Etat :

- La mise en valeur des ressources : La mise en valeur des ressources locales a constitué dès le début un souci majeur du pouvoir central : cellules et offices de mise en valeur des années 1950-60 (Souassi, Sidi Bouzid, Mejerda…), Offices des Périmètres Irrigués des années 1970, Offices de développement du Centre, du Sud et du NO dans les années 1970-80 (ODS, ODCO, ODSPNO), sont autant d’actions qui s’appuient sur la modernisation agricole et permettant d’améliorer les conditions de vie. 

- Le maintien sur place des populations : Le maintien des populations a été toujours le souci majeur  à travers des actions qui changent de forme, d’envergure et de gestion : les chantiers de travail (ou de lutte contre le chômage dès la fin des années 1950), la collectivisation forcée, le Programme de Développement Rural dès 1973, le PDRI, le PDUI jusqu’aux Programmes Régionaux dès 1986 ou le PNS dès 1989…

Le premier souci de l’Etat indépendant a été de fixer les nomades et les semi nomades notamment au Sud, d’où l’effort de sédentarisation dans la promotion des petites villes à tel point que le recensement de 1966 ne relève pas de nomades dans les chiffres officiels ? Dans une étape ultérieure, on s’est efforcé de fixer la population rurale et limiter l’exode qui s’est généralisé durant la seconde moitié des années 1960 parallèlement à la collectivisation forcée, au point qu’on a été amené de forcer les populations au retour à la fin des années 1960. 

Ce double impératif de mise en valeur ponctuelle et de rétention expliquent le caractère socio-politique et le saupoudrage des actions entreprises : 

* La dimension socio-politique de la plupart des programmes est manifeste même dans ceux qui portent le qualificatif développement dans un souci de solidarité nationale à travers le processus de redistribution et avec un impératif de régulation ce qui a conduit au saupoudrage. 

* Le saupoudrage : Le mouvement de libération a suscité beaucoup d’espoirs à travers « l’explosion des besoins » dont parlait A Ben Salah ce qui exige l’intervention de l’Etat à travers les équipements socio-collectifs et les petits projets qui relèvent plutôt de la mise en valeur. Fautes de moyens suffisants, il en découle le saupoudrage pour assurer la régulation ou le dénouement des tensions en particulier dans les espaces qui ne répondent pas aux critères de la rentabilité, qui ne disposent pas de ressources.  

4- Les réalisations et les limites 

4.1- La mise en place d’une administration territoriale moderne 

L’une des mesures entreprises au lendemain de l’indépendance a été la mise en place d’une administration territoriale moderne à trois niveaux (gouvernorat, délégation, secteur) et un affinage progressif du pavage spatial qui remplace l’ancien découpage administratif qui était dual : traditionnel (en Khalifa et Guiada) et colonial (contrôles civils). Le découpage a souvent rompu avec le marquage tribal. Le pouvoir traditionnel a été combattu pour asseoir le nouveau pouvoir de l’Etat-Nation à travers le tracé mais aussi à travers le nom des unités territoriales. La modernité ne passe-t-elle pas par l’individualisation ? 

Le découpage administratif est passé de 13, 86 et 743 en 1956 à 24, 264 et 2073 actuellement, respectivement pour les trois niveaux administratifs (gouvernorat, délégation et secteur). Cette organisation va constituer la base de l’équipement socio-collectif de base et a permis la diffusion des services un peu partout dans l’ensemble du territoire : santé, éducation, culture, jeunesse. 

On a institué le Conseil de gouvernorat (1963), puis le Conseil Régional, et Local de Développement (1989), enfin les Conseils ruraux (1994) qui sont composés par les représentants des services régionaux ou locaux mais aussi les élus (régionaux et locaux).

Le nombre de communes est passé de 75 en 1956 à 262 en 2004. La loi organique des communes de 1975 donne à la Commune de larges prérogatives en matière de gestion, de voire, d’équipement et d’aménagement. 

Face au désengagement de l’Etat et la mondialisation montante, le local fit son apparition, il fut encouragé même à travers le développement du tissu associatif, la mise en place des Associations d’Intérêt Collectif (AIC), des Groupements de Développement Agricole (GDA) plus récemment, la création des Sociétés de Développement Local (SDL) au niveau de chaque délégation, la création des Conseils Locaux de Développement et des Conseils Ruraux en 1989. 

Mais ces efforts trouvent leur limite dans les points suivants :

• Le tracé des unités administratives a été souvent modifié pour rompre avec le marquage territorial tribal au même titre que le nom parfois. Une collectivité n’existe qu’à travers le pouvoir dont elle dispose. Dans tous les cas, les unités (gouvernorat, délégation) portent le nom du chef-lieu et là on peut y lire la négation de l’existence même de la collectivité territoriale. Une seule territorialité est permise, celle de l’administration selon un schéma de rattachement vertical.

Le Cheikh, choisi parmi trois proposés par la collectivité a été remplacé par le Omda, nommé dès 1969 ? Le gouverneur est le représentant personnel du Président, il gère plus 90% du territoire en l’absence d’une communalisation comme est le cas au Maroc par exemple sans aller à la rive Nord. 

• Les conseils régionaux ou locaux de développement constituent une réplique du système politique : ils sont composés les représentants des services régionaux et locaux et les élus à l’échelon régional et local et présidés par le gouverneur (il est le représentant du Président de la République) et le délégué. Les conseils locaux sont formés par les omdas (chefs de secteurs) et les présidents qui sont nommés.

On peut y voir la volonté d’un encadrement plus serré, des territoires et des populations, en l’absence d’une représentation réelle des populations concernées, des collectivités territoriales et de contre-pouvoirs, en sauvant la forme tout en gardant l’essentiel du pouvoir pour bien tenir une population devenue de plus en plus revendicative. 

• Plusieurs tâches ont été soustraites aux communes et données aux Offices et aux sociétés nationales (Sonede, Steg, Onas…). En outre, la majeure partie du territoire n’est pas communalisée (>95%) et se trouve administrée directement par le gouverneur à travers le Délégué et le Omda. 

• L’émergence du local n’est qu’un subterfuge pour pallier au désengagement de l’Etat et à la carence de la société civile locale. Les AIC et les GDA se trouvent encadrés par le parti au pouvoir et l’administration locale tout en sauvant la forme à l’instar du rapport global qui lie la société politique à la société civile. 

4.2- Réduction générale des écarts interrégionaux 

La diffusion des services socio-collectifs et des infrastructures de base au point qu’on peut dire sans équivoque que les écarts, entre les régions    d’un côté, la campagne et la ville de l’autre, ont beaucoup reculé quelque soit l’indicateur utilisé (indicateurs élémentaires, coefficient de variation, indicateurs synthétique) à la suite de nombreux programmes de développement (PDR, PDRI, PRD) du FSN (26-26) ou des Programme de l’emploi (Fonapra, Sivp, PEJ 21-21…), la diffusion de l’appareil productif industriel en particulier, la libéralisation des transports. 

Dans la zone frontalière, l’Etat est intervenu depuis le début des années 1970 à travers le Programme Frontalier du PDR entre 1974-1986 (1Md D/an/gouvernorat) et la mise en place de certains projets : Station de Tabarka, ciment blanc, chaux…, durant les années 1980. 

Le développement régional a été formulé clairement avec le VI° Plan qui lui consacra un chapitre, de nombreux projets virent le jour. Un Commissariat Général au Développement Régional (CGDR) a été créé, il a établi la carte des priorités régionales et a élaboré la première génération des PDRI. Il y a eu même l’intégration du développement régional et de l’Aménagement du territoire avec le COGEDRAT. La dimension régionale est introduite comme un critère d’octroi des avantages depuis 1977 jusqu’au CII de 1993 où toute la zone frontalière fait partie de la zone de développement régional prioritaire. 

Le programme de développement rural (PDR), le PDRI et le PNS ensuite ; ont contribué à améliorer les conditions de vie dans les campagnes et les zones d’ombre, désenclaver plusieurs zones et créer des dynamiques locales au point qu’il y a eu même des amorces de reprises, certes limitées et localisées, mais réelles. 

Mais maintien de la position des régions et des gouvernorats 

• Au niveau régional, les régions et les gouvernorats occupent la même place depuis un demi-siècle, il y a peu de changement dans l’ordre spatial. Le rang des régions et des gouvernorats est resté inchangé. Les programmes régionaux de Développement n’ont pas dépassé 11% des investissements ce qui reste très faible, dérisoire si on sait que les PRD concernent tous les gouvernorats.

 La migration constitue toujours l’expression de la dynamique spatiale, on peut utiliser à ce titre le solde migratoire comme indicateur. A l’exception de quelques intermèdes, liés à la mise en place de certains projets (Sahel, Gabes, Sidi Bouzid…) ou la promotion administrative et qui ne dépassent pas la décennie, les cartes et les soldes migratoires reflètent bien cette dynamique. Il semble même qu’on revient un peu au schéma spatial du départ à des nuances près : toutes les zones présentent un solde migratoire négatif à part Tunis, le CE et un peu le NE alors que pendant les années 1970-80, on avait un schéma plus complexe et plus diversifié. Le CO est devenu récemment une grande zone de départ dépassant ainsi le NO en termes de départ entre 1999-2004 (INS 2004) ? 

• L’Etat, consciemment ou non, est intervenu massivement sur le littoral (remplacement des colons, crise de Bizerte et reconversion, espaces plus dynamiques et mieux placés…) si bien qu’au clivage traditionnel et hérité  Nord-Sud, lié à la nature et l’histoire (y compris la colonisation des terres riches du Tell), s’est substitué un nouveau clivage Est-Ouest, expression de la Tunisie indépendante. Le littoral s’est renforcé davantage, les espaces extrêmes se trouvent consolidées avec les ports (Gabes), le tourisme et les aéroports (Jerba), les zones franches (Bizerte, Zarzis) et plus récemment le réseau autoroutier et les terminaux d’Enfidha. 

• L’absence de visibilité fait que le développement régional soit conçu comme un saupoudrage : Les Programmes Régionaux de Développement (PRD) regroupent depuis 1986 tous les programmes à caractère général qui touchent tous les gouvernorats tandis que les conseils régionaux exceptionnels sont souvent présentés comme un don du pouvoir central sous la forme d’un ensemble d’actions peu intégrées touchant tous les domaines allant du jardin d’enfant au parc urbain ou à la cimenterie ? 

• Le développement régional n’a été formulé clairement qu’avec le VI° Plan (1982-86) si on excepte les Perspectives décennales (1962-1971), mais la crise du milieu des années 1980 va marquer un arrêt et l’abandon de nombreux projets. Le Programme de l’ajustement structurel (PAS) adopté par la Tunisie, va placer la question régionale, au second plan et donner de nouveau la priorité à l’ordre national.

La fusion avec l’Aménagement du territoire (COGEDRAT) n’a pas duré que deux ans (1986-1988) et de nouveau le CGDR va être chargé en 1988 des zones littorales tandis que les offices de développement vont se charger des trois régions intérieures (ODS, ODCO et ODSPNO). La zone où on accorde le plus d’avantages n’a attiré jusque là que peu d’investissements (18%). 

• Les écarts entre la ville et la campagne se sont réduits au niveau des équipements classiques, ils sont loin de l’être sur le plan du niveau de vie exprimé par la Dépense par personne /an (DPA) dont l’écart reste à peu près le même entre 1975 (1,81) et 2005(1,87). Sur un autre plan, des écartsapparaissent ou se creusent au niveau des nouveaux équipements (ordinateur, téléphone fixe, TIC, internet…). 

4.3- Des efforts de  décentralisation et de déconcentration 

La concentration des activités était telle sur le littoral qu’elle a nécessité la mise en œuvre de mesures de déconcentration et de décentralisation dès le milieu des années 1970. Plusieurs mesures ont été prises qui touchent la déconcentration administrative, universitaire, hospitalière et industrielle. La dimension régionale est introduite comme un critère d’octroi des avantages dans les différentes législations en découpant le pays en zones à avantages différentiels (Foprodi 1977, loi 1981, loi de 1987, Code d’Incitation aux Investissements de 1993). Il est vrai que depuis, de nombreux progrès ont été réalisés, Tunis ne représente que 42% des étudiants, 52% des labo et Unités de recherche, 32% de l’emploi industriel.

 Qui restent limités 

• Les mécanismes mis en place depuis le milieu des années 1970 ont été timides et insuffisants. Les différentes mesures préconisées (FOPRODI de 1977, loi API 1981, Loi 1987, Code d’Incitation à l’investissement de 1993…) relèvent plutôt de la déconcentration. Les sociétés qui ont transféré leur siège social, ont gardé souvent un important service commercial dans la Capitale. 

• Les zones qui en profitent le plus des mesures prises depuis le milieu des années 1970 sont celles qui se trouvent aux environs des grands centres qui profitent à la fois des incitations accordées et des aménités que leur offre la proximité des grandes villes : la zone B du Foprodi, la zone III des lois de 1981 et 1987 de l’API. 

• La zone frontalière qui dispose le plus d’avantages, n’a attiré que moins de 3% des investissements textiles, le secteur le moins capitalistique et qui n’exige pas une main d’œuvre très qualifiée ? 

4.4- Développement régional et aménagement du territoire : Du retard et des hésitations

Dans un pays en voie de développement, il est très dangereux de laisser le marché ou l’extérieur régir l’organisation du territoire (M Santos) tant que les enjeux sont de taille. La Tunisie a attendu une trentaine d’années pour se doter de son premier Schéma National d’Aménagement du Territoire en 1985, il n’a pas eu le temps de se concrétiser sur le terrain puisqu’un second Schéma a été élaboré une décennie après (1996-98) dans un contexte de crise (PAS) et de mondialisation au point que le parti choisi a été à l’opposé du premier et que la dernière phase de l’étude n’a pas été rendue publique ?

De l’autre côté, les hésitations de rattachement de l’aménagement du territoire sont significatives du manque de visibilité de la question spatiale. La DAT a été rattachée au début à la fin des années 1960 à l’économie, puis à l’équipement, au plan, à l’agriculture, à l’environnement, enfin de nouveau à l’équipement ? 

5- Les expressions spatiales 

L’expression spatiale de ce double processus contradictoire se manifeste à travers la concentration de la dynamique spatiale sur le littoral, l’étanchéité de la frontière et l’absence d’un contre pouvoir territorial. 

5.1- La concentration des ressources et des potentialités 

L’une des expressions de cette évolution de la Tunisie indépendante est la concentration de la population, de l’urbanisation, des richesses, l’investissement (public et privé), du système productif. 

                                                    Part de Tunis et du littoral  en % 

Population Pop. Urbaine Investis

sement%

 industrie%

Tourisme%

AgricultureClubs InternetLa capitale22,732323111-44,6Le littoral68,4 8094956087

Source : INS 2004, A Belhedi 1992, 2007, 

Cette concentration est porteuse de déséquilibres dans la mesure où elle est appelée à s’accentuer du fait même des effets cumulatifs des mécanismes du marché où le capital fixe (mobilisé dans l’espace) attire le capital mobile, encore libre selon un cercle vicieux dont la rupture n’est ni facile, ni évidente. 

L’analyse montre qu’il y a une triple corrélation : d’abord entre l’investissement à une période donnée (It) et celui de la période suivante (It+1) ; ensuite entre l’investissement public (IP) et l’investissement privé (Ip), enfin entre l’investissement et les autres indicateurs socio-économiques (urbanisation, emploi, DPA, scolarisation…). 

Comment corriger cette dynamique périlleuse et en faire un cercle vertueux sans casser le rythme de la croissance ? 

5.2- De fortes pressions sur le milieu 

Cette concentration sur le littoral fait que d’un côté on assiste à de fortes pressions sur le sol et les ressources sur le littoral et dans les grandes villes au point où la problématique de préservation est devenue impérative. L’urbanisation, le développement industriel, le tourisme en expansion, l’intensification agricole et les besoins d’espaces récréatifs font que la pression est forte sur ces espaces.

A l’intérieur, le rapport au milieu devient problématique aussi dans la mesure où l’abandon de l’agriculture et l’exode dans le cas des zones de dépeuplement, la surexploitation des ressources en sol, en eau ou de la forêt au Nord Ouest posent le problème de l’équilibre qui devient partout instable et fragile.

Dans un cas comme dans un l’autre, il s’agit de préserver l’équilibre en adoptant des mesures variables selon les zones pour instaurer un rapport avec le milieu, viable et soutenable. Un rapport variable selon les zones qui consiste tantôt à encourager le départ et l’émigration pour alléger la pression démo-économique, tantôt à favoriser l’intensification, le maintien et la rétention des populations là où les ressources les permettent. 

5.3- La Tunisie entre la mondialisation et la construction maghrébine 

La mondialisation est appelée à renforcer la concentration littorale et au sommet de la pyramide urbaine même si on assiste à un certain affinage des rôles et des fonctions notamment pour la Capitale au profit du NE, voire du Sahel. La nouvelle plateforme portuaire et aéroportuaire d’Enfidha va combler le hiatus qui se trouve entre le Sahel et le Cap Bon. L’analyse de la carte des implantations des entreprises NTIC montre la primauté de Tunis et du littoral et le schéma de diffusion du réseau autoroutier reprend, à quelques nuances près, le schéma de diffusion ferroviaire ou routier ?  La Tunisie de demain est déjà tracée ?

L’intérieur se trouve marginalisé, voire condamné parfois à l’action sociale et à l’assistance. Le dernier Schéma National d’Aménagement du territoire (SNAT) de 1998 a dressé une ligne de partage (pas des eaux) de la Tunisie de demain : une Tunisie de l’économique et une Tunisie du social, un espace littoral rentable et un espace intérieur démuni à soutenir. Cette ligne serait-elle une simple proposition mal venue ou le destin inévitable inavoué ? On a parlé même, à un certain moment pendant les années 1990, du développement en fonction des ressources propres à chaque région. Un slogan intégrateur qui cache la fin du territoire dont l’un des fondements est la solidarité ? Le schéma de 1985 préconisait l’équilibre alors que celui de 1998 a choisi la littoralisation  en l’espace d’une décennie ? 

La zone frontalière, est-elle destinée à être un simple cul de sac, où seuls le contrôle et le social seraient permis devant l’étanchéité des frontières d’un Maghreb qui n’existe que dans l’imaginaire de quelques générations trop imaginatives ou peu réalistes ? Les espaces intérieurs, du moins ceux qui correspondent à la Tunisie actuelle, n’ont pas été toujours des marges et des impasses pourvu que les pouvoirs en place s’ouvrent un peu ? La construction maghrébine est susceptible d’en faire un espace d’échange, une interface qui équilibre le poids trop lourd du littoral, si on veut éviter que l’intérieur se transforme de plus en plus en une série d’arrière-pays mobilisés et vidés au service des foyers littoraux. 

5.4- L’étape critique dans l’histoire du pays 

La Tunisie se trouve actuellement à une étape critique pour l’action régionale, celle qui correspond à une part de l’industrie dans le PIB entre 15% et 20% (J Friedman 1966) et un niveau intermédiaire du revenu/hab (Williamson 1965). Par la suite, l’action régionale risque de ne plus être possible.

Le rapport de la Banque Mondiale de 2009 met l’accent sur le rôle des institutions appropriées dans le processus de développement, avant même les connectivités (les infrastructures) et l’intégration. Il montre aussi la centralité de la mobilité et des proximités. Il relève que l’inégalité génère la pauvreté, or le développement est un processus inégalitaire par essence, d’où la nécessité de l’intégration territoriale notamment durant les premières étapes du processus. 

Il s’agit de doter la Tunisie d’une structure spatiale viable et durable, susceptible de réduire les écarts et où il s’agit de modifier le rapport à l’espace. La question n’est pas d’enrayer les écarts, qui sont nécessaires même pour une compétitivité saine des différentes régions d’un territoire dont le fondement même s’appuie sur la solidarité et l’équité. Il s’agit de ne pas dépasser le seuil de l’acceptable en acceptant les déséquilibres inévitables mais contrôlables et supportables. 

Au début, l’Etat indépendant s’est attelé à corriger les déséquilibres inhérents à l’ordre colonial, l’évolution durant un demi siècle a montré que d’autres déséquilibres se trouvent générés (même si on n’a pas corrigé totalement les anciens) qu’il convient maintenant de corriger. Mais à défaut d’une vision claire de la dimension spatiale, on se trouve maintenant devant les mêmes défis de départ, les données et l’échelle ont simplement changé? 

Faute d’une vision claire de la question spatiale, les dérapages ont été nombreux et les déséquilibres ont été à la taille des réalisations. Faudrait-il un autre demi siècle pour corriger les défaillances liées à la mondialisation avec un Etat de moins en moins engagé qu’auparavant ? 

5.5- Une structure spatiale viable et durable 

La problématique consiste à doter le pays d’une structure spatiale durable permettant de préserver les équilibres, la solidarité des différentes régions du pays, le développement équitable en réduisant les écarts tout en préservant les opportunités de croissance et en favorisant les espaces compétitifs. 

Le développement durable ne se limite pas aux ressources, il se pose aussi au niveau de l’organisation de l’espace qui doit permettre un développement soutenable et l’amélioration du cadre de vie en consolidant les espaces, porteurs de croissance et vecteurs de développement et de progrès, quelque soit le scénario à envisager, en gardant les déséquilibres dans les limites du supportable. 

5.6- Centralité de l’Etat et nécessité d’un contre-pouvoir  territorial 

Quelque soit le scénario envisagé, le rôle de l’Etat est central mais le rôle des différents acteurs est cependant à re-visiter. Les collectivités locales sont à réhabiliter pour pouvoir constituer un contre-pouvoir, nécessaire même à la survie de l’Etat moderne si on voudrait éviter les dérapages. 

Au nom de la modernité, l’Etat a tout fait pour remplacer le pouvoir traditionnel (tribal, arch) et briser les identités territoriales classiques (liens horizontaux d’autorité ou d’appartenance) allant jusqu’à modifier les noms des lieux et des personnes. Faudrait-il maintenant dépenser les mêmes efforts et attendre la même durée pour créer de nouveaux liens susceptibles de rééquilibrer le poids écrasant, sans contrepoids, du pouvoir central ? Devant la pression croissante du mondial et de la globalisation, le local constitue-t-il l’alternative ou un simple substitut pour conserver le pouvoir tout en sauvant la forme ? 

La citoyenneté passe à travers l’équité spatiale (et non l’égalité), à côté de l’équité sociale. Dans toutes les démocraties du monde, la représentation démocratique des populations, s’opère à travers la représentation territoriale. Avant tout, on est représentant d’une ville, d’une collectivité, d’un gouvernorat ou d’une région. En second lieu, à l’instar de la société civile, il faudrait créer un contre-pouvoir territorial réel pour équilibrer le jeu des acteurs et ne pas laisser tout seul l’Etat ou le parti-Etat. La redistribution des pouvoirs et la délégation d’une partie aux collectivités territoriales exige souvent un Etat fort qui émane de la société civile ou une société civile plus agressive qui arrive à conquérir une partie du pouvoir ? Voila un autre cercle vicieux qu’il convient de rompre. Le territoire n’est que l’image de la société et dont l’organisation porte la marque du rapport société politique/société civile. 

Bibliographie 

Banque Mondiale  – 2009 : Repenser la géographie économique.
http://www.worldbank.org/wdr2009

Belhedi A – 1992 : L’organisation de l’espace en Tunisie. PUT, FSHS

Belhedi A – 2007 : Le rayonnement spatial des villes tunisiennes à travers la diffusion des entreprises multi-établissements pour l’innovation. Cybergeo, Revue Européenne de Géographie, 372.

Friedman J – 1966 : Regional Development Policy : A Case of Study of Venezuela. Massachusetts, MIT Press, 280p

INS : Recensements général de la population et de l’habitat 2004

Williamson J. I – 1965 : Regional Inequality and the Process of National Development. Economic Development and Cultural Change, 4, 3-84

                                                                       Tunis, 22 janvier 2010

                                                                        Tunis, 05 février 2010

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Espace et développement durable

Posté par amorbelhedi le 17 juillet 2009

 

Espace et développement durable

Université d’été,  17-19 juillet 2009, ACMACO-CEMAREF

fichier doc Espace et DD

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ولاية المهدية. التّراث والبيئة والتنمية

Posté par amorbelhedi le 30 mai 2007

                                                                                                                                                                                                            الملخص والتوصيات    
 ولاية المهدية. 
التّراث والبيئة والتنمية 

fichier pdf Mahdia ar 2005

Réalités Online, 29-05-2007

Développement Régional : Une expérience pertinente et prometteuse. Par Ridha Lahmar

“Le Gouvernorat de Mahdia : patrimoine, environnement et développement” est le titre d’une imposante publication bilingue éditée en 2006 (plus de 600 pages) par le Conseil Régional, la mairie et l’ASM de Mahdia. Il s’agit des actes du séminaire organisé les 24-25 et 26 décembre 2004 sous la direction de Hachemi Labaied, géographe et ancien directeur du CERES. C’est le fruit d’une expérience de collaboration originale et fructueuse entreprise par un groupe pluridisciplinaire d’universitaires à titre personnel, à l’initiative de M. Amine El Abed, à l’époque Gouverneur de Mahdia.

Le projet consiste en fait à entreprendre des travaux d’études et de recherches opérationnelles réalisées sur le terrain dans une perspective de promotion du développement régional : identifier les solutions suite à un diagnostic des problèmes et des difficultés dans un esprit de partenariat public-privé. Les chercheurs chevronnés appartiennent à diverses spécialités : géographie, histoire, sociologie, économie rurale et urbaine, géologie, biologie… souvent secondés par des doctorants, coopèrent étroitement avec les autorités locales et régionales, ont accès aux données et aux archives et bénéficient des différentes expertises des compétences et administrations régionales.

Cet esprit constructif d’ouverture de l’administration régionale sur des universitaires motivés par un apport positif commence à donner ses fruits en introduisant une dynamique dans une région à prédominance rurale qui a connu plusieurs civilisations brillantes, recèle de grandes potentialités de développement mais connaît des goulots d’étranglement qui méritent des solutions ciblées et concrètes.

Il faut dire que ce travail de recherche, qui a recueilli l’adhésion et les encouragements des différentes institutions officielles régionales, a été mené avec sérieux durant deux années avec de multiples réunions de coordination et d’évaluation et a comporté trois axes majeurs :

- patrimoine, culture et histoire,

- environnement, aménagement et valorisation,

- développement sectoriel : agriculture, industries agro-alimentaires, pêche et tourisme.

Deux acquis positifs majeurs méritent d’être soulignés au vu de cette expérience :

- l’efficacité constatée lorsqu’il y a une coopération franche et loyale entre l’Administration et des universitaires : l’essentiel consiste à privilégier l’intérêt de la région, pôle de développement tient à l’initiative du Conseil Régional pour faire appel aux compétences privées ;

- la création de la valeur et la valeur ajoutée qui se dégage des synergies lorsqu’il est fait appel aux compétences pluridisciplinaires.

Les différents ingrédients qui existent dans ce gouvernorat méritent d’être valorisés au mieux de leurs possibilités compte tenu des mutations profondes que connaît le pays et la région de Mahdia. J’en évoquerais quelques-uns à titre d’exemple. Comment créer un lien organique entre expansion touristique et hôtelière et mise en valeur du patrimoine historique et actuel afin d’enrichir le produit touristique et lui donner une identité spécifique. L’intensification des systèmes de culture et le développement de la pêche ouvrent des perspectives intéressantes devant la multiplication des industries agro-alimentaires et la promotion des exportations.

L’expansion urbaine mérite un intérêt particulier en relation avec l’émergence d’un pôle universitaire.

Il faut dire que ce travail, qui a été mené selon les règles de l’art selon une convention qui définit les droits et obligations de chacun avec remise de documents écrits, évaluation, conclusion et séminaire, a débouché sur une convention nationale établie avec le Ministère du Développement et de la Coopération internationale, qui a apprécié cette approche. Il pourrait et devrait être généralisé à d’autres gouvernorats.

On peut dire qu’une nouvelle opportunité est entrouverte pour favoriser le développement régional en identifiant les potentialités de nos régions et en libérant les énergies créatrices vis-à-vis de la recherche scientifique multidisciplinaire appliquée afin d’éliminer les entraves et les obstacles et de mettre en valeur nos régions. Il y a lieu de mentionner que cette approche a suscité des opérations de mécénat de la part d’investisseurs privés qui rivalisent pour sponsoriser les projets.

Les compétences professionnelles existent dans notre pays, nous devons apprendre à les motiver et à les fédérer.

 

Ridha Lahmar

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La dynamique économique régionale en Tunisie

Posté par amorbelhedi le 9 mai 2005


La dynamique économique régionale en Tunisie
Cybergeo 310, 9 mai 2005

  DER Cybergeo2005-310fichier pdf

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Statut de la géographie

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2003

Communication faite au IIème Colloque du Département de Géographie, Faculté des Lettres & des Sciences Humaines de Sousse « Une géographie au temps du monde : Postures intellectuelles pour la géographie tunisienne« , Sousse, 1 – 3  mars 2001. texte ronéo 13p.
Texte publié pp : 145-156 in « Une géographie au temps du monde : Postures intellectuelles pour une géographie tunisienne ». Textes réunis par R Lamine. Faculté des Lettres & des Sciences Humaines de Sousse. 2003, 467 p.

fichier pdf Statut de la Géographie

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Acteurs spatiaux

Posté par amorbelhedi le 28 novembre 2002

 

Les acteurs et l'espace. Quelques éléments de problématiques 
 
Séance Scientifique 3, Nov 2002 Communication faite au Laboratoire Dynamiques & Planification Spatiales, DPS Faculté des Sciences Humaines & Sociales, Tunis

fichier pdf Acteurs spatiaux

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Du lieu… au territoire

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2002


Du lieu … au territoire. 
Des trajectoires, des enjeux
III° Colloque « Connaissance et pratiques des milieux et territoires »
Communication au Colloque du Département de Géographie, FSHS Tunis, Mars 2000

Texte paru dans « Connaissance et pratiques des milieux et territoires » 
III° Colloque du Département de Géographie, Faculté des Sciences Humaines et Sociales 
Tunis, 9-11 mars 2000 
Textes réunis et introduits par M R Karray, A Hayder, H Tayachi 
Publications de l’INS, 2002, pp : 13- 31. Ecole Normale Supérieure
 fichier pdf Du lieu au territoire 2002

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Facteurs socio-économiques de la migration

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2001

 

Les facteurs socio-économiques de la migration

Le texte final a été publié in “Population et développement en Tunisie.
La metamorphose. Dir. de Jacques Vallin et Thérèse Locoh, Ceres Editions,
2001, 801p“ cf. Chapitre 8, : 233-254. 

fichier pdf Facteurs de la migration 1997-2001

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Espaces périphériques et mondialisation

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 2000

Les espaces périphériques au Maroc et au Maghreb à l’heure de la mondialisation
29-30 octobre 1999, Rabat (Maroc). FLSH, Université Med. V Agdal

Publié en 2000 in « Les espaces périphériques au Maroc et au Maghreb à l’heure de la mondialisation » Edit M Berriane et P Signoles, Pub FLSH Rabat, pp: 109-129

fichier pdf Régions périph Maroc

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Mondilaisation éonomique et régulation urbaine en Tunisie, 2000

Posté par amorbelhedi le 12 octobre 2000

fichier pdf Mondialisation et regulation

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Le concept de ville

Posté par amorbelhedi le 2 mars 2000

Le concept de ville 

Colloque du Département Sciences Politiques, FDSP, "La gouvernance urbaine : villes et pouvoirs"
Tunis, 2-3 Mars 2000.

 

fichier pdf Concept de Ville

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L’aménagement du territoire

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1996


L’aménagement du territoire entre le discours et la pratique

Communication au Colloque du Département de Géographie, FSHS, 
Tunis, mars 1995
Publié in Revue Tunisienne de Géographie, 1996, 27

fichier pdf Aménagement du territoire

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Développement à Souk Lahad

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1995

Stratégies et contre-stratégies de développement à Souk Lahad

Cahiers du CERES, 1995, 12

fichier pdf Souk Lahad

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Espace et transaction sociale

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1995


Espace et transaction sociale
Rapport du social à la matérialité 
Cours public, Ramadhane 1990
Faculté des Lettres de Manouba, 1995, Série cours n° 2, pp : 39-50
texte revu partiellement

fichier pdf Espace social

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Quelle ville?

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1994

Quelle ville?

Communication aux Journées Géographiques de l’AGT,

en hommage à Mohamed Laouani, ENS, Tunis.

Texte paru dans « Géographie & Développement », 1994, n°12-13, pp : 121-130

 fichier pdf Quelle ville

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Urbanisation en Tunsisie

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1993

 

Urbanisation en Tunisie
RTSS, 112, 1993, pp: 9-50, Ceres, Tunis

fichier pdf Urbanisation en Tunisie

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Transferts financiers migratoires

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1993

 

 

Les transferts des migrants tunisiens

Med-Campus 83 : Université de la Sapienca de Rome – Université Tunis I – Ceres :
« Agents de développement dans les processus migratoires ». Septembre 1993, Rome

Texte publié dans « Migration. Impact socio-économique», Cahiers du CERES, 15, pp : 59-76


fichier pdf Transferts des migrants

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L’espace relatif

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1993


L’espace géographique. De l’absolu au relatif

pp : 9-29, in L’espace. Concepts & Approches, 153p, 1993, FSHS Une bonne partie de ce texte a été l'objet d’une communication en 1991 au sein du Groupe de Recherches et d'Etude de l'Espace (GREES), créé en 1990 fichier pdf Espace relatif-GREES 1991 

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Ecologie et Géographie

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1992

Communication au Colloque du CERES
"L'environnement à travers la science géographique" 6 - 10 février 1992
Publiée in Cahiers du CERES, Série Géographique 1992, n° 7, pp: 17 - 35
"L'environnement à travers la science géographique", 327 p + 103 p en arabe

fichier pdf Ecologie

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Industrie et espace

Posté par amorbelhedi le 29 octobre 1990

 

Industrie et espace ou l’ordre de l’extraversion
Géographie & Développement, 1990, 10, 7-48

Communication aux Journées d'Etudes de l'AGT
Publiée in "Géographie & Développement", 1990, n° 10, pp: 7 - 48

fichier pdf Industrie et espace

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La graphie, 1990 ?

Posté par amorbelhedi le 12 octobre 1990

fichier pdf Graphie

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